UN COMPTE A REBOURS DE 72 HEURES DECISIF

Le retour au devant de la scène internationale de deux personnages clés de bandes dessinées traduites en plusieurs langues n’a malheureusement rien d’une plaisanterie. Goudurix et Assurancetourix se trouvent en effet plongés au cœur de conflits armés qui témoignent en Syrie comme au Yémen notamment de leur monstruosité au regard du nombre de victimes civiles qui démontrent le recours à des armes chimiques clairement prohibées.
En articulant sa ligne éditoriale de la semaine autour de la rencontre d’Emmanuel Macron avec le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman en visite à Paris puis la dénonciation des effets délétères du commerce des armes, AWI voulait avant tout planter le décors d’une situation de crise grave.
Aussi lorsque Emmanuel Macron en vient à annoncer mardi que la France fera part “dans les prochains jours”, en coordination avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, de sa décision quant à une éventuelle riposte militaire contre les “capacités chimiques” du régime syrien, le chef de l’Etat rend incontournable l’évocation de ce sujet brûlant à l’occasion de son intervention télévisée jeudi.
En cause, l’appui militaire de la Russie au régime syrien, et la violation de la résolution 2401 du Conseil de sécurité de l’Onu, qui exige l’arrêt des combats en Syrie.
Mais la dernière réunion du Conseil de sécurité qui s’est traduite entre autres par un véto russe a fait monter la tension d’un cran.
Vassily Nebenzia, l’ambassadeur de Russie aux Nations unies, a justifié ce 12e veto russe en sept ans de conflit qui a fait plus de 350.000 morts par la volonté de « ne pas entraîner le Conseil de sécurité dans des aventures ».
Moins de 72 heures nous séparent donc aujourd’hui d’une possible frappe aérienne ciblée des Occidentaux en Syrie sans que personne ne puisse dire avec certitude ce qu’il résultera réellement de ce type d’action armée. Alors que tout doit être fait pour ne pas laisser l’usage d’armes chimiques se poursuivre, la diplomatie apparaît ne plus être en mesure de faire entendre raison aux auteurs et acteurs de massacres d’hommes, femmes et enfants dont le caractère intolérable est patent. D’où la légitimité de la lourde décision à prendre pour y mettre fin. Lire la suite

POST BREXIT ET INCERTITUDES

Trompés par les sondages, trahis par les places boursières, dupés par des déclarations de politiques de tous bords, les Britanniques mais aussi par voie de conséquence, les Européens dans leur ensemble, se trouvent pris depuis le 24 juin, dans la tourmente post Brexit qui survient à un très mauvais moment.
Les Bourses européennes ont une nouvelle fois terminé en net repli lundi. Après avoir perdu 8,04% vendredi, le CAC 40 qui a lâché plus de 3% en séance, a clôturé sur une chute de 2,97% .
Plombé par les financières, Wall Street creusait ses pertes au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones abandonnant 1,42% et le Nasdaq 2,3%.
La livre sterling, a pour sa part cédé jusqu’à près de 4% face au dollar pour inscrire un nouveau plus bas depuis 1985 à 1,3122 dollar. Sur le marché obligataire, le rendement des obligations britanniques à dix ans est tombé pour la première fois sous la barre de 1%.
La livre perd aussi 2,5% face à l’euro et plus de 3,5% contre le yen.
L’euro s’est également déprécie de 0,9% par rapport au billet vert, autour de 1,1015 dollar.
A 46,73 dollars, le baril de Brent n’est pas en reste.
Poussé avec insistance vers la sortie par les 27 pays membres en tête desquels, la France et l’Italie, le Royaume-Uni, sonné par le coup du « Leave » donne à en découdre aux europhiles dans une ambiance particulièrement délétère.
Graham Grady, président d’une commission parlementaire fixant les règles de fonctionnement du Parti conservateur a annoncé que la nomination du nouveau Premier ministre britannique aurait lieu d’ici le 2 septembre.
Lors de la séance des questions à la chambre des Communes, pressé de nombreuses fois par des députés d’organiser un second référendum, David Cameron, Premier ministre démissionnaire, a répété à plusieurs reprises que cette hypothèse ne pouvait pas être retenue, soulignant que les résultats du référendum devaient être respectés.
David Cameron a également indiqué qu’il n’entendait pas, à ce stade, invoquer l’article 50 du traité de Lisbonne après le référendum sur le Brexit, ajoutant que cette décision ne pourrait être prise que par son successeur au 10 downing Street.
Les négociations relatives au départ de la Grande Bretagne de l’Union européenne doivent selon lui être menées sereinement. David Cameron a confirmé qu’il entendait prendre son temps, souhaitant que les relations économiques avec les Vingt-Sept restent les plus fortes possibles.
Il a fait observer qu’il existait différentes visions concernant l’impact du Brexit sur l’économie britannique.
David Cameron doit participer mardi à un Conseil européen au cours duquel il devra exposer la position de son gouvernement. L’incertitude est donc au top level. Lire la suite

FAUT IL S’ATTENDRE A UN D’ DAY POUR LA GRANDE-BRETAGNE ET POUR L’EUROPE ?


Demain sera un grand jour pour la Grande-Bretagne et pour l’Europe. Un véritable « D Day », la perspective d’un possible débarquement de ce pays membre de l’Union européenne demeurant une hypothèse plausible. Le référendum qui va conduire les Britanniques à se prononcer pour ou contre le Brexit, marquera, quoi qu’ill advienne, un temps fort de l’actualité de cette année 2016. Les premières estimations non officielles tomberont vers minuit. Les résultats définitifs devraient être connus vers 8h du matin le 24 juin. Autant dire qu’au vu des sondages qui ne donnent pas d’indications claires, tout le monde retient son souffle ! AWI suivra cet événement, chroniques à l’appui. Lire la suite

L’ EUROPHORIE SERAIT-ELLE DE RETOUR ?

Le néologisme « europhorie » trouve aujourd’hui tout son sens. En effet, la parution lundi, dans la presse britannique, de 3 sondages donnant le « In » en position beaucoup plus favorable contre le « Out » à la veille du référendum sur le Brexit qui aura lieu le 23 juin en Grande Bretagne, conduit à s’interroger sur l’influence que peuvent avoir ces derniers sur le moral des investisseurs et par voie de conséquence l’état de santé des places boursières. En ce lundi 20 juin, le CAC40 s’est en effet totalement emballé en affichant un gain de 3,60 % en clôture. Et toutes les places financières ont été logées à la même enseigne, le DAX terminant sur un gain de 3,43%.La Bourse de New York a débuté en nette hausse lundi dans le sillage des places asiatiques et européennes.
Quant à la Livre sterling elle profite elle aussi de l’apaisement des craintes d’un Brexit. Contre le dollar, la devise britannique gagnait 2,1% à 1,4673, enregistrant sa plus forte progression en une séance depuis la crise financière de 2008-2009. De plus, elle gagnait également 1,5% face à l’euro à 77,36.
Même l’or, qui comme les Bunds et le yen avait bénéficié d’achats refuge la semaine dernière, perd 1,26% autour de 1.282 dollars l’once.
A 3 jours du référendum, cette situation montre à quel point sur la base d’hypothèses et de rumeurs, les investisseurs peuvent être amenés à jouer l’excès dans un sens comme dans l’autre. Elle témoigne aussi et surtout de l’extême vulnérabilité du système financier conduit à réagir fortement à toute information positive comme négative. Certes on ne peut que souhaiter le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. D’ailleurs, toutes les émissions consacrées directement ou non au Brexit sur la webradio webtv AWI en témoignent. Il est également vrai que les cours du Brent restent eux-aussi orientés à la hausse, sensiblement au-dessus de 50 dollars le baril.
Alors faut-il y croire ou plutôt suivre les conseils d’un expert qui déclare pour sa part : « « Je n’achèterai pas sur cette vague de hausse et je continuerai à réduire un peu mon exposition au risque ». Pourtant, acheter au son du clairon et vendre au son du canon a toujours été monnaie courante. Lire la suite

LESSONS FOR MANAGING THE ECONOMY COME FROM ENGLAND

En écrivant, en mars 2014, ce qui suit, l’hebdomadaire le Point a visiblement commis une grossière erreur d’appréciation concernant les réalités économiques d’un de nos proches voisins :
 » Avec 1,4 % de croissance en 2013, l’Angleterre, grande donneuse de leçons, gagnerait à se remettre en question pour ne pas devenir une puissance de second rang »
Or selon les chiffres définitifs publiés mardi par l’Office des statistiques nationales (ONS), l’économie britannique a enregistré une croissance de 0,9% au deuxième trimestre 2014.
Sur un an, la croissance du produit intérieur brut (PIB) est confirmée à 3,2% au deuxième trimestre, comme attendu par les économistes, après 2,9% (révisé de 3,0%) en janvier-mars.
Mis à part des commentaires assez désobligeants portant sur la méthode de gestion de l’économie outre Manche, cet hebdomadaire mettait néanmoins le doigt sur un fait incontestable : « L’industrie britannique n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les grands champions industriels, comme Land Rover, sont pour la majorité passés sous pavillon étranger, si bien que, parmi les quinze plus gros groupes industriels européens, le Royaume-Uni n’en compte plus qu’un seul »
Toutefois, l’activité a augmenté de 1,1% dans les services, la plus forte croissance depuis le troisième trimestre de 2011, et de 0,7% dans la construction alors qu’elle avait été précédemment annoncée stable.
Quant à l’investissement des entreprises, il a augmenté de 3,3% au deuxième trimestre pour afficher un bond de 11,0% sur un an.
David Cameron, Premier ministre, a donc tout lieu de se réjouir de ces chiffres encourageants à l’approche des élections législatives de 2015. De plus, les investissements visant à assurer la transition énergétique et le soutien aux énergies renouvelables qui représentent quelque 100 milliards d’ici 2020 en Grande-Bretagne, dépassent de loin les dix milliards d’euros sur trois ans envisagés en France dans le cadre du projet de loi « Transition énergétique » actuellement débattu à l’Assemblée nationale.
Que retenir de ce sursaut de l’économie britannique à l’heure où la France semble bien à la peine pour sortir de la crise et surtout peu à même de donner des leçons à son aimable voisin ? Lire la suite

L’ACTIVITE ECONOMIQUE CONFRONTEE AU SAUT D’OBSTACLES

Le cheval qui demeure la plus belle conquête de l’homme explique peut-être ce titre quelque peu cavalier.
Car parler de développement économique de pays réputés riches lorsqu’on sait que plus d’un milliard de personnes vivent avec 2 dollars par jour ou moins, peut apparaître indécent. Pourtant, pays développés et pays émergents qui comptent eux aussi, à des degrés divers, des individus en grandes difficultés économiques et sociales, savent leur équilibre menacé pour cause de crises qui parfois semblent s’éterniser. Ces dernières nécessitent en effet de sérieux diagnostics et le recours à de vrais remèdes qui ne rencontrent pas toujours l’assentiment des populations auxquels ils sont destinés. Force est de constater que sur fond d’attractivité, de compétitivité, tous les pays recherchent les voies d’accès à une croissance durable, quitte à imposer de nouvelles approches et méthodes de développement. Mais la période de transition que nous vivons en ce début de siècle peut être longue et soumise à des règles sensiblement différentes  d’un pays à l’autre, en dépit d’une proximité qui n’est pas que géographique.
Comparer l’activité économique de deux pays membres de l’Union européenne est monnaie courante, la situation que connaît l’Allemagne nous étant souvent imposée en grille de lecture d’activités et performances. Voilà pourquoi, nous avons voulu élargir le champ d’investigations en prenant cette fois comme élément de comparaison les Etats-Unis. D’abord parce que ce pays s’appuie sur des fondamentaux quasi identiques aux nôtres dans le cadre de son développement. Ensuite parce que ce pays se relève lui aussi de la crise financière de 2008-2009 qui a semé la zizanie dans de nombreuses régions du globe.
L’analyse qui est proposée dans la chronique audio s’appuie sur les résultats des dernières enquêtes de conjoncture réalisées par différents instituts en France et aux Etats-Unis. Lire la suite