LA TURQUIE CONFRONTEE A UNE CRISE PLURIELLE

L’effondrement de la livre turque ne trouve pas son explication dans la seule décision du président Trump, de doubler les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs.
Bien que la détérioration des relations entre les Etats-Unis et la Turquie ne date pas d’hier, les problèmes de ce pays du Moyen-Orient qui compte 81 millions d’habitants, vont bien au-delà d’un différend commercial. Avant de revenir sur les multiples causes de la crise à la fois monétaire et financière qui frappe la Turquie et menace de se propager, les évènements qui se succèdent actuellement imposent une vigilance accrue. Après avoir chuté à un plus bas historique à 7,24 pour un dollar lundi, la livre turque rebondit mardi de 5,22% à 6,54 pour un dollar.
Les annonces de la banque centrale turque, qui fournira toute la liquidité nécessaire aux banques afin d’assurer une stabilité financière, permettent aux investisseurs de respirer et revenir prudemment vers les actifs plus risqués. Néanmoins, les hausses des places boursières européennes demeurent modestes, le CAC40 gagnant 0,21% à midi.
La conférence téléphonique que doit tenir jeudi le ministre turc des Finances, Berat Albayrak,avec des investisseurs des Etats-Unis, d’Europe et du Moyen-Orient permettra t’elle de redonner confiance à ces derniers ? Recep Tayyip Erdogan, acceptera t’il de revoir de fond en comble sa vision de l’économie, autrement dit d’augmenter entre autres les taux d’intérêt pour pallier aux risques d’une inflation galopante ?
D’autant que les opérateurs craignent que la crise turque, qui met en exergue les faiblesses du pays (inflation, déficit courant, dette extérieure en devises et faiblesse relative des réserves de changes), ne contamine d’autres pays émergents.
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GUERRE COMMERCIALE TRANSATLANTIQUE : TRÊVE OU ARMISTICE ?

Si les marchés ont visiblement apprécié ce jeudi les déclarations du président de la Commission européenne et du président des Etats-Unis, à l’issue de leur rencontre, mercredi, à Washington, rien n’est encore véritablement joué.
Plutôt que d’un véritable accord, il s’agit davantage d’une amorce de processus de négociation qui doit éviter le déclenchement d’une guerre commerciale transatlantique qui ne ferait que des perdants.
Un avis partagé par la Banque de France qui précise qu’un relèvement généralisé de 10 points de pourcentage des droits de douane à l’importation pourrait réduire le PIB mondial de 1 % après deux ans. En outre, une baisse de la productivité, une hausse du coût de financement du capital et une plus faible demande d’investissement viendraient augmenter le coût du protectionnisme. Au total, la réduction du PIB mondial en volume atteindrait 3 % en deux ans.
On comprend donc aisément que toute initiative politique visant au rapprochement et à la négociation d’un accord dans le respect des intérêts des forces en présence, ne puisse qu’être saluée et soutenue Cliquez ici pour écouter la chronique audio