L’EUROPE CONFRONTEE AUX DEFIS IMPOSES PAR LE NŒUD GORDIEN


Parmi les remarquables publications parues à la Documentation française, le dernier numéro de « Questions internationales » consacré à l’Europe, entre crises et rebond, s’inscrit dans un contexte brûlant.
Force est en effet de constater les difficultés rencontrées par les 28 pays membres pour accorder leurs violons et parvenir à se mettre au diapason sur des sujets essentiels.
Le cas du glyphosate, herbicide classé « cancérogène probable » en mai 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer dépendant de l’OMS, qui figurait sur l’une des partitions soumises à l’Union européenne, témoigne d’intrant capable de polluer une fois de plus la politique européenne.
Finalement, 18 pays ont soutenu la proposition de la Commission — contre 14 au tour précédent –, permettant tout juste d’atteindre le seuil de plus de 65% de la population de l’UE nécessaire pour une majorité qualifiée visant son autorisation d’utilisation pendant 5 ans.
Et quel pays a pesé dans la balance en passant de l’abstention à un vote pour : l’Allemagne.
Imaginant représenter avec ce pays un couple fort en accord parfait, la France qui avait plaidé pour une période de trois ans et a voté contre le renouvellement de l’autorisation, s’est trouvée mise devant le fait accompli.
En dépit d’une pétition officielle demandant la disparition progressive de ce Roundup de Monsanto dans l’UE, ce puissant herbicide apprécié par les agriculteurs y compris français, en raison de son efficacité et de son faible coût, ne sera pas proscrit. Toutefois, durant 60 longs mois, des recherches seront menées pour la mise au point d’un produit de substitution plus en phase avec les préoccupations récurrentes en termes d’agriculture, mais aussi et surtout de santé publique.
Cette épisode donne un relief particulier au numéro de « Questions internationales » qui revient notamment sur les évènements politiques , économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire européenne durant presque soixante dix ans. D’autant qu’en un peu moins de dix ans, l’Union européenne a connu trois crises majeures : la crise de l’euro, celle des migrants et le Brexit , sans qu’on sache véritablement de quoi l’avenir sera fait.
C’est là que l’histoire cyclique de la construction européenne rapportée par Robert Frank, historien et professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui se décline comme un film à suspens et rebondissements, permet de mieux comprendre les difficultés rencontrées pour trancher le noeud gordien qui nuit au bon fonctionnement de l’Europe. Cliquez ici pour écouter la chronique audio

« L’AVENIR A 27 » : UNE SUPER-PRODUCTION MADE IN UE EN PREPARATION

La présentation mercredi, par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, du Livre blanc sur l’Avenir de l’Europe, fait l’objet d’une chronique vidéo réalisée par Patrick Gorgeon, directeur de la rédaction de la webradio webtv indépendante AWI. Cliquez ici pour consulter la chronique vidéo

QUE PARLER D’UNE SEULE VOIX A 27 EST UN ART DIFFICILE MÊME AU SON DE L’UE

C’est au château de Bratislava qui offre par temps clair de magnifiques perspectives mais aussi à bord d’un bateau sur le beau Danube bleu dont le niveau très bas a malheureusement empêché la pause musée prévue au Danubia, que se sont retrouvés vendredi les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept.
Réunis pour tenter de définir une feuille de route qui donne une nouvelle impulsion au continent européen et permette de regagner la confiance des Citoyens de l’UE, plusieurs questions figuraient à l’ordre du jour : l’affaiblissement marqué de l’Europe ; la politique migratoire; la lutte contre le terrorisme; le bilan de la Commission Juncker; la défense européenne; la formation des jeunes; la menace d’expulsion de la Hongrie, sans oublier le profond malaise provoqué par les résultats du référendum britannique. Lire la suite

QUI A PEUR DU GRAND MECHANT BREXIT ?

Ecouter la chronique de Patrick Gorgeon

Qui a peur du grand méchant loup incarné depuis le 23 juin par la Grande Bretagne ? L’Europe !
C’est d’ailleurs ce qui explique qu’à l’occasion de leur rentrée politique, deux mois après le Brexit, les trois principaux leaders européens aient choisi de se réunir en un lieu symbolique. C’est en effet sur l’île de Ventotene en Italie que fût inhumé l’un des pères de l’Union européenne, Altiero Spinelli.
Confrontée notamment à la crise migratoire, au terrorisme et à la fêlure du vase européen, symbole d’union et de paix, provoquée par le vote des Britanniques en faveur du Out, le président français Francois Hollande, la Chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre italien Matteo Renzi se devaient d’apparaître forts et déterminés. Surtout à la veille du prochain sommet à 27 sur l’avenir de l’Europe qui aura lieu le 16 septembre à Bratislava en Slovaquie.
Outre les engagements du Plan Juncker, dont les premiers effets sur l’économie européenne se font toujours attendre, ce sont les questions de pouvoir et de crédibilité de l’Union européenne qui sont posées.
Le président du Conseil italien n’avait pas manqué de rappeler récemment :  » Si l’Europe est la plus grande victoire politique du XXe siècle, l’Europe est en danger d’effondrement si elle devient un ensemble d’intérêts »,
Or en choisissant de quitter l’Europe, les Britanniques ont taillé une brèche qui fragilise l’édifice et pourrait, si on n’y prend garde, donner des idées contagieuses à d’autres pays.
F. Hollande a beau affirmer : « l’Europe ne doit pas être vue comme le problème, mais bien comme la solution. » des doutes quant à son efficience subsistent.
D’ailleurs, Angela Merkel a pour sa part tenu à préciser : « l’Europe n’est pas encore l’endroit du monde le plus compétitif ». Il y a donc encore fort à faire !
Comment redonner confiance en l’Europe ? Sans doute en se tournant vers la jeunesse, qui en Angleterre notamment s’est montrée très anti-Brexit .
Il s’agit bien là dans tous les pays européens du public cœur de cible qui doit faire l’objet d’attentions particulières. C’est d’ailleurs ce qui justifie l’ambition affichée des dirigeants européens d’amplifier la mobilité et les possibilités de formation et d’emploi pour tous les jeunes à l’intérieur de l’Union européenne. Mais est ce suffisant ?
Après les discours, il faut des actes ! Et sans doute une communication qui sache valoriser le statut d’Européen auprès de générations qui vont avoir d’immenses défis à relever dans les temps à venir. Surtout à un moment clé de l’Histoire du XXIe siècle qui impose de repenser le mode de fonctionnement de nos sociétés, face à l’importance avérée de notions liées entre autres à l’environnement, l’énergie, la numérisation… qui augurent un changement radical du monde dans lequel il faudra vivre demain.
C’est peut être déjà dans ces différents domaines que l’Europe doit se distinguer pour prétendre s’ériger en un véritable nouveau modèle de développement et ainsi éviter d’être dévorée. Lire la suite

FLEGME BRITANNIQUE POST BREXIT : WHAT ELSE ?

David Cameron, Premier ministre britannique, qui répondait lundi aux questions des députés à la Chambre des communes, s’est montré à la fois très serein et très déterminé. En dépit de questions parfois embarrassantes, il a su répondre en peu de mots, sans trahir le fond de son action et de sa pensée. Et hier en se rendant à Bruxelles, il savait devoir s’expliquer sur la conduite que compte observer son pays plongé après Brexit dans une demande de divorce à effets rebonds émanant des 27 autres pays membres de l’Union européenne. Mais il ne s’est pas démonté pour autant. Il a réaffirmé à ses interlocuteurs ce qu’il avait déjà clairement dit la veille, à savoir qu’il refusait tout recours à l’article 50 visant une sortie rapide de la Grande Bretagne de l’UE et, qu’il excluait catégoriquement l’idée consistant à procéder à un second référendum, le vote des Britanniques du 23 juin devant avant tout être respecté.
Habile, après avoir remis sa démission, il laisse à son successeur le soin de s’atteler aux tâches délicates qui l’attendent, la nomination de ce dernier devant intervenir avant le 2 septembre.
De quoi agacer certains chauds partisans d’une sortie rapide du Royaume-Uni comme la France et l’Italie, l’Allemagne adressant par la voix de Angela Merkel un message de fermeté, sans toutefois lancer d’ultimatum. Lire la suite

FAUT IL S’ATTENDRE A UN D’ DAY POUR LA GRANDE-BRETAGNE ET POUR L’EUROPE ?


Demain sera un grand jour pour la Grande-Bretagne et pour l’Europe. Un véritable « D Day », la perspective d’un possible débarquement de ce pays membre de l’Union européenne demeurant une hypothèse plausible. Le référendum qui va conduire les Britanniques à se prononcer pour ou contre le Brexit, marquera, quoi qu’ill advienne, un temps fort de l’actualité de cette année 2016. Les premières estimations non officielles tomberont vers minuit. Les résultats définitifs devraient être connus vers 8h du matin le 24 juin. Autant dire qu’au vu des sondages qui ne donnent pas d’indications claires, tout le monde retient son souffle ! AWI suivra cet événement, chroniques à l’appui. Lire la suite

GRECE : CA PASSE OU CA CASSE !


La situation actuelle de la Grèce inspire légitimement beaucoup d’inquiétude. Car l’hypothèse du pire qui se traduirait par une sortie de la Grèce de la zone euro, s’apparenterait à un scénario catastrophe. Or le sentiment de profonde incertitude qui prévaut depuis déjà quelques temps donne un très sérieux coup de blues aux marchés financiers qui ne parviennent plus à reprendre leur souffle. Bien que Jean-Claude Juncker président de la Commission européenne refuse toute idée de « grexit », l’hypothèse se balance dangereusement au-dessus des têtes des Etats membres de l’Union européenne jusque dans les couloirs du château bavarois d’Elmau qui abrite un sommet du G7 qui tire à sa fin. Conséquence, le risque d’un véritable « crash boursier » grandit ! Coincé entre ses promesses de lutte contre l’austérité et les exigences de l’Union européenne quant aux réformes que doit conduire son pays, Alexis Tsipras, Premier ministre grec, pourrait être l’auteur d’un suicide collectif qui ferait de nombreuses victimes et provoquerait avant terme la naissance de cette Europe à deux vitesse prônée par Emmanuel Macron, notre ministre de l’économie. Chacun retient sa respiration sans qu’on sache quel remède miracle imaginer compte tenu des menaces de contagion que ferait peser sur l’Europe tout éclatement de l’Union dont les fissures fragiliseraient ni plus ni moins l’économie mondiale. Lire la suite

DEVELOPPEMENT DURABLE : L’EUROPE AU PIED DE LA MURAILLE DE CHINE

Le sérieux différend qui oppose depuis peu l’UE et la Chine sur fond de capteurs solaires a une valeur plus que symbolique. Il témoigne en effet d’erreurs commises sur le Vieux Continent en matière de compétitivité industrielle mais aussi de compétitivité environnementale.
Pourtant, nombre de pays européens espéraient bien faire des outils et technologies du développement durable de nouvelles armes destinées, d’une part à contribuer à une moindre dépendance des énergies fossiles à l’origine de pollutions, et d’autre part à assurer la montée en régime d’une économie verte considérée  comme un puissant moteur de recherches et d’activités elles-mêmes créatrices d’emplois. Lire la suite

UN PACTE DE CROISSANCE SANS VERITABLE CONTENU

Allez donc demander aujourd’hui à un Français, un Allemand, un Italien, un Espagnol,  voire à  tout autre citoyen d’un des pays membres de l’Union européenne de mettre un nom sur les grands chantiers du pacte de croissance de 120 milliards d’euros.

Seuls quelques avertis, vous répondront peut-être, après réflexion, un peu comme on le fait dans un jeu : ITER ou GALILEO. Mais rien n’est moins sûr !

120 milliards d’euros ne peuvent  à eux seuls rétablir la confiance  des Français en l’avenir. Il faut donc mettre des noms, proposer des pistes à la fois représentatives et annonciatrices  de création d’activités  et d’emplois. Sinon la déception sera grande. Lire la suite