PERFORMANCES ENVIRONNEMENTALES : LA TURQUIE A ENCORE BEAUCOUP A FAIRE


Oui, cette image teintée « tourisme » est superbe. On se croirait au royaume des Mille et Une Nuits. Mais la réalité est tout autre !

Sans mesures concrètes pour améliorer l’efficacité énergétique et accroître l’utilisation des sources d’énergie renouvelables, la Turquie continuera d’augmenter ses émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines années. Telle est la conclusion que tirent les auteurs du dernier rapport publié par l’OCDE qui ne manquent pas de faire quelques recommandations pour remédier à la situation.

Les causes des mauvaises performances environnementales de ce pays de près de 80 millions d’ habitants auxquels s’ajoute 1,9 million de réfugiés syriens, et dont la population urbaine représente 75 %, s’expliquent pour plusieurs raisons.

Tout d’abord une forte dépendance au charbon, pétrole et gaz, les énergies fossiles représentant 88% du mix énergétique, mais aussi une demande énergétique en forte croissance.

Pourtant, en une décennie, des incitations à l’investissement ont permis de doubler l’utilisation d’énergies renouvelables qui atteignent désormais 12%. Tout reste donc à faire. Lire la suite

LA TURQUIE CONFRONTEE A UNE CRISE PLURIELLE

L’effondrement de la livre turque ne trouve pas son explication dans la seule décision du président Trump, de doubler les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs.
Bien que la détérioration des relations entre les Etats-Unis et la Turquie ne date pas d’hier, les problèmes de ce pays du Moyen-Orient qui compte 81 millions d’habitants, vont bien au-delà d’un différend commercial. Avant de revenir sur les multiples causes de la crise à la fois monétaire et financière qui frappe la Turquie et menace de se propager, les évènements qui se succèdent actuellement imposent une vigilance accrue. Après avoir chuté à un plus bas historique à 7,24 pour un dollar lundi, la livre turque rebondit mardi de 5,22% à 6,54 pour un dollar.
Les annonces de la banque centrale turque, qui fournira toute la liquidité nécessaire aux banques afin d’assurer une stabilité financière, permettent aux investisseurs de respirer et revenir prudemment vers les actifs plus risqués. Néanmoins, les hausses des places boursières européennes demeurent modestes, le CAC40 gagnant 0,21% à midi.
La conférence téléphonique que doit tenir jeudi le ministre turc des Finances, Berat Albayrak,avec des investisseurs des Etats-Unis, d’Europe et du Moyen-Orient permettra t’elle de redonner confiance à ces derniers ? Recep Tayyip Erdogan, acceptera t’il de revoir de fond en comble sa vision de l’économie, autrement dit d’augmenter entre autres les taux d’intérêt pour pallier aux risques d’une inflation galopante ?
D’autant que les opérateurs craignent que la crise turque, qui met en exergue les faiblesses du pays (inflation, déficit courant, dette extérieure en devises et faiblesse relative des réserves de changes), ne contamine d’autres pays émergents.
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QUE VONT DEVENIR LES 1.700 SOLDATS LIMOGES MANU MILITARI PAR LE PRESIDENT TURC RECEP TAYYIP ERDOGAN ?

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C’est la question particulièrement embarrassante que posera la webradio webtv indépendante AWI cette semaine. (Lire et écouter et chronique du 18/07/2016). La photo qui illustre la riposte des opposants au coup d’Etat fomenté par des militaires en Turquie mi-juillet a de quoi choquer et interpeller. Elle témoigne ni plus ni moins du climat délétère qui prévaut dans tout pays soumis à des exactions qui génèrent des actes de violence de tous côtés. Ce qui s’est produit au lendemain de la guerre en Irak comme dans bien d’autres pays aurait dû servir de leçon. Bien entendu tous les soldats limogés parmi lesquels on ne dénombre pas moins de 40% de généraux et amiraux qui servaient dans l’armée turque, n’ont pas, fort heureusement, vocation à rejoindre des mouvements terroristes et ne sont pas des proies évidentes pour Daech, même si l’histoire récente appelle toutefois à la plus grande vigilance. Des professionnels du renseignement occidental avaient eu l’occasion de préciser que le haut commandement de Daech avait été largement alimenté par les ex-responsables militaires et des renseignements de Saddam Hussein, ces derniers ayant été amenés à jouer un rôle non négligeable dans les actes commis par des terroristes. Et que penser des magistrats, fonctionnaires et enseignants qui ont été arrêtés, ou suspendus pour leurs liens supposés avec Fethullah Gülen accusé par Ankara d’avoir fomenté la tentative de putsch ?
Que vont ils tous devenir ?
La méthode Erdogan est elle adaptée compte tenu de la situation qui prévaut au Moyen-Orient ?

LA TENTAVIVE DE COUP D’ETAT EN TURQUIE SEME LE DOUTE

Photo : REUTERS/IHLAS News

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Il aura suffi que le président turc Tayyip Erdogan, aux affaires depuis 2003, se trouve en vacances sur la côte sud-ouest du pays, pour qu’une tentative de coup d’Etat débute dans la soirée de vendredi. Et il s’en est fallu de peu pour que la situation s’envenime, alors que la guerre fait rage aux frontières de la Turquie.
Le Premier ministre du pays, Binali Yildirim, a assuré samedi que les autorités avaient repris pleinement le contrôle de la situation, face aux « terroristes » qui ont selon lui jeté une « tache noire » sur la démocratie turque. D’autant que ce pays, proche allié des Etats-Unis et membre de l’Otan, ne découvre pas aujourd’hui ce type de menace. La tentative de coup d’Etat qui a débuté dans la soirée de vendredi lorsque des avions et des hélicoptères militaires ont grondé dans le ciel d’Ankara et que des militaires ont coupé les ponts sur le Bosphore reliant les rives européenne et asiatique d’Istanbul n’a certes pas relégué au second plan l’épouvantable attentat survenu à Nice dans la nuit du 14 juillet. On ne peut néanmoins que s’inquiéter que les violences déclenchées à Ankara et Istanbul aient, presque au même moment, fait 161 morts et 1.440 blessés, entrainant plus de 6.000 arrestations dans les rangs de l’armée, et la révocation de plus de 2.700 magistrats, dès samedi.
L’armée turque, qui compte 650 000 hommes, dont 100 000 soldats de métier, est du point de vue numérique la deuxième armée de l’OTAN. Si cette dernière jouit en Turquie d’un capital de confiance très élevé, ce pays a été le terrain d’une longue histoire de coups d’Etat menés par l’armée
C’est elle qui avait perpétré deux coups d’État en 1960 et 1980 et à deux reprises, en 1971 et 1997, amené le Premier ministre démocratiquement élu à démissionner. Or, en raison du rôle important joué par l’armée dans l’équilibre de la vie publique, on comprend aisément que les risques de putsch suscitent de légitimes inquiétudes de par le monde.
Les réactions à cette tentative de coup d’Etat en Turquie ne se sont d’ailleurs pas fait attendre.
Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a téléphoné à son homologue turc pour exprimer le soutien absolu des Etats-Unis au gouvernement civil démocratiquement élu et aux institutions démocratiques.
A Paris, le ministère des Affaires étrangères a plaidé pour le respect de « l’ordre démocratique ». L’Allemagne a déclaré soutenir le gouvernement élu.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi réclamé le retour à l’ordre constitutionnel.
Si les autorités turques semblent aujourd’hui avoir repris le contrôle du pays, le doute relatif à la stabilité politique du pays est néanmoins monté d’un cran.
Pour preuve, la réaction de Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères qui a déclaré dimanche que la France poserait la semaine prochaine à Washington, lors d’une réunion de la coalition militaire, la question de la fiabilité de la Turquie dans la lutte contre le groupe Etat islamique. En poursuivant lundi le « nettoyage » de ses institutions après le coup d’Etat militaire avorté du week-end dernier,que cherche réellement à faire Tayyip Erdogan ? Lire la suite

SU-24 ABATTU PAR LA TURQUIE UN ACTE DE TRAHISON POUR LA RUSSIE

La tension est aujourd’hui 24 novembre nettement montée d’un cran entre Ankara et Moscou.
En abattant un appareil Su-24 russe accusé par Ankara d’avoir violé l’espace national, l’aviation turque a mis de l’huile sur le feu, Moscou affirmant que l’avion se trouvait au-dessus du territoire syrien. Qualifié par le Kremlin de « très sérieux incident », Vladimir Poutine qui a demandé dans l’après-midi la suspension des vols civils russes vers l’Egypte a pour sa part déclaré que cet événement constituait :  » un coup de poignard dans le dos qui nous a été porté par les complices des terroristes ».
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/11/24/un-avion-de-combat-s-ecrase-pres-de-la-frontiere-turque_4816160_3210.html#szQuVirELISBiuTj.99».
Au-delà des nombreux incidents déjà observés à la frontière turco-syrienne, il s’agit du premier avion russe touché depuis le début de l’intervention militaire de Moscou en Syrie, le 30 septembre dernier.
Cet événement traduit le climat d’extrême tension qui règne dans cette région du monde où l’aviation russe mais aussi française et américaine participent depuis déjà plusieurs semaines à de nombreuses opérations visant à détruire des objectifs ciblés en Syrie et en Irak, tous identifiés comme étant sous l’emprise de Daech. Lire la suite