VOYAGE AUX PARADIS EN BONNE COMPAGNIE

Au vu des précisions apportées dans la chronique audio, l’un des conseils donnés aux actuels comme futurs clients des paradis fiscaux a de quoi faire sourire : « Soyez entreprenant en sachant rester « low profile » !
Autant dire que le grand déballage médiatique des « Panama Papers » qui a entrainé la divulgation de noms d’hommes politiques, de sportifs de haut niveau, de personnalités du show biz, de membres de la jet set sans étiquette, relève quelque peu de l’artifice de façade.
D’autant que les révélations faites dernièrement n’ont rien de très nouveau, sachant qu’une première liste avait été publiée en avril 2013 concernant tous les pays du monde, sans oublier les princes rouges chinois.
Les vrais enjeux de la fiscalité se situent en réalité à un tout autre niveau.
Bien sûr, les personnes fortunées seront ravies d’avoir confirmation que mieux vaut éviter les grandes banques type Société générale ou HSBC pour créer son offshore et qu’il est préférable de faire appel à des juridictions qui ne figurent pas sur les listes de paradis fiscaux comme Hong-Kong et Singapour.
On comprend ainsi que la décision prise par la France de réinscrire le Panama sur la liste des paradis fiscaux n’ait pas été du goût de son président, Juan Carlos Varela.
Chacun sait depuis déjà fort longtemps, qu’avec 3 657 024 habitants dont 40% vivent sous le seuil de pauvreté, ce petit pays d’Amérique centrale qui utilise deux monnaie, le balboa, sous forme de pièces et le dollar des États-Unis en monnaie papier, est le leader dans l’enregistrement sous pavillon de complaisance de navires dans le monde entier. Avec quels avantages à la clé ?
• Pouvoir acheter un navire en hors taxe,
• Avoir des taxes d’immatriculation abordable au moment de l’acquisition du navire et pour la reconduction annuelle,
• Ne pas payer d’impôts sur la plus-value issue de l’exploitation commerciale du navire,
• Etre exonéré d’impôt en cas de revente du navire, de cession ou de succession de celui-ci,
. Assurer la discrétion et la protection des avoirs.
Certes, mais il faudrait aussi naviguer près d’autres paradis fiscaux : îles Vierge Britanniques, Seychelles, Bahamas, Libéria, Panama, Niue et Samoa… et d’intermédiaires principalement basés en Suisse, à Jersey, au Luxembourg…
Plutôt que de viser des fortunés auteurs de gaffes, arrêtons-nous sur de gros poissons appelés GAFA, acteurs de la révolution numérique, qui ont parfaitement compris l’intérêt de l’offshore et des paradis. Surtout à l’heure où la Commission européenne a présenté mardi 12 avril une directive visant à rendre publics les impôts payés et l’activité réalisée par les multinationales, pays par pays. Lire la suite

LES JEUX DU CIRQUE VERSION XXIe SIECLE

photo-Mohamed-El-Gayar.

Il faudrait être assez naïf pour croire que les noms divulgués jusqu’ici par les médias dans le cadre de la « Panama Papers » lèvent le voile sur les plus représentatifs adeptes des paradis fiscaux. Certes, les révélations concernant de grandes banques, certains chefs d’Etat, des milliardaires et vedettes du sport contribuent à enrichir les commentaires de comptoir. Mais s’arrêter là, c’est prendre le risque de ne pas saisir où se situent les réalités du monde dans lequel nous vivons et les perspectives qui se dessinent à terme sur fond de révolution numérique.
La première donnée importante qu’il faut avoir à l’esprit est fournie par une étude de l’Institut fédéral suisse de technologie de Zurich dont il est question dans le dernier numéro de Problèmes économiques consacré aux multinationales du XXIe siècle. Cette dernière révèle en effet que sur les 37 millions d’entreprises dont 43.000 multinationales dans le monde, 147 qui réalisent 60% du chiffre d’affaires mondial, sont liées entre elles via des participations financières croisées. De plus, elles possèdent la grande majorité des grandes entreprises dont l’activité relève de l’économie réelle. On retrouve dans ce cercle un groupe restreint de sociétés, essentiellement des banques, qui jouissent d’une influence disproportionnée sur l’économie mondiale. UBS, HSBC, Merill Lynch & Co Inc, JPMorgan Chase &Co mais aussi la Société générale, Axa … figurent au top 10 des sociétés dites super-connectées.
C’est d’ailleurs ce qui conduit directement aux GAFA ( Google, Apple, Facebook et Amazon) dont le pouvoir hégémonique patent à l’échelle planétaire n’est pas la seule caractéristique.
Avec près de 83% de la capitalisation boursière du secteur numérique, les GAFA ont généré des revenus équivalents au produit intérieur brut du Danemark , soit 316 milliards de dollars. Autant dire que ces juteuses entreprises qui n’emploient que 252.000 personnes et touchent à tout, y compris aux nerfs de nos échanges en tous genres, ne se privent pas d’exploiter au mieux les failles du système financier et fiscal en se tournant vers les fameux paradis fiscaux. A tel point que certains commencent à se demander si ces GAFA ne pourraient pas, compte tenu de leur influence et puissance, se substituer aux Etats et prendre un jour le pouvoir. En attendant la chronique audio qui viendra résonner à vos oreilles, la semaine prochaine, je déclare les Jeux du cirque version XXIe siècle ouverts. Lire la suite

LE SECTEUR SANTE FACE AUX DEFIS A VENIR

Pour comprendre les nombreux défis que devra relever l’e-santé dans les temps à venir, plusieurs paramètres méritent d’être pris en considération. Il s’agit tout d’abord de l’évolution des dépenses de santé, plusieurs études démontrant que ces dernières qui représentaient environ 6% du produit intérieur brut (PIB) entre 20006 et 2010, devraient atteindre 9,5% , voire 14% selon certains scénarios, d’ici 2060, dans les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une tendance haussière qu’on retrouve également chez les grands pays émergents (BRICS) dont les ratios de dépenses santé encore faibles aujourd’hui, pourraient atteindre 10% du PIB vers 2050. Si le vieillissement de la population est générateur de dépenses supplémentaires, il n’explique pas à lui seul le phénomène. Des facteurs non démographiques auront en effet un impact notable sur l’évolution de ces dernières s’agissant entre autres de soins de longue durée. En cause l’importante augmentation des maladies chroniques qui concerne toutes les tranches d’âges et l’envolée des prix des soins appelés à être prodigués qui relèvent d’innovations médicales destinées à améliorer l’efficience des traitements mais aussi la qualité des services récurrents. De plus, la hausse du niveau de vie influence nettement l’évolution des dépenses de santé dans la mesure où l’augmentation du revenu réel conduit les personnes concernées à faire preuve de davantage d’exigences en termes de prise en charge. Par ailleurs, l’augmentation du taux d’activité des femmes induit pour sa part une plus forte demande de services de soins de longue durée financés sur fonds publics, laquelle dépend à son tour de l’offre de soins informels. Face à ces réalités médico-sociales que faut-il attendre de l’innovation qui joue un rôle crucial dans la performance des entreprises de santé , sachant que ces dernières consacrent en moyenne 20% de leur chiffre d’affaires aux activités recherche et développement ? En pleine mutation technologique avec le développement de l’e-santé, la mise sur le marché d’outils intelligents connectés, la pratique de la télémédecine, le recours au big data…, la révolution numérique qui intéresse le secteur de la santé dans son ensemble est appelée à transformer radicalement les activités de tous les acteurs professionnels ( médecins, hôpitaux, laboratoires pharmaceutiques…). Elle devrait aussi par voie de conséquence modifier et surtout améliorer les conditions dont pourront bénéficier les patients atteints de pathologies classées dans la catégorie ALD. C’est là que se situent entre autres les défis que devra relever le secteur santé en plein essor, thème du dernier numéro de Problèmes économiques publié à la Documentation française. Mais comme vous allez le constater à l’écoute de la chronique audio, avant de s’intéresser aux innovations toutes plus prometteuses les unes que les autres, il importe avant tout de savoir ce que représente réellement l’industrie pharmaceutique à l’échelle mondiale et de connaître les défis qu’elle doit relever. Lire la suite

LA QUESTION MIGRATOIRE INTERPELLE L’ECONOMIE MONDIALE

Pour des raisons de droit national, d’une part, et de droit international, d’autre part, si tous les réfugiés sont des migrants, tous les migrants ne sont pas des réfugiés.
Un cadre juridique distingue en effet les migrants dont l’acte volontaire est lié à des motifs économiques (conditions de vie – travail), climatiques, culturels, d’éducation, de regroupement familial, de celui des réfugiés dont l’acte contraint s’explique en raison de conflits armés ou de persécutions dans le pays d’origine.
Cette distinction de taille et néanmoins subtile découle de la convention de Genève, qui veut qu’un réfugié qui bénéficie d’un droit d’asile ne puisse pas être renvoyé dans son pays d’origine. Mais reconnaître ceux qui relèvent de l’un ou l’autre de ces cas tient très souvent du casse-tête.
La vague migratoire historique qui a été enregistrée en 2015 en raison des conflits armés notamment en Syrie, en Irak et en Afghanistan est impressionnante. On estime en effet que plus de 1 million de réfugiés et migrants ont rejoint l’Europe contre 219.000 en 2014.
D’où les problèmes d’accueil rencontrés par de nombreux Etats membres, sachant que la gestion de flux migratoires ne concerne pas exclusivement le Vieux Continent. Outre les pays riches de l’euro zone ou encore l’Angleterre, les Etats-Unis, le Canada… un certain nombre de pays émergents qui enregistrent une forte croissance, font désormais partie des lieux de destinations privilégiés. Selon les chiffres les plus récents, les migrations Sud-Sud sont ainsi plus importantes que les migrations Sud-Nord.
Il n’en demeure pas moins vrai que les récents événements conduisent un certain nombre de pays européens à s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour faire face au phénomène migratoire, voire à prendre des mesures drastiques pour éviter tout débordement. Lire la suite

LA COP21 CRIE « HOUILLE ! »

Cette chronique proposée à moins d’un mois de l’ouverture de la COP21 permet de revenir sur plusieurs sujets dernièrement abordés sur AWI. Les experts du climat affirment en effet que les villes et l’innovation seront dorénavant appelées à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique.
Pour alimenter la réflexion déjà engagée sur ces thèmes, nous retiendrons entre autres deux articles publiés dans le dernier numéro de Problèmes économiques consacré à la COP21.
Il s’agit d’une part de celui intitulé « Repenser l’impact écologique des villes » signé Dominique Gauzin-Müller, architecte et rédactrice en chef de Elk/Ecologik, empreint d’optimisme, et de celui frappé de réalisme que l’on doit à Carole Mathieu, chercheuse au Centre énergie de l’institut français des relations internationales (IFRI) portant sur le caractère contraignant des engagements que devront prendre les 195 pays participants à la conférence mondiale sur le climat.
Quoi qu’il en soit, la toute récente visite de François Hollande en Chine témoigne de l’énergie déployée pour tenter d’assurer le succès de ce grand rendez-vous climat, même si rien n’est encore joué.
Premier pays émetteur de gaz à effet de serre avec 25% du total des émissions mondiales, la Chine brûlerait finalement selon des données gouvernementales encore plus de charbon +17 % qu’elle ne le laissait entendre. Selon le New York Times, cette révision à la hausse des chiffres officiels signifie que la Chine a produit près d’un milliard de tonnes de plus de dioxyde de carbone par an par rapport aux calculs initiaux, soit plus que ce que l’économie allemande émet chaque année à partir de combustibles fossiles. Quant à l’Inde qui souhaite qu’un accord concret soit signé à Paris, elle occupe pour sa part la troisième place dans le classement des plus gros pollueurs de la planète établi par le Global Carbon Projetc.
Par ailleurs, si l’Europe dont les émissions mondiales de GES ne représentent que 11% au niveau mondial se présente comme la bonne élève pour avoir réussi à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, l’Allemagne notamment, fait figure de trublion, même si ce n’est pas la seule.
En cause, l’abandon progressif du nucléaire qui a conduit ce pays, souvent cité en exemple dans de multiples domaines, à augmenter la production de ses 130 centrales à charbon.
Mais en termes d’émissions de CO2 par habitant, le pompon rouge au niveau mondial revient aux Etats Unis.
Autant dire que les efforts à produire pour relever le défi climat sont gigantesques. Les négociations seront donc particulièrement délicates pour parvenir à limiter à +2°C la température mondiale à un horizon pas si lointain, certains annonçant déjà la probabilité de +3 voire +4°C.
Les solutions d’avenir sont elles dépendantes des villes aux croissances vertigineuses et de l’innovation en plein boom ? La COP21 enverra t’elle un signal suffisamment fort en faveur d’une transition vers une économie sobre en carbone ? Telles sont les questions qui serviront de guides à la prochaine chronique audio associée à ce texte de présentation. Lire la suite

LE CLIMAT PRIS AU JEU DES QUESTIONS REPONSES


Non, la question n’aura pas de lien direct avec la triste affaire Volkswagengate transformée en dieselgate qui alimente depuis quelques jours les gros titres de vos journaux. Pas plus que la réponse qui nécessitera de nombreuses enquêtes et promet quelques rebondissements. Avouons tout de même que ce scandale tombe bien mal en jetant un doute épais sur les techniques utilisées pour lutter contre les émissions de particules et autres gaz à effet de serre que l’on sait provenir en grande partie des moyens de transport, gros contributeurs au réchauffement climatique.
En revanche, pour répondre aux questions que chacun se pose légitimement concernant le climat et son impact planétaire, nous avons choisi de privilégier deux ouvrages très différents et complémentaires.
Tout d’abord « Parlons Climat » un petit ouvrage dont la lecture ne peut être que chaudement recommandée aux eco-citoyens de 7 à 107 ans . Publié dans la collection « Doc en poche » par la Documentation française, ses auteurs Christophe Cassou et Valérie Masson-Delmotte, physiciens et climatologues, répondent en effet clairement en moins de cent pages à 30 questions d’une actualité brûlante qui vont mobiliser 195 pays autour de la COP21 en fin d’année, à Paris.
Ensuite, le dernier numéro de Problèmes économiques qui propose une série d’articles en posant la question : « Quels objectifs pour le développement après 2015 ? »
Si les 8 objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui arrivent à échéance fin 2015 consistaient notamment à réduire de 50% la pauvreté, améliorer les conditions de vie des plus démunis, lutter contre la maladie et généraliser l’instruction élémentaire…, les objectifs pour le développement durable (ODD) fixés à l’horizon 2030 qui seront présentés fin septembre, lors d’une assemblée générale des Nations unies à New-York, vont bien au-delà. En dehors des problèmes déjà abordés qui demeurent des préoccupations majeures, un certain nombre de nouveautés apparaissent. Il s’agit entre autres de l’accès à une énergie abordable et durable, de la lutte contre le changement climatique, de la préservation des océans, de la disponibilité de l’eau et de l’assainissement pour tous, de l’encouragement aux partenariats pour le développement durable.
Et comme vous allez pouvoir le constater en écoutant la chronique audio, ces deux approches sont particulièrement instructives pour qui souhaite s’intéresser au climat et aux perspectives de développement sur Terre. Lire la suite

QUAND LES RISQUES DE DEFLATION MENACENT L’ECONOMIE EUROPEENNE

Cette chronique s’annonce au moment où l’Insee vient de révéler dans sa dernière note de conjoncture, que la France était entrée en janvier en territoire d’inflation négative pour la première fois depuis fin 2009, rejoignant ainsi une tendance enregistrée dans toute l’Europe,
Même si on admet, à l’instar de Guido Hülsmann, professeur à l’université d’Anger et Senior Fellow au Mises Institute aux Etats-Unis, que la richesse d’une nation ne s’explique ni par la quantité de monnaie fiduciaire ni par le niveau des prix des produits et services, le risque de déflation hante tous les pays.
A cet égard, la situation récente à laquelle s’est trouvé confronté le Japon justifie cette inquiétude, le Premier ministre Shinzo Abe ayant fait de la lutte contre la déflation sa priorité pour remettre son pays sur pied. Toutefois, pour qu’il y ait véritablement déflation, il faut une baisse prolongée des prix, tous produits secteurs et pays confondus. Or tel n’est pas le cas ! En dépit d’une baisse notable des prix de l’énergie, des produits alimentaires, mais aussi du secteur télécommunications et des médicaments, ceux de l’immobilier, des services et des salaires, constituent encore de solides remparts face au risque de déflation.
La désinflation qui se singularise par un ralentissement du rythme de hausse des prix présente quoi qu’il en soit pour avantage d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs et donc de relancer la demande. Basée sur une monnaie comme l’euro, cette tendance améliore la qualité de la monnaie ce qui permet d’acheter davantage de biens pour la même somme d’argent.
En revanche, la déflation qui se caractérise par une baisse des prix généralisée et durable représente un poison mortel pour l’économie réelle. Car en augmentant les taux d’intérêt réels et la valeur des dettes, elle asphyxie les entreprises et les force à se débarrasser de leurs avoirs et à solder leurs stocks pour se désendetter.
La parution du dernier numéro de Problèmes économiques intitulé « 2015, années de la déflation ? » donne à travers les analyses réalisées par plusieurs experts, la possibilité de mieux comprendre l’impact négatif que pourrait avoir un ralentissement généralisé des prix sur les perspectives de croissance, la protection sociale, mais aussi les objectifs d’économies que l’Hexagone s’est fixés. Lire la suite

STRATEGIE ENERGETIQUE ET SOURCES D’INSPIRATION

Inutile de tourner autour du pot !
Histoire de clarifier la situation posons clairement deux questions propres à alimenter le débat public : « Êtes-vous favorable à une transition énergétique donnant un rôle moteur aux énergies renouvelables ? » et « Accepteriez vous l’application d’un surcoût au regard des investissements conséquents qu’impose cette transition énergétique ?».
Car si les ambitions sont grandes de parvenir à une moindre dépendance énergétique d’origine fossile ( charbon, fuel, gaz) ,d’une part, et de mettre fin au phénomène de réchauffement climatique qui menace à terme la vie sur Terre, d’autre part, les solutions avancées sur la base d’une exploitation plus soutenue d’énergie éolienne, solaire, marine… ont encore un côté expérimental qui laisse planer le doute quant à leur caractère véritablement opérationnel. Car finalement, ces dernières auront elles le pouvoir de se substituer même partiellement aux ressources jusqu’ici utilisées pour assurer le chauffage et les transports notamment dont les besoins dont croissants. Quant au nucléaire, on fini par douter qu’il constitue véritablement une solution d’avenir, en raison de l’âge de nombreuses centrales et de ses effets sur l’environnement par déchets interposés. Il n’y a guère que les barrages hydrauliques qui fassent figures de solutions naturelles capables de produire de l’électricité tout en conciliant respect de l’environnement et besoins énergétiques, encore que.
Le cri d’alarme lancé une nouvelle fois depuis 2007 par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) qui estime que s’il n’est pas contrôlé, le changement climatique aura des impacts étendus et graves étendus et irréversibles fait certes froid dans le dos pour les générations à venir. Sans parler des gaz à effet de serre dans l’atmosphère dont les concentrations ont atteint les niveaux les plus élevés depuis…. 800.000 ans.
D’où l’intérêt du numéro de Problèmes économiques qui s’articule atour d’une série d’articles sur ce thème en posant la question « Quelle transition énergétique ? »
Surtout en prévision de la Conférence mondiale sur le climat qui se tiendra en décembre 2015 à Paris, alors que la France affiche des objectifs particulièrement ambitieux dans ce domaine. Sans parler de l’accord énergie climat 2030 signé récemment à grand peine par les 28 pays membres de l’Union européenne dont personne ne peut savoir s’il pourra être véritablement respecté à la lettre. Lire la suite

PARTIE DE BRAS DE FER POUR LE DUO INFERNAL

Sans entrer dans un discours sexiste voire machiste, force est de reconnaître un fait qui n’est pas exempt de pensée philosophique.
Politique et Economie sont deux vieilles filles insupportables !
Souvent en état de crise conjugale, toutes deux semblent ne jamais parvenir à une entente cordiale sur des sujets pourtant essentiels.
L’une comme l’autre paraissent même parfois prendre un malin plaisir à bousculer tout le monde sur leur passage.
Nées toutes deux de pères grecques, Politique a été enfantée, il y a fort longtemps par celui qui détenait la science des affaires de la Cité, et Economie par celui qui tenait la maison
D’où certains mouvements d’humeur entre celle qui a hérité de la gestion des affaires publiques et celle qui s’est vue confier les affaires privées.
Ce sujet aurait pu figurer parmi ceux proposés cette année aux candidats au baccalauréat. Car l’avenir de la cité comme celui de la maison sont bien deux préoccupations majeures des individus en ces temps de crise. Mais Economie et Politique sont toutes deux fragiles. Capables du pire comme du meilleur, elles peuvent être porteuses de bonne santé et de paix comme de maladies et de marasmes. Aussi, les familles nombreuses qu’elles supportent s’inquiètent elles à juste titre de l’incompréhension dont font preuve ces deux figures symboliques qui détiennent de réels pouvoirs et bercent nos vies au quotidien.
Cette approche des réalités qui nous entourent permet de revenir sur deux récents numéros de Problèmes économiques publiés par la Documentation française, le premier ayant pour thème : « France, changer de modèle ? » et le second « Femmes, quelle place dans l’économie ? »
Car les constats et suggestions émis à travers les analyses qui nous sont livrées mettent en lumière les difficultés auxquelles nous nous heurtons mais aussi les remèdes qu’il nous faudrait utiliser pour sortir de l’ornière. Ils tendent également à démontrer que dame France dispose de sérieux atouts que les hommes ont tout intérêt à soigner pour gagner la bataille de la mondialisation qui fait rage.
Et si l’innovation, la formation, la réputation notamment font défaut, la perte d’influence plus rapide en France que dans d’autres pays européens d’une autre vielle dame appelée Industrie pèse lourdement dans la balance. Politique et Economie ont donc tout intérêt à se réconcilier. Lire la suite

CULTURE ET ECONOMIE DOIVENT ELLES SE REGARDER EN CHIENS DE FAIENCE ?

Avant d’accueillir Frank de Blok, artiste peintre contemporain hollandais, depuis peu installé à Honfleur, qui sera notre invité le 6 mars, et à la veille de l’ouverture de la 16e édition du Festival du Film Asiatique qui se déroulera du 5 au 9 mars, à Deauville, nous nous arrêtons cette semaine sur le poids économique de la culture et celui du marché de l’art en France.
A l’instar de nombreux touristes étrangers qui séjournent chez nous et apprécient notre culture, les Français demeurent sensibles à toutes les formes d’art, comme en témoigne, entre autres, le succès remporté par l’exposition « Henri Cartier-Bresson ». Les œuvres photographiques structurées selon la proportion du nombre d’or puis empreintes de surréalisme notamment, que l’on doit à ce grand voyeur-voyageur au Leïca, sont en effet exposées jusqu’au 9 juin au Centre Pompidou.
La grande force des expressions artistiques est de nous rapprocher de ce qui peut être très près, mais aussi très éloigné de nous. Des situations, des univers, des individus, des objets, des évènements… saisis dans des « temps faibles » ou des « instants décisifs » à travers des formes d’expression aussi différentes que le dessin, la littérature, la peinture, la sculpture, le cinéma, le théâtre, la musique, l’architecture, la photographie nous sont ainsi présentés. Autant de créations originales qui parviennent à éveiller nos sens et à rester gravées dans nos mémoires. Mais la culture qui englobe tous les arts n’est pas seulement source de découvertes et de richesses partagées à l’échelle planétaire. Elle est également porteuse de valeurs dont le poids économique est bien réel. En 2011 la production en valeur du secteur de la culture a globalement atteint en France, 85 milliards d’euros. Quant au marché de l’art en France, il a du se contenter d’un chiffre d’affaires de 29 millions d’euros, en 2013.
L’attractivité, c’est aussi tout un art, une culture. Lire la suite