HARD BREXIT OR SOFT BREXIT ?

Ecouter la chronique de Patrick Gorgeon

Les premières lignes visant à introduire la chronique audio sur les risques d’un hard Brexit se raccrochent à l’actualité la plus chaude.
Oliver Simon D’Arcy Hart, économiste américain d’origine britannique, professeur à l’Université de Harvard s’est en effet vu remettre lundi, avec Benêt Holmström, économiste finlandais, professeur d’économie au Massachusetts Institute of Technology depuis 1994 et titulaire de la chaire Paul Samuelson du MITI depuis 1997, le prix Nobel d’économie 2016.
Tous deux ont été récompensés pour avoir développé la théorie du contrat, un cadre exhaustif d’analyse des multiples aspects du contrat comme la rémunération des dirigeants basée sur leur performance, les franchises ou les copayeurs dans les assurances, ou encore la privatisation de secteurs publics.
Or selon Oliver Hart, le vote du Royaume-Uni visant à quitter l’UE, nuira à l’investissement et à la croissance de la Grande-Bretagne. Et ajoute:« Le Royaume-Uni va souffrir ! » Lire la suite

THERESA MAY PART FAVORITE POUR SUCCEDER A DAVID CAMERON AU POSTE DE PREMIER MINISTRE

Photo – REUTERS/Phil Noble

Alors que le Brexit provoque de manifestes incertitudes et remous bien au-delà du seul Royaume-Uni, Theresa May, ministre de l’Intérieur, part favorite parmi les trois candidats en lice pour succéder à David Cameron, Premier ministre démissionnaire à l’issue du référendum du 23 juin dernier. Après avoir reçu le soutien de la moitié des 330 députés conservateurs, soit 165 voix, Theresa May a déclaré être seule capable d’unir le Parti conservateur et d’assurer l’unité de la Grande-Bretagne. Mais qui est donc cette femme ? Tout d’abord une eurosceptique qui a finalement rejoint la campagne pro-UE. Concernant l’activation de l’article 50 visant à enclencher la procédure de divorce, Theresa May prône tout comme Michael Gove, ministre de la Justice et Andrea Leadsom, ministre de l’Energie, autres candidats au poste de Premier ministre, pour leur part foncièrement pro-Brexit, l’idée selon laquelle un « wait and see » s’impose, en dépit de la pression exercée par les Européens qui souhaitent un dénouement rapide. Faut-il voir en Theresa May une nouvelle Margaret Thatcher ? Quoi qu’il en soit, le résultat de cette course à l’investiture ne sera pas officiellement connu avant le 9 septembre. Le processus de sélection du Premier ministre doit en effet se poursuivre jeudi et mardi prochain, en attendant le vote des 150 000 militants conservateurs durant l’été qui permettra de départager les deux finalistes. Et c’est bien là que la situation se corse. Car le Brexit malmène l’économie britannique et génère une tension patente sur les places financières mondiales, la livre sterling ayant qui plus est atteint un nouveau plus bas depuis 31 ans en glissant sous 1,30 $. L’inquiétude gagne ! Et bien que Theresa May ait déclaré qu’un gros travail restait à faire pour unir son parti et le pays, mais aussi négocier le meilleur accord possible dans le cadre de la séparation avec l’UE, les mesures notamment fiscales annoncées jusqu’ici pour tenter de redresser la barre n’ont pour l’heure aucun impact et l’immobilier thermomètre révélateur penche sérieusement vers le mauvais temps. Nos précédentes émissions consacrées au Brexit demeurent consultables sur AWI. Dernier point d’actualité le 7 juillet en vidéo Lire la suite

POST BREXIT ET INCERTITUDES

Trompés par les sondages, trahis par les places boursières, dupés par des déclarations de politiques de tous bords, les Britanniques mais aussi par voie de conséquence, les Européens dans leur ensemble, se trouvent pris depuis le 24 juin, dans la tourmente post Brexit qui survient à un très mauvais moment.
Les Bourses européennes ont une nouvelle fois terminé en net repli lundi. Après avoir perdu 8,04% vendredi, le CAC 40 qui a lâché plus de 3% en séance, a clôturé sur une chute de 2,97% .
Plombé par les financières, Wall Street creusait ses pertes au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones abandonnant 1,42% et le Nasdaq 2,3%.
La livre sterling, a pour sa part cédé jusqu’à près de 4% face au dollar pour inscrire un nouveau plus bas depuis 1985 à 1,3122 dollar. Sur le marché obligataire, le rendement des obligations britanniques à dix ans est tombé pour la première fois sous la barre de 1%.
La livre perd aussi 2,5% face à l’euro et plus de 3,5% contre le yen.
L’euro s’est également déprécie de 0,9% par rapport au billet vert, autour de 1,1015 dollar.
A 46,73 dollars, le baril de Brent n’est pas en reste.
Poussé avec insistance vers la sortie par les 27 pays membres en tête desquels, la France et l’Italie, le Royaume-Uni, sonné par le coup du « Leave » donne à en découdre aux europhiles dans une ambiance particulièrement délétère.
Graham Grady, président d’une commission parlementaire fixant les règles de fonctionnement du Parti conservateur a annoncé que la nomination du nouveau Premier ministre britannique aurait lieu d’ici le 2 septembre.
Lors de la séance des questions à la chambre des Communes, pressé de nombreuses fois par des députés d’organiser un second référendum, David Cameron, Premier ministre démissionnaire, a répété à plusieurs reprises que cette hypothèse ne pouvait pas être retenue, soulignant que les résultats du référendum devaient être respectés.
David Cameron a également indiqué qu’il n’entendait pas, à ce stade, invoquer l’article 50 du traité de Lisbonne après le référendum sur le Brexit, ajoutant que cette décision ne pourrait être prise que par son successeur au 10 downing Street.
Les négociations relatives au départ de la Grande Bretagne de l’Union européenne doivent selon lui être menées sereinement. David Cameron a confirmé qu’il entendait prendre son temps, souhaitant que les relations économiques avec les Vingt-Sept restent les plus fortes possibles.
Il a fait observer qu’il existait différentes visions concernant l’impact du Brexit sur l’économie britannique.
David Cameron doit participer mardi à un Conseil européen au cours duquel il devra exposer la position de son gouvernement. L’incertitude est donc au top level. Lire la suite

L’ EUROPHORIE SERAIT-ELLE DE RETOUR ?

Le néologisme « europhorie » trouve aujourd’hui tout son sens. En effet, la parution lundi, dans la presse britannique, de 3 sondages donnant le « In » en position beaucoup plus favorable contre le « Out » à la veille du référendum sur le Brexit qui aura lieu le 23 juin en Grande Bretagne, conduit à s’interroger sur l’influence que peuvent avoir ces derniers sur le moral des investisseurs et par voie de conséquence l’état de santé des places boursières. En ce lundi 20 juin, le CAC40 s’est en effet totalement emballé en affichant un gain de 3,60 % en clôture. Et toutes les places financières ont été logées à la même enseigne, le DAX terminant sur un gain de 3,43%.La Bourse de New York a débuté en nette hausse lundi dans le sillage des places asiatiques et européennes.
Quant à la Livre sterling elle profite elle aussi de l’apaisement des craintes d’un Brexit. Contre le dollar, la devise britannique gagnait 2,1% à 1,4673, enregistrant sa plus forte progression en une séance depuis la crise financière de 2008-2009. De plus, elle gagnait également 1,5% face à l’euro à 77,36.
Même l’or, qui comme les Bunds et le yen avait bénéficié d’achats refuge la semaine dernière, perd 1,26% autour de 1.282 dollars l’once.
A 3 jours du référendum, cette situation montre à quel point sur la base d’hypothèses et de rumeurs, les investisseurs peuvent être amenés à jouer l’excès dans un sens comme dans l’autre. Elle témoigne aussi et surtout de l’extême vulnérabilité du système financier conduit à réagir fortement à toute information positive comme négative. Certes on ne peut que souhaiter le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. D’ailleurs, toutes les émissions consacrées directement ou non au Brexit sur la webradio webtv AWI en témoignent. Il est également vrai que les cours du Brent restent eux-aussi orientés à la hausse, sensiblement au-dessus de 50 dollars le baril.
Alors faut-il y croire ou plutôt suivre les conseils d’un expert qui déclare pour sa part : « « Je n’achèterai pas sur cette vague de hausse et je continuerai à réduire un peu mon exposition au risque ». Pourtant, acheter au son du clairon et vendre au son du canon a toujours été monnaie courante. Lire la suite