DAVOS : UN CHAUD FORUM DANS UNE AMBIANCE GLACIALE

Alors qu’une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, plus de 1.500 dirigeants d’entreprise, représentants d’ONG, universitaires… se retrouvent à l’occasion de la 46eme édition de ce rendez-vous haut perché, pour échanger sur les menaces de l’époque et les grands défis économiques, le rapport diffusé par le World Economic Forum (WEF), organisateur du forum de Davos, jette un froid. Surtout, lorsque le FMI apporte un note pessimiste sur les perspectives d’évolution de l’économie mondiale et que les places boursières dévissent très sérieusement, le CAC 40 chutant de plus de 3,47% le 20 janvier.
Le document de WEF souligne entre autres que la quatrième révolution industrielle entraînera la perte de plus de 5 millions d’emplois.
Marquée par la numérisation tous azimuts, cette quatrième révolution industrielle qu’AWI annonçait en 2015, aura, nous dit-on, pour conséquence, d’entraîner de larges perturbations, non seulement sur le modèle des affaires, mais aussi sur le marché du travail pendant les cinq prochaines années.
Autant dire que confrontés à cette incontournable mutation de l’économie à l’échelle mondiale, les gouvernements de nombreux pays vont avoir à faire face à un chômage en hausse constante et à un accroissement des inégalités.
Pays développés comme les Etats-Unis, l’Allemagne, la France… mais aussi pays émergents à l’instar de la Chine, de l’Inde, du Brésil, vont donc avoir à gérer un changement de cycle et d’époque générateur de profonds bouleversements.
La gigantesque mutation de l’économie, à un horizon rapproché, provoquée par l’arrivée massive des objets connectés, le développement de la robotisation intelligente et celle du big data …va donc demander à nos sociétés de s’adapter à de nouvelles exigences. Certes, cette 4eme révolution industrielle n’aura pas que des effets négatifs, même si l’annonce faite la veille de l’ouverture du forum de Davos, d’une perte de 5 millions d’emplois, peut apparaître, a priori, quelque peu décourageante.
Toujours est il que le Forum de Davos aura bien d’autres sujets de préoccupations à aborder en 3 jours chronos, qu’il s’agisse de la crise des réfugiés, du terrorisme islamique, du ralentissement de l’économie chinoise, des défis climatiques et de la transition énergétique ou encore de l’avenir de l’Europe.
Un « beau » programme en vérité pour cette 46eme édition qui se tient jusqu’au 23 janvier. Et comme vous allez le constater en écoutant la chronique audio de Patrick Gorgeon, ce dernier avait dû lire dans le marc de café. Lire la suite

LES « PETI » VONT DEVENIR GRANDS !

Peut-être devrions nous arrêter de regarder les BRICS comme des poids lourds incontournables dans le cadre de nos échanges commerciaux. Les pays émergents de taille intermédiaire (PETI) constituent en effet une part croissante du commerce mondial et offrent des opportunités à l’exportation aux entreprises françaises. Les ventes aux « PETI » représentent 11 % de l’ensemble des exportations dominées par les produits de haute valeur technologique, alors que les achats aux PETI regroupent des biens à moindre valeur ajoutée.
Mais qui sont ces PETI ?
Des pays européens (Turquie, Ukraine, Kazakhstan), le Maghreb (Algérie, Egypte, Tunisie, Maroc), des pays d’Afrique subsaharienne (Nigeria, Côte d’Ivoire, Kenya, Afrique du Sud), l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, des pays d’Amérique latine (Mexique, Argentine, Chili, Colombie) et d’Asie (Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Philippines).
A l’image du Myanmar (Birmanie), du Vietnam et de la Colombie, de nouvelles économies font une percée, tandis que d’autres consolident leur position, comme la Corée du Sud, la Turquie ou l’Indonésie. Tous ces « PETI » évoluent dans un contexte différent de celui des années 2000, et sont souvent moins dépendants des économies avancées et plus intégrés entre eux commercialement.
Autant d’informations reprises dans le document « Etudes et éclairages » qui vient de paraître et s’appuie sur les données douanières françaises (DGDDI) et les résultats issus des organismes internationaux.
Cette chronique audio est à rapprocher de celles diffusées dernièrement sur AWI qui portaient notamment sur les perspectives de développement des pays émergents. Lire la suite

BENIVM PLUS SOLIDE ET PORTEUR QUE BRICS ?

Inventés par de distingués économistes : BRICS, CIVETS, BENIVM sont autant d’acronymes qui reprennent parfois les mêmes pays pour tenter de donner un poids significatif à des blocs qui se forment et influencent l’économie mondiale.
Créé en 2001 par Jim O’Neil, économiste à la Banque d’affaires Goldman Sachs, BRIC ne prit un « S » qu’en 2011 avec l’arrivée de l’Afrique du Sud. CIVETS, moins connu, regroupant Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie et Afrique du Sud fût lui créé en 2009 par Robert Ward avant d’être popularisé par la banque HSBC Quant au BENIVM,  que l’on doit à Laurence Daziano, maître de conférence en économie à Sciences-Po Paris, il est de création récente puisqu’il ne date que de 2013.
Toujours est-il que ces acronymes qu’on pourrait qualifier « actronymes » jouent des rôles majeurs dans la série « Economie mondiale » riche en rebondissements. Ainsi, certains pays émergents, membres des BRICS, qui détenaient jusqu’ici de gros crédits sympathie sur la scène internationale se trouvent ils, depuis quelques temps, confrontés à de moindres performances qui leur valent d’être moins valorisés, moins soutenus. Mais les pays développés qui veulent garder la main sur le fonctionnement de l’écosystème planétaire savent à quel point il leur faut composer avec les émergents qui bien que sujets aux coups de blues restent indispensables pour donner corps à un scénario d’économie mondialisée plein de ratures. Avec parfois des coups de théâtre, les BRICS affichant brutalement des faiblesses qu’on imaginait pas. La Chine se voyant menacée par « le tournant de Lewis » . D’où l’effroi des observateurs, lorsqu’ils constatent que depuis le début du XXIe siècle, les grandes économies émergentes et notamment celles des BRICS n’ont pas eu les effets souhaités en matière de convergence économique. Ruchir Sharma, directeur des marchés émergents et de l’analyse macroéconomique mondiale chez Morgan Stanley Investment Management déclarant tout de go : « L’écart moyen de revenu par habitant entre les pays riches et les pays en développement a retrouvé son niveau des années 1950. » Le fait que les vedettes d’hier ne figurent finalement plus au box office oblige à repenser le scénario et à trouver d’autres acteurs pleins de ressources. Et c’est là qu’à partir des cinq critères cumulatifs structurant qui permettent de définir finement l’émergence économique, Laurence Daziano, par ailleurs membre du conseil scientifique de Fondapol, nous invite à nous tourner vers les nouveaux pays émergents qui définiront peut-être les perspectives du monde économique en 2050.
Un film passionnant ! Des acteurs aux talents insoupçonnés. Des figurants par millions. Un spectacle en 5D qui nous fait toucher du doigt la composition d’un monde inachevé à la recherche de ballons d’oxygène. Lire la suite

PAYS DEVELOPPES ET PAYS EMERGENTS EN PROIE AU DOUTE

Alors que la plupart des pays développés peinent à retrouver les chemins d’une véritable croissance durable, cette première chronique  vise à témoigner que nos doutes, nos peurs, notre manque de confiance en nous-mêmes, évoqués par le chef de l’Etat, le 13 janvier, sont  des sentiments partagés par bien d’autres peuples.
Ainsi, les pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ) qui représentent un cinquième du produit intérieur brut (PIB) mondial, 40% de la population de la planète et 43% des réserves en devises et se sont imposés comme de nouvelles puissances économiques se mettent ils eux-aussi à douter. En cause, le fort ralentissement de leur croissance qui leur impose d’innover et de mettre en place de véritables politiques de protection sociale.
Quant aux pays arabes et notamment, la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, le Yemen qui ont connu un changement de régime, mais aussi la Jordanie et le Maroc qui ont engagé des réformes politiques, ils doivent également s’engager dans une relance de l’économie et le rétablissement des équilibres fondamentaux. Car la croissance sur fond de développement durable reste le seul moteur permettant de lutter contre le chômage et de répondre aux attentes sociales qui ont été à l’origine du printemps arabe . Mais, en dépit de démarches volontaristes, les indications relatives à l’année 2013 montrent que la reprise économique demeure trop faible pour remédier pleinement au sous emploi substantiel de la région. Sans parler des tragiques évènements qui secouent la Syrie et menacent l’équilibre des pays limitrophes.
Alors que de nouveaux pays émergents semblent pouvoir bénéficier d’un boom de croissance à l’instar de l’Indonésie, et que certains petits pays du Golfe comme le Qatar affichent d’indéniables réussites à la fois économiques et sociales, nombre de pays cherchent en ce début de XXI e siècle leur modèle économique susceptible de contribuer à leur développement national et à leur participation à la mondialisation. En réalité, le sentiment d’inquiétude domine dans tous les pays. Pour preuve, il suffit que la croissance de la Chine stagne à 7,7% en 2013 et qu’on annonce un nouveau recul à 7,4% en 2014 pour que les observateurs tirent la sonnette d’alarme.
Autant d’évènements qui peuvent soit attiser nos craintes soit les relativiser. D’où l’ intérêt de porter son regard au delà du nombril de l’Hexagone voire de l’Europe pour constater qu’en dépit de la crise, les conditions de vie ne sont pas aussi mauvaises chez qu’on le pense.
Nous démarrons donc cette semaine avec l’urgence des réformes dans les pays arabes, thème d’un des récents numéros de « Problèmes économiques » publiés par la documentation Française. Lire la suite