|
Après avoir instauré en 2005 le système
du médecin traitant qui est aujourd’hui adopté
par environ 86% des Français, l’Assurance Maladie
innove, une nouvelle fois, en proposant aux médecins
généralistes un Contrat d’Amélioration
des Pratiques Individuelles, baptisé CAPI.
Il était donc intéressant de connaître
les avis de médecins signataires dés le lancement
de ce contrat individuel, et ceux de médecins généralistes
qui n’ont adopté ce système que très
récemment.
Car, la mise en place de ce contrat individuel en juin 2009,
s’explique pour plusieurs raisons. Il doit en effet
permettre de suivre sur l’ensemble de la patientèle
de chaque médecin signataire, la progression des objectifs
de santé publique en terme de prévention , mais
aussi faciliter l’optimisation des prescriptions élaborées
sur la base des recommandations émanant de la Haute
Autorité de Santé (HAS)
Autrement dit, à travers le CAPI, l’Assurance
Maladie invite les médecins traitants à scorer
leurs pratiques et résultats en leur offrant des outils
pratiques, en se mettant à leur écoute et en
leur donnant la possibilité de mieux suivre l’évolution
de leur situation lorsqu’ils possèdent un compte
Internet sur AMELI.fr
Pour convaincre les médecins traitants de signer ce
type de contrat, le CAPI repose notamment sur une forme d'intéressement
dont les modalités sont précisées par
Christine Boulanger de la CPAM du Val-de-Marne.
Mais, l’idée d’un tel contrat peut surprendre,
sachant que la plus grande majorité des médecins
traitants sont déjà profondément attachés
au respect de l’éthique professionnelle et au
serment d’Hippocrate.
|
Toutefois, les disparités géographiques et
professionnelles observées dans certains départements
en matière de taux de dépistage du cancer du
sein ou de surveillance biologique liée à certaines
pathologies chroniques par exemple, démontrent que
des améliorations du système de santé
peuvent encore être apportées. Et dans cette
recherche d’équilibre santé global, les
médecins traitants qui ont un rôle majeur à
jouer sont, d’une certaine façon, appelés
à sensibiliser leurs patients, voire à convaincre
certains d’entre eux d’adopter de nouveaux comportements
santé plus rationnels et tout aussi efficaces.
Le CAPI permet en effet de revenir sur l’indispensable
recours aux médicaments disposant d’équivalents
en termes de génériques, la France restant par
rapport aux autres pays européens, celui qui se singularise
par une trop fréquente utilisation des médicaments
les plus récents qui sont aussi les plus coûteux.
Les précisions fournies par Christine Boulanger, chargée
à la CPAM de promouvoir ces contrats, illustrent les
efforts engagés pour valoriser la qualité et
l’efficience des soins.
Reste que dans ce domaine, ce n’est que sur un retour
d’expériences et donc la mesure des résultats
avérés d’une telle initiative qu’il
sera possible de savoir si ces Contrats d’Amélioration
des Pratiques Individuelles constituent un plus en matière
de santé publique et de maîtrise des dépenses
de santé: un avis largement partagé par les
médecins traitants signataires d'un CAPI que nous avons
contactés à ce sujet.
|