L’AWI-MAGE DE LA SEMAINE – HOMMAGE A DAVID DOUGLAS DUNCAN

David-Ducan Douglas


Ce photographe américain de talent qui avait pris sa retraite dans le domaine de Castellaras sur la commune de Mouans-Sartoux, dans le midi de la France, est décédé jeudi à l’âge de 102 ans.

Sa carrière avait débuté par un scoop, s’agissant de la photo de l’homme qui n’était autre que John Dillinger, un braqueur de banque réputé aux Etats-Unis.

En tant que photographe de guerre, il avait couvert la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam. Mais Duncan était également devenu un grand photojournaliste de paix, célèbre notamment pour ses reportages sur Pablo Picasso et Martin Gray. Lire la suite

« LAST DAYS IN VIETNAM » OU QUAND LA REALITE DEPASSE LA FICTION

En marge des films primés à l’issue du 40e Festival du Cinéma Américain de Deauville « WHIPLASH », »THE GOOD LIE », nous avons choisi de mettre l’accent sur le documentaire réalisé par Rory Kennedy, la 11e fille de Robert F. Kennedy. Ce document d’une grande qualité nous ramène en 1975. Richard Nixon, Président des Etats-Unis, annonce aux Américains la fin de la guerre du Vietnam (deuxième guère d’Indochine)et le retour des soldats US au pays. Ce film nous montre que c’est en réalité son successeur, Gerald Ford, qui fût confronté à de véritables difficultés pour gérer ce départ précipité du Sud-Vietnam. Grâce aux images d’archives et aux témoignages de militaires en poste à l’époque mais aussi d’hommes politiques comme Henry Kissinger, alors secrétaire d’Etat, ce documentaire reflet d’une réalité vécue, illustre avant tout les difficultés liées à une sortie de guerre, à l’abandon d’un pays et surtout d’un peuple avec lequel des relations étroites se sont établies. On comprend ainsi le poids des responsabilités qui ont pesé sur les épaules des militaires comme civils, qui se sont trouvés impliqués dans cette sortie de guerre. Outre le choc des séquences qui se succèdent durant 1H38, Last days in Vietnam nous rappelle comment un groupe de militaires de l’armée américaine, héros non-conformistes, sont allés à l’encontre de leurs autorités de tutelle pour sauver d’innombrables vies humaines. Le rôle joué par Graham Martin, ambassadeur des Etats-Unis au Sud-Vietnam opposé au départ à l’idée d’une capitulation face à l’adversaire Nord-Vietnamien qui a voulu éviter la panique générale après la diffusion à la radio du chant du départ, en l’occurrence  » White Christmas »de Bing Crosby. Parmi les temps forts, on retiendra également, la foule cherchant à pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade américaine à Saïgon; le sauvetage par l’équipage de l’USS Kirk de nombreux réfugiés Sud-Vietnamiens transportés en hélicoptères, mais aussi par bateaux. Ou encore des scènes étonnantes, comme celle qui nous montre ces hélicoptères jetés à la mer pour permettre la récupération de davantage de civils à bord de navires de guerre. Sans parler de l’exploit du pilote d’un Chinook à bord duquel une mère jete son bébé par la fenêtre pour que ce dernier soit, à l’instar d’autres passagers, recueilli par l’équipage de l’USS Kirk. Une séquence à couper le souffle, prise par un des membres d’équipage qui fût retrouvée dans un grenier quelques décennies plus tard. Ce film illustre parfaitement le capharnaüm qui régna pendant plusieurs jours à Saïgon avant que les troupes Nord-Vietnamiennes ne s’emparent de la ville. Ce documentaire qui nous plonge dans l’ambiance des derniers jours de la présence américaine à Saïgon mérite d’être vu pour plusieurs raisons qui ne tiennent pas qu’à sa valeur témoignages. Car l’implication des Etats-Unis et de la France en Irak voire en Syrie pour lutter contre l’Etat islamique remet au goût du jour une question d’une actualité brûlante : comment sortir d’une guerre sans mettre en péril la vie de civils qui se trouvent pris en otages ? La guerre du Vietnam fît plus de 1.200.000 victimes civiles, et l’US Army totalisa 134 982 tués ou blessés graves, dont 66 227 Marines soit presque 25% de l’ensemble des effectifs qui servirent au Vietnam. Le cout total de la guerre du Vietnam est estimé à 111 milliards de dollars de l’époque, soit environ 740 milliards de dollars aujourd’hui. Barack Obama, aujourd’hui président des Etats-Unis qui est un homme avisé, a parfaitement retenu les leçons données par les guerres, y compris récemment en Irak. On comprend donc qu’il mesure parfaitement les risques liés aux conflits armés impliquant l’intervention de forces armées terrestres. Il n’est pas surprenant que « Last days in Vietnam » ait donné lieu à une standing ovation, lors de sa présentation au Festival de Sundance aux Etats-Unis, en janvier dernier. A Deauville, le public très franco-français est resté bien silencieux, tout comme le jury ! Lire la suite