FAUT-IL CRAINDRE UNE NOUVELLE CRISE ECONOMIQUE MONDIALE ?

L’image reprise ici illustre l’article paru dans l’édition des Echos du jeudi 11 octobre sous le titre : « Les Bourses européennes flanchent dans le sillage de Wall Street ». Elle témoigne d’inquiétudes qui n’ont rien de virtuelles et reflètent la tendance observée sur les places asiatiques et américaines.
Alors que cette année marque le dixième anniversaire de la crise économique mondiale de 2008 qui allait provoquer ce que l’on sait, plusieurs signes avant-coureurs conduisent à s’interroger sur les impacts que pourraient avoir un remake en 2018. Lire la suite

L’ECONOMIE REELLE PEUT-ELLE TIRER BENEFICE DES COUPS DE POUCE DE LA BCE ?

Euro-Run-Game1_referenceBien que l’image illustrant cette chronique, utilisée récemment pour un concours organisé par l’institution auprès de jeunes, n’ait pas de rapport direct avec les annonces faites, le 10 mars, par Mario Draghi, Président de la BCE, cette dernière reflète néanmoins bien l’objectif visé. En titrant sa chronique du 18 février dernier « Banques centrales superstars », la webradio webtv indépendante AWI qui s’était basée sur les explications d’un certain nombre d’acteurs et observateurs pour mieux comprendre leur pouvoir d’influence, n’imaginait pas que la BCE sorte cette semaine la grosse artillerie.
Il est vrai que l’économie européenne est dans un tel état de déconfiture et les risques de renouvellement d’une crise façon 2008 si élevés que Super Mario n’avait d’autre choix que de sortir le grand jeu. Si les résultats escomptés sont au rendez-vous, les mesures prises par la BCE seront saluées, mais si elle perd son crédit, tout le monde y sera pour ses frais.
Quoi qu’il en soit, les mesures adoptées par l’institution ont pour double objectif de relancer l’inflation et de stimuler l’activité économique. Comment ? En jouant sur trois leviers. Tout d’abord avec une baisse de son principal taux directeur qui passe de 0,05 % à 0 %, et un taux de prêt marginal de 0,30 % à 0,25 %, ce qui signifie en clair que le loyer de l’argent est désormais nul. La deuxième mesure porte sur le recalibrage du programme de rachats de dettes publiques appelé quantitative easing (QE). Jusqu’ici réservé aux rachats de 60 milliards d’euros mensuels de titres de dettes, essentiellement publics, les achats se monteront désormais à 80 milliards d’euros par mois. Ils seront élargis à d’autres types d’actifs, à savoir des obligations d’entreprises bien vues par les agences de notation.
Cette mesure doit avoir pour conséquence d’augmenter les crédits distribués aux ménages et aux entreprises. La troisième mesure concerne une nouvelle baisse du taux de dépôt, de – 0,3 % à – 0,4 %. Autrement dit, la taxe sur les banques qui laissent dormir des liquidités à court terme auprès de la BCE, sera augmentée afin de les inciter à accorder davantage de prêts aux acteurs de l’économie. Il est important d’observer que le taux de dépôt négatif vise également à dévaluer la monnaie unique face aux autres devises, ce qui doit favoriser les exportateurs européens et augmenter le prix des produits importés. Enfin, la BCE a également lancé de nouveaux targeted longer-term refinancing operations (TLTRO) dont la durée sera désormais de quatre ans, ces prêts de long terme étant réservés aux banques de la zone euro qui financent à leur tour l’économie.
Si vous n’êtes pas certains d’avoir tout compris, c’est très simple. Rendez-vous dans vos banques pour emprunter. Car avec de telles mesures, les taux d’intérêt déjà très bas tombent quasiment sous les 1% (hors assurance) pour l’acquisition d’un bien immobilier par exemple. Faut-il se réjouir des mesures prises par la BCE ? Rien n’est moins sûr. Pour preuve, les Bourses qui, dans un premier temps, se sont envolées à l’annonce de ces nouvelles dispositions, se sont finalement retournées. Le CAC40 qui enregistrait un gain de près de + 3% pendant quelques minutes a finalement terminé la séance sur une chute de 1,70%. Il est vrai que dans le même temps, le pétrole a lui aussi été victime d’une dépréciation des cours. De quoi douter de l’impact des grandes manoeuvres financières et monétaires !Le CAC40 a tout même terminé la semaine avec un rebond de 3,27% vendredi en clôture. Lire la suite