ARABIE SAOUDITE : EN ATTENDANT D’EN SAVOIR PLUS

Le numéro de Questions internationales* paru en janvier-février 2018 portait un titre évocateur: « Arabie Saoudite : Transformation ou illusion »
Deux choses importantes étaient rappelées d’emblée dans l’éditorial :
« Ce pays dispose de réserves en hydrocarbures parmi les plus importantes dans le monde »
« Il est dirigé depuis sa fondation par une monarchie absolue soumise à une religion omniprésente »
D’où l’enthousiasme suscité par l’arrivée aux affaires, le 23 juin 2017, du jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, amené notamment à assurer la promotion d’un ambitieux programme de réforme et de modernisation.
Elaboré dés 2016, ce dernier baptisé « Vision 2030 », a pour objectif d’assurer la transformation du pays. Dans le panier des bonnes intentions et actions figure entre autres en bonne place : l’amorce d’une relation plus détendue et plus tolérante avec la religion; l’amélioration du statut des femmes; les efforts en faveur de l’emploi des jeunes; la lutte contre la corruption des milieux dirigeants, y compris au sein de la famille régnante; le développement d’un sens de l’intérêt général qui seul peut enraciner un Etat-nation; la préparation de la transition vers l’après pétrole par de nouvelles formes de développement; l’ouverture au monde; le recours aux technologies innovantes et au tourisme de luxe. Autant d’axes de développement futuristes qui ne sont pas sans rappeler les pistes exploitées par les plus avancés des émirats voisins confrontés aux mêmes défis.
Consciente que ces nouvelles orientations nécessitent des moyens et la prise en considération d’obstacles dans un Moyen-Orient en proie à de multiples conflits, l’Arabie saoudite longtemps apparue comme un pole de stabilité, se doit de se surpasser. Jusqu’à ce qu’un sinistre événement vienne jeter le trouble.
Dans l’attente d’éclaircissements vérifiés et crédibles concernant l’odieux assassinat, le 2 octobre, à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul, de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien éditorialiste au Washington Post, connu pour s’être montré particulièrement critique à l’égard du prince héritier Mohammed ben Salman, plusieurs questions se posent. Lire la suite