BANQUES CENTRALES SUPERSTARS

L’image représentant le futur siège de la BCE à Francfort, illustre parfaitement le côté superstar des banques centrales dotées de super pouvoirs. Force est de reconnaître le rôle éminent joué par ces institutions dont le coeur de métier tend à s’enrichir depuis la crise de 2008. Mais jusqu’où peuvent aller les compétences d’une banque centrale lorsqu’on sait que deux écoles de pensées s’affrontent, certains banquiers centraux souhaitant se cantonner à leur mission traditionnelle de garant de la stabilité monétaire, quand d’autres y ajoutent désormais la stabilité financière moyennant la mise en place d’instruments adéquats. Comme le souligne Pierre-Henri Thomas journaliste au Vif l’Express, un journal belge :  » Depuis le mois d’août 2007, les banques centrales sont sur le pont pour endiguer une des plus grande tempête économiques et financières de l’histoire ». Après avoir fait tourner comme jamais la planche à billets et avoir baissé leurs taux à zéro, voire en-dessous, elles ne savent plus quoi faire pour rassurer les investisseurs, relancer le crédit et tenter de ranimer l’inflation. Car la crise qui débute dans les pays émergents, est loin d’être éradiquée en Europe comme au Japon, la fragilité de l’économie américaine demeurant patente, en dépit de signes encourageants ces dernières années.
D’où l’intérêt présenté par le dernier numéro de Problèmes économiques, publié à la Documentation française, consacré à ces institutions monétaires. Il suffit en effet que Mario Draghi (BCE) ou Janet Yellen (FED) fassent une déclaration dans un sens ou dans un autre pour que cette dernière influence notablement l’orientation des marchés boursiers et les politiques économiques menées par les pays développés comme émergents.
En ne se préoccupant plus seulement de la stabilité monétaire, mais également de la stabilité financière, les « banques des banques » sont devenues des « boosteur » de l’économie et des garants des Etats.
Présentes sur les 5 continents, elles font en quelque sorte la pluie et le beau temps à l’échelle mondiale.
La chronique audio s’arrête sur les explications fournies par un certain nombre d’acteurs et observateurs de ces « temples de la monnaie et de la finance » qui, il faut bien le dire, gouvernent le monde, en influençant les comportements d’Etats comme d’hommes de pouvoir au sein du tissu économique. Lire la suite

LA FED ENTRETIENT LE SUSPENS AVANT ET APRES


Il aura fallu faire preuve d’une infinie patience voire d’un grand self control avant que ne soit finalement prise par la FED la décision concernant les taux directeurs. Le genre de temps suspendu qui rend particulièrement nerveux les marchés financiers et laisse planer au niveau planétaire un sur-doute sur les répercussions possibles d’une démarche aux multiples conséquences au vu d’hypothèses de reprise de la croissance de plus en plus hypothétiques. Car en l’état actuel de l’économie mondiale, tout mouvement haussier des taux initié par la Banque centrale américaine peut tout emporter sur son passage, et à l’instar d’un cyclone faire des dégâts et donc de nombreuses victimes. D’où la fébrile attente d’une décision dont l’impact sur les marchés actions, les marchés de taux, les devises (parité euro / dollar) est patent. Il est vrai que la mesure a de quoi inquiéter sachant qu’il y a près de 7 ans que les taux des Fed funds sont proches de zéro (0,00% à 0,25% depuis décembre 2008). D’autant que si quelques pâles arguments du type petite amélioration de l’emploi aux Etats-Unis, faiblesse de l’inflation imputable entre autres à la chute des cours du pétrole plaident en faveur d’une hausse des taux, ceux qui laissent penser que le moment est mal choisi et qu’une telle mesure pourrait miner l’état de santé de nombreux secteurs de l’économie sont légion. A l’heure où cette introduction à la chronique audio est publiée, la décision de la FED n’est pas encore connue, cette dernière devant être prise dans la soirée. Mais l’information que tout le monde attendait est bien tombée dans la soirée dans un Ouf de soulagement : « The Federal Reserve announced on Thursday that it is keeping its benchmark interest rate at or near zero, allowing job growth to continue unhindered. » Une démonstration de prudence compte tenu des lourdes incertitudes qui pèsent encore sur l’évolution de la situation économique aux Etats-Unis mais aussi dans le monde. Autant de facteurs qui justifient qu’au lendemain de la décision prise par la Banque centrale américaine qui provoque une chute des places boursières, une réflexion de fond se soit imposée avant de donner de la voix le 18 septembre à 16H. Lire la suite

AGRICULTURE ET ELEVAGE EN FRANCE ET A L’ECHELLE PLANETAIRE


Alors que le monde agricole manifeste en France en lançant une campagne nationale de protestation face à l’érosion des prix de leurs productions, il est particulièrement intéressant de s’arrêter sur un document qui décrit dans le détail les Perspectives agricoles 2015-2024. Des données qui sont le fruit de la collaboration entre l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Les deux organisations mettent en effet en commun leurs connaissances spécialisées sur les produits, les politiques et les pays, ainsi que les informations fournies par leurs pays membres afin de produire tous les ans une analyse des perspectives des marchés nationaux, régionaux et mondiaux des produits agricoles de base pour la décennie à venir. L’étude qui a été réalisée précise qu’en valeur réelle, les prix de l’ensemble des produits agricoles devraient baisser au cours des dix ans à venir, grâce à la croissance de la production, soutenue par la croissance tendancielle de la productivité, la diminution des prix des intrants, dépassant l’augmentation de la demande, moins prononcée qu’auparavant. Bien que ce mouvement soit conforme à la tendance à la baisse sur le long terme, les prix devraient se maintenir à un niveau plus élevé que dans les années qui ont précédé la flambée de 2007 2008. En France face à une crise qui s’amplifie, François Hollande a annoncé un plan d’urgence dont les mesures seront dévoilées mercredi. La carte interactive qu’il vous est possible de consulter ci-dessous permet d’obtenir une photographie fiable de la production agricole dans tous les pays du globe, sachant que les principales revendications des agriculteurs et éleveurs français portent sur les marges de la grande distribution, le respect des accords de revalorisation du 17 juin pour les filières porcine et bovine et l’endettement des exploitants. Face au mécontentement exprimé, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll a annoncé mercredi que 600 millions d’euros seraient mobilisés pour soutenir les éleveurs en difficulté grâce au Fonds d’allègement des charges financières et à divers dispositifs fiscaux. 24 mesures visant à aider immédiatement les éleveurs et producteurs de lait frappés par une crise des prix et un endettement massif mais aussi à les soutenir pour pérenniser leurs activités dont le détail a été révélé seront mises en place. »Le gouvernement demandera une restructuration de l’ensemble des dettes de long et moyen termes pour les éleveurs qui le souhaitent avec un accent pour les jeunes agriculteurs et les investissements récents », a déclaré Stéphane Le Foll.
« Pour faire cette démarche et aider les éleveurs et agriculteurs, le Fonds d’allègement des charges sera porté à 50 millions d’euros », contre huit à présent, a-t-il précisé. Ce fonds porte sur les charges financières, comme les intérêts d’emprunt par exemple, et permet une prise en charge partielle.
« Un dispositif de la BPI de garantie bancaire pour le renforcement de la trésorerie sera mobilisé pour les éleveurs, pour garantir jusqu’à 500 millions de crédits bancaires », le ministre soulignant que cela portait autant sur la dette bancaire que les dettes fournisseurs.
Enfin, un allègement des différentes charges sociales et fiscales va s’engager, qui représentera un effort total de 500 millions d’euros, sachant que dix millions d’euros seraient mobilisés pour promouvoir les productions françaises à l’export. Lire la suite

CRISE D’OBESITE ET CRISE ECONOMIQUE L’OCDE FAIT LE LIEN

La lutte contre l’obésité s’inscrit parmi les actions de prévention santé majeures menées depuis plusieurs années en France par l’Assurance maladie. Aussi, avant que ne se déroule, le 12 juin, l’opération « Manger bouger » organisée par la CPAM du Val-de-Marne, autour du lac de Créteil, un certain nombre d’informations publiées dans le dernier rapport de l’OCDE à ce sujet, tombent à pic.
Le surpoids et l’obésité ne sont en effet pas des phénomènes à négliger compte tenu de leur impact sur l’état de santé des individus qui se trouvent confrontés à ces problèmes.
Mais ce que met en évidence le rapport de l’OCDE apparaît plus que redoutable en cette période de crise économique qui fragilise un peu plus les personnes les plus démunies. Maladies cardiovasculaires, diabète de type 2 et certains cancers, sans parler du mal être récurrent sont en effet les conséquences directes avérées. De plus, l’OCDE souligne que les personnes atteintes d’une obésité sévère meurent en moyenne dix ans plus tôt que les personnes ayant un poids normal.
L’indice de masse corporelle (IMC) de la population serait ainsi notamment révélateur du degré de gravité de l’indice d’activité économique (IAE). D’où l’intérêt de revenir sur les enseignements contenus dans le rapport de l’OCDE pour nous arrêter sur la dimension humaine d’une gestion de deux crises dont les effets récurrents nécessitent l’information et la mise en place de solutions adaptées. Lire la suite

COUP DE PROJECTEUR DE L’OCDE SUR LES PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT A TRAVERS LE MONDE

Les inégalités économiques et sociales observées dans de nombreux pays à travers le monde ont dernièrement fait l’objet d’une analyse de la part de l’OCDE. Cette dernière proposée en langue anglaise dans une vidéo d’une durée de 3’08 permet de mieux comprendre d’où viennent les difficultés actuelles et sur quoi repose le redémarrage de l’activité et la réduction des dépenses publiques., Cette analyse met également l’accent sur les investissements qui doivent être privilégiés pour faciliter une reprise économique et éviter le creusement des déficits et des inégalités. Une leçon à vocation pédagogique qui intervient au moment où l’OCDE constate que la France reste en 2013 en tête en matière de dépenses sociales publiques qui atteignent selon une estimation 33% du PIB. De plus, l’OCDE demeure très pessimiste sur l’évolution du chômage en zone euro d’ici fin 2014. Autant d’informations qui méritent d’être prises au sérieux et renforcent l’idée selon laquelle le changement dépend avant tout des capacités de gestion et d’innovation, seules capables d’inverser la donne. Lire la suite

L’OPTIMISME MIS A MAL PAR DES SCENARIOS DE RECESSION

Dans une récente chronique présentée sous la forme d’un bulletin météo-éco  intitulé : «  Un vent d’optimisme pourrait chasser les perturbations » , AWI tentait de se  raccrocher à un optimisme raisonné, après élections. Elle se basait pour se faire sur un certain nombre de données dont personne ne peut contester l’existence, même si force est de reconnaître que ces dernières demeurent insuffisantes pour contribuer efficacement au retour de la confiance et de la croissance. Mais, c’était sans compter sur  les notes économiques publiées la semaine dernière par l’OCDE, l’OFCE ainsi que  l’INSEE, qui sont venues jeter de l’huile sur le feu. Lire la suite