FLAMME ET FUMEE NOIRE GREAT AGAIN

La photo qui a été prise dimanche dernier, à midi, depuis Honfleur, dans le Calvados, a valeur d’illustration saisissante.
Alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes participaient samedi à des “marches pour le climat” dans les grandes villes de France, et que 700 scientifiques français exhortaient, dans un manifeste, les dirigeants politiques à en finir avec l’incantatoire et à passer de toute urgence à des actes “forts et clairs”, le spectacle auquel il a été possible d’assister le lendemain, en baie de Seine, interpelle au-delà du cercle des écologistes. Lire la suite

COP 23 : IL FALLAIT ATTENDRE QUE JUPITER SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID


Depuis la COP 21, en décembre 2015, dont le succès et l’impact planétaires n’ont à ce jour pas connu d’équivalent carbone, les COP se suivent et écopent d’intentions salutaires qui peinent à se transformer en actes. Après la COP 22 de Marrakech, courtoise virgule sur fond de réchauffement climatique et de désertification particulièrement sensibles dans les pays du sud, la COP 23 se devait d’éviter tout bégaiement climato-énergético-politique.

Il fallait donc que notre Jupiter à tous s’exprime à ce sujet. A Bonn bien entendu !

La chronique audio que nous vous invitons à écouter sur cette webradio webtv indépendante, s’articule sur les déclarations d’Emmanuel Macron, président de la République française et celles d’Angela Merkel, chancelière allemande, lors de la COP 23. Elle fournit également l’occasion d’évoquer plusieurs contributions de spécialistes parues dans le dernier numéro des Cahiers français publié à la Documentation française sous le titre :  » Exigences écologiques et transformations de la société ». Pour écouter la chronique audio de Patrick Gorgeon, cliquez ici

ICEBERG GEANT A LA DERIVE

Le 6 juin 2016, nous avions fait de la faille baptisée « Larsen C « , l’Awi-Mage de la semaine. Surveillé de près par les scientifiques, le risque de fracture lié à la présence de cette faille mesurant plus de 110 km de long et 530 m de profondeur sur l’Antarctique s’est confirmé. Et le 12 juillet, un immense iceberg d’une surface de 5.600 km2 et d’un poids de plus de 1.000 milliards de tonnes a fini par se détacher. Si ce dernier ne doit, aux dires de certains observateurs, pas avoir d’impact immédiat sur le niveau des océans, il ne fera que fragiliser la surface glaciaire et sera amené à dériver dans des eaux dont la température est en constante augmentation. Qu’il s’agisse ou non d’une conséquence du réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine, on ne peut rester indifférent face à un phénomène de cette ampleur. De quoi refroidir les climato-sceptiques ! Mais cet évènement est-il pour autant susceptible de conduire Donald Trump à revenir sur sa décision de retrait de l’accord climat de Paris ? Rien n’est moins sûr ! Il permettra néanmoins à Emmanuel Macron de verser un énorme glaçon dans les discussions qui auront lieu lors du prochain sommet climat qui doit se tenir le 12 décembre à Paris. Un moment qui apparaît bien choisi lorsqu’on sait que Al Gore, ancien vice-président des États-Unis de 1993 à 2001, membre du Parti démocrate et environnementaliste convaincu, reviendra en fin d’année argumenter sa position en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Après avoir tenté, comme beaucoup d’autres personnalités politiques mais aussi d’hommes d’affaires, de convaincre le président des Etats-Unis de ne pas sortir de l’accord climat signé en 2015 à Paris, le documentaire américain de Davis Guggenheim sorti en 2006 auquel il avait participé, ne restera en effet pas sans lendemain. On ne peut que regretter qu’ Al Gore qui n’en est plus à une vérité qui dérange près nous fasse attendre le 1er novembre 2017 pour nous livrer « Une suite qui dérange. Le temps de l’action ». Un documentaire dont la bande-annonce est d’ores et déjà consultable. Cliquez ici pour visualiser le clip vidéo

ACTION CLIMAT LA FRANCE SAISIT LA BALLE AU BOND

En écho aux propos tenus la semaine dernière par Emmanuel Macron après l’annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, Nicolas Hulot a annoncé mardi l’ouverture dans les prochains jours d’un site internet pour attirer les chercheurs et les acteurs économiques désireux de participer à la transition écologique, énergétique et climatique.
Mais en précisant : « Le monde est dans une course contre la montre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », Christine Lins, secrétaire exécutive du réseau d’experts REN21 (Renewable Energy Policy Network for the 21st Century), ne se doutait pas encore que la France s’engage aussi promptement dans l’action.
Alors que Emmanuel Macron a souligné mercredi, lors du conseil des ministres, que la lutte contre le changement climatique et la lutte contre le terrorisme devaient être des priorités du quinquennat, le porte-parole du gouvernement a apporté la démonstration que le temps était venu d’agir.
Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, présentera en effet dans 15 jours un plan d’action contre le changement climatique et un calendrier précis sur des actions qui seront menées pendant les cinq prochaines années sera dévoilé dans le mois à venir.
Il est vrai qu’en dépit des 161 gigawatts de nouvelles capacités de production d’énergie renouvelable (éolien, solaire, géothermie, etc.) installées dans le monde, en 2016, le pari consistant à limiter le réchauffement climatique sous les 2 degrés d’ici la fin du siècle n’est pas gagné d’avance. D’où la nécessité de sortir des énergies fossiles ( fuel et charbon) et d’accélérer les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
Fin 2016, au niveau mondial, les énergies vertes représentaient 24,5% de la production d’électricité et 19,3% de la consommation finale d’énergie. Toutefois, pour la troisième année consécutive, les émissions de CO2 liées au secteur de l’énergie sont restées stables.
Selon des sources diplomatiques françaises, il y a désormais une claire volonté côté français d’aboutir à des annonces dans ces domaines à l’occasion du G20 des 7 et 8 juillet, voire lors du conseil des ministres franco-allemand du 13 juillet.
Alors que Roland Garros bat son plein, il se dit que Emmanuel Macron tout comme Nicolas Hulot seraient prêts à monter au filet pour donner à la France toutes les chances de marquer des points sur Terre battue. Lire la suite

TRUMP AU CHARBON


Le titre de la chronique vidéo que vous êtes invités à consulter cette semaine pourrait prêter à sourire. Or, il n’en est rien !
Car les récentes décisions qui ont été prises par le 45e président des Etats-Unis concernant la relance des énergies fossiles pourraient bien coûter fort cher aux Américains mais aussi à l’humanité toute entière.
Au vu de ces dernières qui marquent un véritable retour en arrière, on pourrait s’amuser à transformer le « call me » en un « Coal me », référence étant faîte au coup de grisou écologique généré par la relance du charbon.
On comprend aisément que Laurent Fabius, ancien ministre des Affaires étrangères qui fût également président de la COP21 ait dénoncé mercredi les décisions prises par la nouvelle présidence américaine en matière de lutte contre le réchauffement climatique estimant qu’il s’agissait là d’un « recul grave ».
Alors que le président des Etats-Unis cherche à privilégier les vieilles recettes d’une époque révolue à base d’industries polluantes, on finit par se demander à quoi sert la Silicon Valley porteuse d’innovations remarquables dont bon nombre sont axées sur l’exploitation des énergies renouvelables.
La chronique vidéo s’intéresse également à bien d’autres réalités qui touchent d’autres pays développés, souvent montrés en exemple. Sans parler de ressources énergétiques hors pétrole et charbon dont on ne maîtrise toujours pas le traitement des déchets, à l’instar du nucléaire.
Cliquez ici pour consulter la chronique vidéo de Patrick Gorgeon

L’AWI-MAGE DE LA SEMAINE – HAYLEY VI VICTIME DE GLACE BRISEE

La vague de froid qui frappe actuellement la France ne doit pas faire illusion. Tous les organismes mondiaux chargés, à l’instar de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA), de surveiller entre autres la température sur Terre, confirment que 2016 aura été l’année la plus chaude depuis que l’enregistrement des températures existe. L’AWI-MAGE de la semaine vient rappeler que l’homme est petit face aux aléas climatiques.
Pour preuve, la station de recherche Halley VI du British Antarctic Survey qui relève depuis 2012 les données météorologiques spatiales, les changements climatiques et les phénomènes atmosphériques, va devoir être déplacée en raison de fissures profondes dans la glace .
Le gouffre dormant qui s’est ouvert risque en effet de couper la station du reste de la plateforme de glace.
Même s’il est encore impossible d’affirmer que la croissance de la fissure est liée au réchauffement climatique, force est de constater qu’une deuxième fissure a été signalée à environ 17 km au nord de la station, sur un accès parfois utilisé pour le réapprovisionnement de la base.
Le déménagement de la plateforme sera planifié par étapes sur une période de trois ans, afin de permettre à la recherche scientifique de se poursuivre sur le site existant.
Maintenant que l’hiver est passé, l’équipe chargée de la réinstallation de Haley VI se prépare à remorquer la station à l’aide de gros tracteurs. Lire la suite

LA JEUNE GENERATION GRANDE OUBLIEE DE LA COP21

Il est pour le moins extrêmement surprenant de constater que les jeunes auront finalement été les grands oubliés de la COP21. L’absence totale de mobilisation de la part de l’éducation nationale sur les questions clés : climat, environnement et énergie, en cette période particulièrement propice à l’information et l’enseignement dans ces disciplines résolument tournées vers l’avenir, laisse en effet une ombre au tableau.
Car les enseignants auraient pu jouer un rôle majeur en termes d’accompagnement et de partage de connaissances fort utiles. D’autant que les sujets, d’une actualité brûlante, avaient toutes chances de capter l’attention d’un jeune public directement concerné par les menaces liées au réchauffement climatique.
Or, très rares auront été les établissements scolaires, écoles,collèges, lycées publics et privés, mais aussi universités, à relayer en leur sein, lors de séances spécialement dédiées à ces sujets, quitte à bouleverser les programmes initiaux, les intéressants voire passionnants exposés d’intervenants venus du monde entier, participer au Bourget à la conférence mondiale sur le climat. Pourtant, grâce à la présence d’éminents spécialistes, dont les exposés étaient systématiquement traduits en langue française, la COP21 constituait sans nul doute un moment privilégié pour faire prendre conscience à la jeune génération des défis à relever pour préserver la vie sur Terre, nonobstant les solutions déjà mises en œuvre par endroits pour palier un certain nombre de problèmes. L’événement offrait, de plus, à ces derniers, la possibilité de découvrir les spécificités de régions du monde souvent inconnues, en bénéficiant de très instructives notions d’économie, de géographie, de culture, de réalités environnementales, de biosphère, de transports, d’urbanisme, d’énergies renouvelables, d’innovations… Des écrans de télévision auraient parfaitement pu être installés dans les classes et les amphis, toutes les conférences et exposés ayant été diffusés en temps réel via Internet, durant les heures de cours. La COP21 fournissait une occasion unique de mieux faire comprendre aux jeunes ce qui différencie aujourd’hui pays pauvres, pays émergents et pays riches et, contribue à rendre particulièrement difficile la signature d’un accord ambitieux et contraignant entre les 195 pays participants.
Enfin, cette ouverture sur le monde aurait très certainement permis d’ alimenter les conversations des jeunes entre eux, mais aussi avec leurs parents et leurs proches.
Or, il n’en aura rien été. Les jeunes auront eu droit à la soupe du soir servie sur les chaînes de télévision qui, mis à part Arte et la 5, ont pour seul mérite de toutes dire la même chose en version lyophilisée.
Quel gâchis ! Lire la suite

HOT AND SMART SUJET POUR 2015

La première étude de scientifiques portant sur les observations faites à partir de quatre techniques de mesure de la fonte des glaciers qui sera publiée dans la revue Geophysical Research Letters, le 5 décembre, tend à confirmer que le climat sera bien le sujet chaud de 2015. Surtout, lorsqu’on sait que mardi, lors de la conférence sur le climat à Lima, au Pérou, les pays émergents ont appelé les pays riches à se mobiliser davantage pour lutter contre les changements climatiques.
Affectés par les inondations, les sécheresses ou la montée du niveau de la mer résultant du réchauffement climatique, les pays les moins développés ont en effet demandé aux pays développés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de les aider financièrement à faire de même.
Autant dire que la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris, au mois de décembre de l’année prochaine, et devrait se traduire par la signature d’un accord multilatéral de lutte contre le réchauffement climatique, pourrait constituer un temps fort annonciateur d’un véritable changement de modèle en terme de développement au niveau mondial.
Cet évènement pourrait également contribuer à promouvoir le concept de smart city « ville intelligente » qui nécessite à en croire l’étude réalisée par m2ocity « Ville de demain 2014 », un véritable travail de pédagogie envers les Français, visiblement intéressés. Mais comme le souligne cette étude, si les villes françaises concernées diffusent très largement « à l’extérieur » le message sur leur capacité à innover, elles communiquent en revanche peu « à l’intérieur » pour partager leurs projets avec leurs administrés. Or le concept de « smart city » qui tend à se développer, un peu partout dans le monde, est porteur de nombreuses améliorations en termes de conditions de vie et de travail. Il ne se limite en effet pas à la seule maîtrise durable de l’énergie puisqu’il concerne tout ce qui contribue à la qualité de vie en milieu urbain, qu’il s’agisse de la gestion de l’eau, du recyclage et de la gestion des déchets, de la mobilité, des espaces verts, des territoires numériques, des bâtiments intelligents…Au-delà de la dimension technologique qui fait une large place à un monde connecté, la « ville intelligente » passe par la modification des comportements de ses habitants qui doivent être informés mais aussi invités à participer aux projets qui se dessinent. C’est dans ces conditions visant à assurer la promotion et le développement des villes intelligentes que les préoccupations liées au réchauffement climatique et à l’amélioration des conditions de vie en milieu urbain pourront trouver des réponses citoyennes. Aujourd’hui, en France, 87% de la population vit en zone urbaine. En 2015, c’est à dire demain, ce sera le cas de plus de 60 % de la population mondiale avant d’atteindre 75 % en 2050. Lire la suite

STRATEGIE ENERGETIQUE ET SOURCES D’INSPIRATION

Inutile de tourner autour du pot !
Histoire de clarifier la situation posons clairement deux questions propres à alimenter le débat public : « Êtes-vous favorable à une transition énergétique donnant un rôle moteur aux énergies renouvelables ? » et « Accepteriez vous l’application d’un surcoût au regard des investissements conséquents qu’impose cette transition énergétique ?».
Car si les ambitions sont grandes de parvenir à une moindre dépendance énergétique d’origine fossile ( charbon, fuel, gaz) ,d’une part, et de mettre fin au phénomène de réchauffement climatique qui menace à terme la vie sur Terre, d’autre part, les solutions avancées sur la base d’une exploitation plus soutenue d’énergie éolienne, solaire, marine… ont encore un côté expérimental qui laisse planer le doute quant à leur caractère véritablement opérationnel. Car finalement, ces dernières auront elles le pouvoir de se substituer même partiellement aux ressources jusqu’ici utilisées pour assurer le chauffage et les transports notamment dont les besoins dont croissants. Quant au nucléaire, on fini par douter qu’il constitue véritablement une solution d’avenir, en raison de l’âge de nombreuses centrales et de ses effets sur l’environnement par déchets interposés. Il n’y a guère que les barrages hydrauliques qui fassent figures de solutions naturelles capables de produire de l’électricité tout en conciliant respect de l’environnement et besoins énergétiques, encore que.
Le cri d’alarme lancé une nouvelle fois depuis 2007 par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) qui estime que s’il n’est pas contrôlé, le changement climatique aura des impacts étendus et graves étendus et irréversibles fait certes froid dans le dos pour les générations à venir. Sans parler des gaz à effet de serre dans l’atmosphère dont les concentrations ont atteint les niveaux les plus élevés depuis…. 800.000 ans.
D’où l’intérêt du numéro de Problèmes économiques qui s’articule atour d’une série d’articles sur ce thème en posant la question « Quelle transition énergétique ? »
Surtout en prévision de la Conférence mondiale sur le climat qui se tiendra en décembre 2015 à Paris, alors que la France affiche des objectifs particulièrement ambitieux dans ce domaine. Sans parler de l’accord énergie climat 2030 signé récemment à grand peine par les 28 pays membres de l’Union européenne dont personne ne peut savoir s’il pourra être véritablement respecté à la lettre. Lire la suite