REGIONS FRANCAISES ET REGIONS EUROPEENNES : DE NOMBREUX DEFIS A RELEVER


Au lendemain du résultat des élections régionales en France, il nous a semblé intéressant de reprendre cette semaine une chronique déjà diffusée en début d’année qui avait pour but de comparer nos régions remaniées aux régions européennes. En effet, en raison des différents découpages administratifs propres à chaque Etat et à la nouvelle carte des régions françaises, les 28 pays membres de l’Union européenne comptent désormais 263 régions.
La réforme territoriale adoptée par l’Assemblée nationale puis validée par le Conseil constitutionnel, le 15 janvier 2015, a comme chacun le sait, entrainé un certain nombre de fusions de régions à l’instar du Limousin et de l’Aquitaine, du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, de la Haute et Basse Normandie notamment, faisant passer leur nombre de 22 à 13.
Cette refonte territoriale a d’ailleurs eu pour conséquence de modifier le calendrier des élections départementales et régionales. Fait non négligeable, les régionales ont été les dernières élections françaises avant la présidentielle de 2017. Il est également important de rappeler que l’Assemblée nationale avait adopté, le 10 mars 2015, le projet de loi portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) .
Portée par François Hollande, cette importante réforme entend transformer pour plusieurs décennies l’architecture territoriale de la République en se fixant un double objectif : la baisse des dépenses publiques et une meilleure prise en compte des besoins citoyens.
Et c’est là que l’étude relative aux régions européennes proposée en début d’année dans un ouvrage consacré à la France et à ses territoires, dans la collection Insee Références, permettait de mieux apprécier les réalités territoriales des pays membres de l’Union européenne qui compte bien s’appuyer sur sa stratégie « Europe 2020 ». Cette dernière vise en effet à transformer l’Union européenne en une « économie intelligente, durable et inclusive avec des niveaux d’emploi, de productivité et de cohésion sociale élevés ». Car si toutes les régions du vieux continent ne sont pas logées à la même enseigne, certaines sont de véritables locomotives dont l’influence dépasse le seul cadre de leur pays d’accueil.
Compte tenu des disparités qui demeurent en terme de PIB par habitant entre régions de l’UE, une unité monétaire artificielle baptisée « SPA » autrement dit standard de pouvoir d’achat remplace cette notion afin de neutraliser les différences de niveaux de prix entre les pays membres.
Qu’il s’agisse des dépenses en R&D, du vieillissement de la population, de la taille des grandes métropoles, des taux d’emploi, des niveaux d’études, du taux de chômage, ou encore des capacités d’hébergement touristique, cet examen approfondi des caractéristiques des régions européennes est révélateur de la place mais aussi du rôle moteur que peuvent jouer certaines régions européennes, y compris françaises. Les régions européennes sont les moteurs du développement territorial durable, sachant qu’elles représentent plus de 506 millions d’habitants relativement concentrés du point de vue géographique. Lire la suite

LA QUALITE DE VIE DANS LES TERRITOIRES FRANÇAIS REVELATRICE D’UNE NECESSAIRE SOLIDARITE INTER-REGIONALE

La mesure de la qualité de vie dans les territoires français métropolitains, objet de l’une des dernières études de l’INSEE, fait suite à celle qui portait sur l’attractivité économique des territoires, voire d’analyses plus ciblées concernant des régions comme Rhône-Alpes, le Nord-Pas-de-Calais, le Finistère, l’Ile de France, révélatrices de profondes disparités qui ne tiennent pas qu’à l’aspect purement économique.
Ces analyses gagnent aujourd’hui en intérêt et pertinence en raison de la loi sur la fusion des régions adoptée à l’Assemblée nationale le 18 juillet. Une loi qui redessine la carte des territoires dans l’Hexagone et constitue la première étape d’une réforme d’envergure de l’organisation territoriale de la France.
Elaborée dans la concertation avec les élus locaux, fortement enrichie dans le cadre du débat parlementaire, elle poursuit deux objectifs principaux :
– construire l’action publique du XXIème siècle, qui repose sur la confiance dans la capacité des élus locaux à s’organiser, avec l’Etat, pour fournir aux citoyens des services accessibles et efficaces ;
– encourager la participation des territoires au redressement économique du pays.
Pour aborder l’étude de l’INSEE paru dernièrement, Sylvie Marchand, responsable du département actions régionales a accepté de répondre à nos questions. L’étude portant sur la qualité de vie dans les territoires français métropolitains qui a fait appel à une trentaine d’indicateurs , recouvrant treize dimensions à l’échelle de 2.677 territoires de vie, s’inscrit dans le prolongement des recommandations de la Commission Stiglitz remises en septembre 2009.
Ce document qui s’appuyait sur l ‘utilisation d’indicateurs alternatifs de niveau de vie, avait d’ailleurs conduit à quelques reclassements entre pays, sans véritablement remettre en cause l’avance apparente des États-Unis. Toutefois, les indicateurs de conditions de vie faisaient apparaître des contrastes bien plus marqués dans les domaines de la santé, de l’éducation, des risques de chômage et de pauvreté ou de sécurité , sans parler du problème de soutenabilité climatique.
En France, alors que chacun aspire au bien vivre et que la mobilité devient de plus en plus incontournable, l’étude concernant la qualité de vie dans les territoires métropolitains français proposée dernièrement par l’INSEE, pourrait presque faire office de guide Michelin pour Français à la recherche d’un lieu de vie résidentielle idéale, même si la panacée n’est visiblement pas encore de ce monde !
En attendant que nos territoires de vie se voient attribuer des étoiles sur la base de nombreux indicateurs de qualité. Lire la suite

TOURISME EN FRANCE : UN SECTEUR D’ACTIVITE QUI PESE DES MILLIARDS D’EUROS

Deux études, l’une émanant de l’OMT et portant sur le tourisme mondial en 2013, l’autre publiée dernièrement par l’INSEE concernant les dépenses des touristes français et étrangers en France en 2011, tendent à démontrer que ce secteur d’activité parvient à afficher de belles performances, en dépit d’une dépréciation du climat économique.
Le baromètre OMT du tourisme mondial montre en effet que les arrivées de touristes internationaux ont grimpé de 5% en 2013 pour atteindre le chiffre record de 1.087 millions. Et malgré des défis économiques et géopolitiques persistants, les résultats du tourisme international ont largement dépassé les attentes, puisque 52 millions de touristes supplémentaires ont parcouru le monde en 2013.
On observe également qu’en dépit d’une demande plus vigoureuse pour des destinations en région Asie-Pacifique ( +6%) en Afrique (+6%) ou encore les Amériques ( +4%) notamment, l’Europe arrive en tête en terme de fréquentation. Avec 29 millions d’arrivées de touristes internationaux supplémentaires en 2013, ce sont en effet 563 millions de visiteurs qui ont choisi le vieux continent.
Avec son flux de touristes globe-trotters, la Chine occupe désormais la première place, et la Fédération de Russie la 5eme position.
Si les Allemands les Japonais et les Italiens sont moins nombreux à voyager, les Turques, Qataris Philippins, Indonésiens, Ukrainiens et Brésiliens se font de plus en plus grands voyageurs.
Alors que la France a accueilli 81,4 millions de visiteurs étrangers en 2011, notre pays est néanmoins passé de la 3eme place à la 7eme place , la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche constituant désormais le trio de tête selon le classement du Forum Economique Mondial.
Pourtant, en 2011, le montant des dépenses effectuées à des fins de loisirs ou d’affaires par les touristes français et étrangers, en France métropolitaine s’est élevé à 141 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 4 milliards d’euros pour les départements d’outre-mer.
Sur fond de grisaille économique et de morosité ambiante en France, le tourisme demeure au niveau mondial l’une des rares industries pourvoyeuse de richesses et d’emplois. Et si la concurrence repose sur une guerre des prix, la qualité des produits et la qualité des services demeurent deux atouts de poids pour séduire et attirer toujours plus de clients. Lire la suite

FUSION DES REGIONS FRANCAISES : UN TRAVAIL HERCULEEN

Il fallu 8 ans à Hercule, personnage de la mythologie grecque doté d’une force incroyable pour venir à bout de ses douze travaux qui consistèrent notamment à tuer le lion de Némée, capturer le sanglier d’Érymanthe, nettoyer les écuries d’Augias, dérober les pommes d’or du jardin des Hespérides, dompter et ramener le chien Cerbère.
Manuel Valls, actuel Premier ministre du gouvernement français, devra pour sa part, en ce début de XXIe siècle, faire passer la France métropolitaine de 22 régions à 11 d’ici 2017 en supprimant les conseils généraux.
Mais contrairement aux travaux d’Hercule, ces derniers qui s’ajoutent à une longue liste, n’ont rien d’inutiles, même si on ne peut nier le défi dans la mesure où ils furent par le passé maintes fois envisagés et repoussés. Pourtant, la réduction du nombre des régions pourrait être très bénéfique pour ces territoires en fusion, mais aussi pour l’économie française en générant une capacité d’investissement plus importante pour ces collectivités, et en réduisant, ne serait ce qu’à la marge, les dépenses publiques.
Œuvre utile, sans aucun doute !
Car comme le souligne Marie Guite Dufay , présidente de la Franche Comté : « La première responsabilité dune région, c’est d’investir dans l’avenir, la recherche, le développement ».
Un avis partagé par le plus jeune des présidents métropolitains qui déclare « Ce qui compte ce n’est pas le découpage. Ce sont les projets !».
Voilà pourquoi AWI a choisi d’évoquer aujourd’hui la fusion de la Haute et de la Basse Normandie, un projet de mariage pour le meilleur et pour le pire qui avait d’ailleurs été présenté en 1999 par l’actuel directeur de la rédaction de la webradio à Hervé Morin, alors député de la 3e circonscription de l’Eure.
Bien sûr, il y a déjà beaucoup de coopération entre Basse et Haute Normandie en tourisme, en culture, mais aussi en matière d’industrie, de transition énergétique, sans oublier le vent favorable qui rapproche Haute Normandie et Picardie sur l’éolien notamment.
Aussi faut-il regarder ces deux entités territoriales à la loupe pour mieux comprendre à quel point cette fusion « HBN » pourrait avoir d’intéressantes répercussions économiques et sociales au niveau régional, national mais aussi international. Car Haute et Basse Normandie situées sur l’axe Seine et fortes de 600 kilomètres de côtes pourraient bien finir par permettre au Grand Paris d’ouvrir plus grande la bouche en insufflant une nouvelle ère. Lire la suite