Actualité économique et sociale
 

Interview de
Marc Dufau

Média
durée 5'50
Date 16/01/2009
   

L'INNOVATION : CARTE D'UNE SORTIE DE CRISE ?

Le 13 janvier, AWI procédait à l’interview de Marc Dufau, responsable du pôle Environnement, Energie, Transport à la direction de l’animation sectorielle au sein d’OSEO, afin d’évoquer la place et le rôle de l’innovation en France. Le chef de l’Etat ne s’était alors pas encore exprimé devant les « forces économiques » précédemment appelées « forces vives »

Or lors de son discours de vœux, le 15 janvier à Vesoul, le chef de l’Etat allait annoncer en outre qu’OSEO, établissement public d’aide aux petites et moyennes entreprises, serait doté de moyens supplémentaires pour porter de 70% à 90% sa garantie sur les prêts aux PME innovantes.


Il allait également évoquer la mobilisation de « beaucoup d’argent » pour soutenir le secteur automobile, en attendant la première réunion des Etats généraux de l’Automobile , le 20 janvier 2009, au ministère de l’économie, de l’Industrie et de l’Emploi.

Voilà pourquoi l’interview que nous vous proposons d’écouter se place dans le faisceau d’actualité brulante.

Face au triste spectacle auquel nous assistons aujourd'hui des deux côtés de l’Atlantique et dans les pays émergents dans le secteur de l’automobile, nous avons tout d'abord voulu savoir si les difficultés rencontrées par les constructeurs automobiles notamment français avaient pour cause un défaut d'innovation.

Nous nous sommes également demandés si innovation rimait avec luxe; si OSEO avait le sentiment d'avoir misé jusqu’ici sur les bons chevaux dans la course à l'innovation; si la France accusait comme certains le prétendent un retard par rapports aux autres pays; si les PME innovantes pouvaient être rassurées quant aux aides apportées par les banques.

Notre entretien téléphonique devait se terminer par une question relative à l'éventuel soutien par OSEO d’un projet innovant de création du premier centre de formation de jeunes et de professionnels du bâtiment aux énergies renouvelables.

Parce que l’innovation seule ne suffit pas ; parce qu’il y a des bonnes et de mauvaises innovations ; parce que le contexte économique et social pèse dans les choix ; parce qu’il ne sert à rien de vouloir rattraper un retard; parce que la compétition se joue au niveau mondial ; parce que les recherches ont un coût… les choix sont souvent délicats.
Néanmoins l’innovation qui est moteur de vrais changements ne doit pas se limiter à des choix purement technologiques. Une bonne innovation doit en effet épouser un large spectre : c’est même la condition sine qua non de son succès !
Des phénomènes que nous avons connus lors du passage du vinyle au CD, de la machine à écrire à l’ordinateur, du téléphone à fil au téléphone portable...

Ainsi, au pays du soleil levant où les constructeurs ont été les premiers à innover en fabriquant en série et en exportant des véhicules hybrides, l’automobile arrive au troisième rang des préoccupations des jeunes Japonais, très loin derrière le téléphone portable et les lecteurs MP3.

Sans doute faut-il se rendre à l’évidence : quelque chose s’est brisé dans une mécanique qu’on imaginait incassable: les comportements individuels et la société ont évolué. De nouvelles notions comme celle liée au développement durable se sont inscrites parmi les priorités.

Nous ne sommes plus au XXe siècle. Les hommes sont désormais en quête d’un monde très différent sans pour autant vouloir faire table rase des valeurs traditionnelles.
C’est peut-être dans cette niche que les innovations peuvent trouver leur lit et s’épanouir. Et ainsi jouer un rôle majeur en matière d’activité économique, d’emploi et de conditions de vie.


 
   

 

   
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