L’AWI MAGE DE LA SEMAINE – D’UN NOUVEAU PONT IL EST QUESTION

Sauf à refuser de prendre la Pentecôte, il apparaît difficile de faire plus pertinent en matière de pont ! D’où ce regard porté sur l’un des évènements de la semaine.
Visiblement, Vladimir Poutine, président de la Russie, affichait une mine réjouie et une allure décontractée en inaugurant, le 15 mai, au volant d’un camion, le pont de 19 kilomètres qui relie désormais la Crimée à la Russie et devient le plus long d’Europe.
Un ouvrage d’art dont le coût estimé à 228,3 milliards de roubles (2,9 milliards d’euros à l’époque) a sans aucun doute été largement dépassé. Lire la suite

FRAPPES MILITAIRES COORDONNEES EN SYRIE : QU’ON SOIT POUR OU CONTRE

Lorsqu’on examine les déclarations faites avant, pendant et après le « one-time shot » (coup unique) par les différents chefs d’Etat qui ont pris la décision de mener des frappes militaires ciblées sur des sites identifiés comme étant de potentiels lieux de production ou stockage d’armes chimiques en Syrie, et qu’on regarde le résultat, on peut parler d’une réussite.
Car il aura tout même fallu attendre 7 ans voire plus pour assister à une prise de conscience des dangers que font peser la détention et l’utilisation d’armes chimiques par certains dictateurs qui à l’instar de Bachar El Assad, demeurent quoi qu’il en soit encore à ce jour impunis. Pour que çà bouge vraiment, il aura fallu attendre que de dramatiques massacres d’hommes femmes et enfants se reproduisent sous nos yeux.
L’opération à haut risque qui a été menée par la coalition n’a quoi qu’il en soit vraisemblablement pas pu être envisagée ni conduite sans une étroite collaboration entre les parties prenantes : Etats-Unis, France, Grande Bretagne, mais aussi avec Russie, la Syrie ayant très vraisemblablement été également informée de l’immente intervention militaire.
En se parant pour la circonstance de leurs costumes de chefs de guerre, les défenseurs du droit international interdisant l’utilisation d’armes chimiques, à savoir Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May étaient bien conscients de la nécessité d’agir en évitant toute erreur susceptible de déclencher une guerre mondiale. Lire la suite

UN COMPTE A REBOURS DE 72 HEURES DECISIF

Le retour au devant de la scène internationale de deux personnages clés de bandes dessinées traduites en plusieurs langues n’a malheureusement rien d’une plaisanterie. Goudurix et Assurancetourix se trouvent en effet plongés au cœur de conflits armés qui témoignent en Syrie comme au Yémen notamment de leur monstruosité au regard du nombre de victimes civiles qui démontrent le recours à des armes chimiques clairement prohibées.
En articulant sa ligne éditoriale de la semaine autour de la rencontre d’Emmanuel Macron avec le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman en visite à Paris puis la dénonciation des effets délétères du commerce des armes, AWI voulait avant tout planter le décors d’une situation de crise grave.
Aussi lorsque Emmanuel Macron en vient à annoncer mardi que la France fera part “dans les prochains jours”, en coordination avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, de sa décision quant à une éventuelle riposte militaire contre les “capacités chimiques” du régime syrien, le chef de l’Etat rend incontournable l’évocation de ce sujet brûlant à l’occasion de son intervention télévisée jeudi.
En cause, l’appui militaire de la Russie au régime syrien, et la violation de la résolution 2401 du Conseil de sécurité de l’Onu, qui exige l’arrêt des combats en Syrie.
Mais la dernière réunion du Conseil de sécurité qui s’est traduite entre autres par un véto russe a fait monter la tension d’un cran.
Vassily Nebenzia, l’ambassadeur de Russie aux Nations unies, a justifié ce 12e veto russe en sept ans de conflit qui a fait plus de 350.000 morts par la volonté de « ne pas entraîner le Conseil de sécurité dans des aventures ».
Moins de 72 heures nous séparent donc aujourd’hui d’une possible frappe aérienne ciblée des Occidentaux en Syrie sans que personne ne puisse dire avec certitude ce qu’il résultera réellement de ce type d’action armée. Alors que tout doit être fait pour ne pas laisser l’usage d’armes chimiques se poursuivre, la diplomatie apparaît ne plus être en mesure de faire entendre raison aux auteurs et acteurs de massacres d’hommes, femmes et enfants dont le caractère intolérable est patent. D’où la légitimité de la lourde décision à prendre pour y mettre fin. Lire la suite

L’AWIK-END MUSIC WITH PUSSY RIOT

Photo : Denis Bochkarev


Vous avez senti d’où venait le vent ? De Russie !
Il n’est pas toujours facile de dénicher une ponctuation musicale ayant un lien avec l’actualité la plus chaude de la semaine. C’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt de la démarche ! Saisis par le nouveau courant d’air froid Moscou-Paris, vous ne trouverez aujourd’hui pour vous réchauffer ni l’extrait du bouillant concert donné par le groupe Pussy Riot sur la place Rouge devant le Kremlin, ni celui qui eut lieu à l’intérieur de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou le 21 février 2012. D’autant que ce dernier avait valu à trois jeunes femmes du groupe d’être arrêtées, emprisonnées, jugées et finalement libérées.
Il nous a cependant semblé que la programmation du clip vidéo de l’une de leurs chansons dont le titre « Straight Outta Vagina » se veut révélateur d’un féminisme outrancier, avait de bonnes raisons de figurer à l’occasion de cet Awik-end music. En marge de leur parcours particulièrement mouvementé, les Pussy Riot sont apparues en 2015 dans leur propre rôle dans un épisode de la 3e saison de la série House of Cards. En dehors du soutien apporté par Madonna à deux figures emblématiques du groupe présentes lors d’un concert aux Etats-Unis, le style contestataire hard de Pussy Riot a su créer le buzz. Il vous appartiendra de juger si vous êtes ou non choqués par ce type de revendication en mode musical qui soi-dit en passant n’est pas mal du tout. Vouloir se faire porte-parole de droits à l’égalité des sexes comme vouloir dénoncer des abus de pouvoir de toute nature n’est jamais sans risques, en dépit de la pertinence et de la légitimité que peuvent avoir nombre de revendications et manifestations récurrentes. En ce 18 mars, jour de l’élection ou plus certainement de re-élection du président de la Fédération de Russie, la diffusion de ce clip vidéo n’a rien d’un poison. Cliquez ici pour consulter le clip vidéo

ALLEMAGNE, ITALIE, COREE DU NORD, USA, RUSSIE : QUINTE DE LA SEMAINE

Les noms qui apparaissent dans le titre de cette chronique sont ceux qu’il vous fallait cocher cette semaine sur votre grille de jeu pour avoir la chance de remporter le quinté de l’actualité.
Concernant l’Allemagne, force est de constater qu’il aura fallu plus de cinq mois après les élections législatives pour savoir si oui ou non la chancelière Angela Merkel parviendrait à former autour d’elle cette grande coalition la désignant du même coup pour un quatrième mandat, beaucoup d’incertitudes ayant alimenté les pronostics sur ses chances de victoire.
Quant à l’Italie, considérée comme le troisième cheval de bataille de l’Union européenne, elle se retrouve dans ce qu’on nomme un imbroglio qui dans la langue de Sénèque comme de Molière veut qu’il s’agisse d’une situation confuse et d’une grande complexité, autrement dit d’une affaire embrouillée. La coalition de droite formée autour de Forza Italia de Silvio Berlusconi est donnée en tête, devant le Mouvement anti-système Cinq Etoiles (M5S), qui opère une percée spectaculaire et devient ainsi le premier parti politique italien.
De plus, à l’ère de la mondialisation et alors que rien ne vous échappe, la Corée du Nord s’est trouvée samedi prise de court en raison de l’invitation lancée par Donald Trump à Kim-Jong-un, sans tweet glacé ajouté.
Cela dit, Donald Trump avait déjà fait très fort avant le week-end en affirmant que les guerres commerciales étaient de bonnes guerres et en annonçant dans la foulée des mesures protectionnistes visant sans délai la taxation des importations d’acier et d’aluminium. De quoi jeter un froid sur les marchés boursiers mais aussi chez les partenaires commerciaux des Etats-Unis, qu’il s’agisse des pays européens comme du Canada ou de la Chine notamment. Qu’à cela ne tienne, s’il en est ainsi, en France on taxera les produits américains ! De quoi rendre accroc au Lewis !
Nous vivons une époque formidable. Tout va très vite ! Lire la suite

POURQUOI LES SANCTIONS CONTRE LA COREE DU NORD N’Y CHANGERONT RIEN

Tant qu’on ne voudra pas comprendre que la Corée du Nord est un état tampon qui a valeur de préservatif et permet de protéger deux grands pays ( Chine -Russie) contre tout risque de contamination américano-sud-coréenne, on n’avancera pas.
Les sanctions prises par la Communauté internationale contre la Corée du Nord, n’ont pour seuls effets que de renforcer la notoriété de Kim-Jong-un auprès de son peuple soumis, en lui donnant la possibilité de l’épater à coups de lancements de missiles balistiques. Quant au Japon, qui a une frontière maritime avec ce pays, il a pour des raisons tant historiques, politiques que géographiques de légitimes raisons de s’inquiéter de tirs qui le menacent au premier chef.
Mais force est de constater aujourd’hui que sur la scène internationale, Kim-Jong-Un est parvenu à se hisser à la Une des magazines afin de démontrer qu’il existe qu’il n’est pas « impuissant ». Il fait tout pour le démontrer, y compris en se présentant comme le papa d’un petit garçon qui suivra ses pas, assurant ainsi comme ce fût déjà le cas pour lui la succession.
Au milieu de tout cela, la détention et les essais d’armes nucléaires par un petit pays de 120.540 km2 marqué par son régime totalitaire qui compte quelque 25 millions d’habitants, dont quasiment 10 millions de militaires, a de quoi inquiéter. C’est d’ailleurs sans doute parce que ce pays d’Asie de l’Est se sait de plus en plus isolé que l’objectif consiste avant tout à apporter la démonstration d’une capacité à tenir tête aux grandes puissances et plus particulièrement les Etats-Unis.
En dépit des critiques adressées à la Corée du Nord par la Chine et la Russie qui ont des frontières communes avec ce pays, l’idée consistant à renforcer les sanctions est loin d’être unanimement partagée par ces derniers. Pékin ne souhaite pas se priver de ce voisin parapluie qui est également pourvoyeur de ressources indispensables. Et la dernière déclaration de Vladimir Poutine qui met en garde contre une « catastrophe planétaire » en cas de durcissement des provocations d’une côté comme de l’autre, sans parler des risques de dérapage, apparaît explicite.
Alors comment sortir du jeu dangereux auquel se livre Kim-Jong-Un en personne ? Lire la suite

L’OEIL DE MOSCOU

« L’œil de Moscou » aurait pu être le titre d’un des films projetés à l’occasion de Festivals du cinéma Russe qui se tiennent, en cette période l’année, dans plusieurs villes de France
Il est vrai que l’expression née au début du XXe siècle alors que le parti communiste de l’URSS se livrait via des réseaux d’informateurs au premier desquels le KGB à des actes de surveillance et d’espionnage, dans ce pays mais aussi à l’étranger, n’avait rien de caricatural.
Les dirigeants en place à Moscou, se montraient en effet très friands d’informations de tous ordres.
L’expression « l’oeil de Moscou » a d’ailleurs définitivement été intégrée dans le langage courant français suite à la publication en 1964 du livre « L’œil de Moscou » écrit par Jules Humbert-Droz.
Depuis la disparition de l’URSS en 1991, la Russie s’efforce de reconstruire une doctrine de politique étrangère marquée par l’affirmation de l’indépendance stratégique et le retour à une forte volonté de puissance. En dépit d’une nouvelle approche des relations diplomatiques entretenues par la Russie avec les pays développés et un certain nombre de pays émergents, la question posée par Jean-Robert Raviot*, dans un ouvrage paru dans la collection Doc en Poche à la Documentation française interpelle à juste titre:
« Russie : vers une nouvelle guerre froide ? »
Car la vision du monde développée par les dirigeants russes, notamment Vladimir Poutine, s’oppose quoi qu’il en soit sur de nombreux points à celle qui a pris corps en Occident.
Selon Jean-Robert Raviot, professeur de civilisation russe contemporaine à l’université Paris-Ouest Nanterre La Défense : « La nouvelle guerre froide , plus que le prolongement de l’ancienne, est une autre forme d’antagonisme entre la Russie et l’Occident dans un monde désormais globalisé. »
La chronique vidéo de Patrick Gorgeon qui vous est proposée sur la webradio webtv indépendante AWI, s’arrête sur le satisfecit exprimé par Vladimir Poutine après l’élection de Donald Trump, 48e président des Etats-Unis, mais aussi sur l’opinion émise par les dirigeants Russes suite au score obtenu par François Fillon à l’occasion du premier tour des primaires de la droite et du Centre en France.
Une analyse qui ne saurait nier l’excellence des relations qui prévalent entre le peuple russe et français dans de nombreux domaines et contribuent au rapprochement et à l’enrichissement de deux peuples de culture très différente. Consulter la chronique vidéo

SU-24 ABATTU PAR LA TURQUIE UN ACTE DE TRAHISON POUR LA RUSSIE

La tension est aujourd’hui 24 novembre nettement montée d’un cran entre Ankara et Moscou.
En abattant un appareil Su-24 russe accusé par Ankara d’avoir violé l’espace national, l’aviation turque a mis de l’huile sur le feu, Moscou affirmant que l’avion se trouvait au-dessus du territoire syrien. Qualifié par le Kremlin de « très sérieux incident », Vladimir Poutine qui a demandé dans l’après-midi la suspension des vols civils russes vers l’Egypte a pour sa part déclaré que cet événement constituait :  » un coup de poignard dans le dos qui nous a été porté par les complices des terroristes ».
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/11/24/un-avion-de-combat-s-ecrase-pres-de-la-frontiere-turque_4816160_3210.html#szQuVirELISBiuTj.99».
Au-delà des nombreux incidents déjà observés à la frontière turco-syrienne, il s’agit du premier avion russe touché depuis le début de l’intervention militaire de Moscou en Syrie, le 30 septembre dernier.
Cet événement traduit le climat d’extrême tension qui règne dans cette région du monde où l’aviation russe mais aussi française et américaine participent depuis déjà plusieurs semaines à de nombreuses opérations visant à détruire des objectifs ciblés en Syrie et en Irak, tous identifiés comme étant sous l’emprise de Daech. Lire la suite

LA MAUVAISE SANTE DES « BRICS » PEUT ELLE DESTABILISER L’ECONOMIE MONDIALE ?


Alors que les BRICS qui rassemblent  la Chine, le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud, se trouvent à leur tour frappés d’accès de faiblesse, on est en droit de s’interroger sur les espoirs suscités par ces pays qui ont connu des taux de croissance élevés mais aussi sur l’impact que pourrait avoir la fissuration de ces moteurs de développement. Car la crise qui se traduit par un ralentissement économique et la chute des cours des matières premières n’est pas sans conséquences sur les places boursières particulièrement volatiles qui dévissent régulièrement. Cette situation représente t’elle une véritable menace pour les pays avancés, eux-mêmes en proie à de nombreuses difficultés depuis déjà plusieurs années, et qui se voyaient bien sortir la tête de l’eau à un horizon rapproché ? Les difficultés de ces pays aussi moteurs que prometteurs en terme de développement risquent elles d’avoir des conséquences sur l’équilibre économique mondial ? Autant de questions qui méritent d’être posées à l’heure où on apprend, non sans surprise, que le Canada, un grand pays développé qu’on pensait à l’abri des aléas économiques, reconnaît avoir traversé dernièrement une récession. Lire la suite

LE PATRIOTISME ECONOMIQUE « MADE IN RUSSIA » SE REVEILLE

Cette dépêche de l’AFP, du 19 décembre 2014, témoigne que le patriotisme économique « made in Russia » existe bel et bien :
« L’homme le plus riche de Russie, Alicher Ousmanov, a annoncé vendredi avoir rapatrié dans son pays ses principaux actifs, l’opérateur télécom MegaFon et le sidérurgiste MetalloInvest, après l’annonce par Vladimir Poutine de mesures pour contrer les fuites de capitaux croissantes.
Les « participations majoritaires » de ces entreprises ont été transférées en Russie conformément à la volonté du président russe de lutter contre les paradis fiscaux et en raison de nouvelle dispositions sur l’impôt sur les bénéfices des sociétés étrangères, a indiqué dans un communiqué USM, la holding de l’homme d’affaires, dont la fortune est estimée par Forbes à 18,6 milliards de dollars.
Ces actifs étaient auparavant basés à Chypre.
De nombreuses sociétés russes sont contrôlées par des holdings appartenant à des Russes mais basés à l’étranger, souvent Chypre dont le régime fiscal est très favorable.
Vladimir Poutine a depuis des années fait une priorité de la lutte contre les paradis fiscaux mais cette nécessité s’est renforcée avec la crise ukrainienne et les sanctions occidentales, qui ont entraîné des fuites de capitaux massives du pays.
Début décembre, le président russe a ainsi proposé une « amnistie totale » à ceux qui rapatrieraient leurs capitaux en Russie, qui ne seront pas inquiétés concernant l’origine de ces fonds. «
Confrontée à la fuite de ses cerveaux et de ses entreprises, la France ferait bien de s’inspirer de la méthode.
Car ce qu’affirme l’historien russe Egor Kholmogorov :  » Nous devons réapprendre à vivre, à créer nos propres richesses » s’applique autant à la Russie qu’à notre pays qui s’il ne souffre pas de problèmes liés à la dévaluation de sa monnaie protégé par l’euro et bénéficie de la baisse des cours du pétrole, aspire néanmoins lui aussi à dynamiser son économie pour sortir de la crise.
Un véritable sujet de réflexion et donc de chronique que la webradio webtv indépendante AWI vous invite à écouter ! Lire la suite