COREE DU NORD – COREE DU SUD : UNE TRÊVE POUR EVITER LE PIRE


Les pourparlers officiels entre la Corée du Nord et la Corée du Sud qui se tiendront mardi prochain dans le village de Panmunjeom, en Corée du Nord, à moins de 500 mètres de la frontière intercoréenne, dans la province de Hwanghae, augurent une trêve bienvenue.

Tout d’abord parce que de tels échanges entre ces deux pays n’ont pas eu lieu depuis décembre 2015. On ne peut donc que souhaiter que ces derniers contribuent à apaiser le vif climat de tension guerrière qui prévaut depuis 1950-1953 . On se doit également d’espérer que cette ouverture conduise Donald Trump et Kim Jong Un à mettre momentanément un terme aux provocations qui inquiètent légitimement la communauté internationale sur fond d’essais balistiques et nucléaires menés par la Corée du Nord.

Le report des exercices militaires à grande échelle menés conjointement par les Etats-Unis et la Corée du Sud dans cette région du monde, mais aussi et surtout l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang auxquels comptent participer les Coréens du Nord et du Sud, mais aussi les Américains devraient offrir un retour au calme, même s’il n’est que relatif.

Preuve est apportée dans la péninsule coréenne de cet apaisement avec la présence de banderoles accrochées à une clôture de barbelés près de la zone militarisée séparant les deux Corées, à Paju, en Corée du Sud portant des messages en faveur de l’unification des deux Corées.
Toutefois, l’éclaircie qui se dessine dans la perspective des JO d’hiver demeure relativement aléatoire.

Kim reste en effet visiblement déterminé concernant la détention par son pays d’armes nucléaires, surtout lorsqu’il déclare à l’occasion de ses voeux développer en masse des missiles nucléaires pour un déploiement opérationnel et ajoute, une nouvelle fois, qu’il lancerait une frappe nucléaire si son pays était menacé.

Et c’est là que des images satellites viennent quelque peu ternir le souci d’apaisement.

Les analystes du site 38 North, qui suivent avec attention l’évolution de la situation en Corée du Nord, rapportaient dernièrement que Pyongyang s’apprêtait à tester un moteur-fusée dans une installation de Sohae, où tous les lancements de satellites ont eu lieu depuis 2012.

L’imagerie satellitaire du 25 décembre a notamment révélé qu’un nouveau test de moteur pourrait avoir lieu dans un proche avenir, même s’il ne s’agit pas, selon des sources bien informées , d’un nouveau lancement de fusée.
De plus, certains pays proches ne cachent pas leurs inquiétudes. Lire la suite

DE TWEET EN TWEET TOUTE NEGOCIATION AVEC PYONGYANG SEMBLE VOUEE A L’ECHEC

Alors que la presse et les médias se montrent légitimement préoccupés par de nombreux sujets d’une actualité brûlante – politique intérieure, attentat à Marseille, référendum en Catalogne, massacre perpétué par un tireur fou lors d’un concert de musique country à Las Vegas – l’extrême violence dont se trouve frappée la société civile, dans de nombreux pays, ne peut empêcher de s’interroger sur le climat de tension entre les Etats-Unis et la Corée du Nord que rien ne semble pouvoir apaiser.
Si chacun est bien conscient que tout doit être fait pour calmer les provocations verbales auxquelles se livrent Kim-Jong-Un et Donald Trump sur fond d’essais nucléaires menés par la Corée du Nord, on se doit de rester convaincu que la diplomatie demeure la seule voie susceptible de faire entendre raison à Pyongyang et Washington. Or, un tweet du président des Etats-Unis est venu démontrer dimanche que cette pacifique solution est loin d’être unanimement partagée.
D’un côté comme de l’autre, les positions adoptées ne laissent en effet, en l’état actuel, que peu de marge à une éventuelle négociation.
En parcourant la presse américaine qui consacre bien entendu ses unes au monstrueux massacre d’innocents à Las Vegas, on constate également que les initiatives prises par certaines personnalités américaines pour parvenir à une sortie de crise avec la Corée du Nord, se heurtent à une flagrante fin de non recevoir.
Les tweets adressés par Donald Trump à Rex Tillerson, secrétaire d’Etat américain en visite en Chine qui laissait entendre que les relations avec Pyongyang n’étaient pas rompues, sont on ne peut plus clairs :
“I told Rex Tillerson, our wonderful Secretary of State, that he is wasting his time trying to negotiate with Little Rocket Man,” “Save your energy Rex,” “we’ll do what has to be done!”
Traduction : ne perd pas ton temps Rex à essayer de négocier, il y a mieux à faire. Nous ferons ce qui doit être fait.
Le tout est de savoir quelles sont les intentions réelles de Pyongyang comme de Washington, la volonté de parvenir à un accord apparaissant exclue dans les deux camps. De plus, les pays les plus directement concernés comme la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie, se montrent pour le moins fort dépourvus pour décrisper la situation.
Bien que tout le monde aurait gros à perdre, on est en droit de se demander ce qui permettra de mettre un terme à des menaces au ton guerrier qui laissent planer un sentiment de risque de dérapage voire d’escalade. Des hypothèses désastreuses dont les conséquences seraient aussi graves qu’incalculables dans cette région du globe voire bien au-delà. Pour écouter la chronique audio de Patrick Gorgeon,directeur de la rédaction d’AWI cliquez ici

UN LIVRE ET UN SITE WEB POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA COREE DU NORD

Le livre est en français, le site web en anglais. Paru aux éditions Tallandier en octobre 2016, l’ouvrage intitulé : « La Corée du Nord en 100 questions » signé Juliette Morillot, coréanologue spécialiste de la péninsule qui a été professeur à l’université nationale de Séoul et directrice de séminaire sur les relations intercoréennes à l’École de guerre de Paris et Dorian Malovic grand reporter, chef du service Asie pour le quotidien La Croix, a aujourd’hui plus jamais de bonnes raisons d’être lu.
Alors que ce pays intensifie ses essais nucléaires et tirs de missiles balistiques qui se traduisent entre autres par une montée en régime des menaces verbales entre Kim-Jong-un et Donald Trump, les questions posées par les auteurs de ce livre permettent de mieux comprendre ce qui renforce légitimement l’inquiétude de la communauté internationale. Lire la suite