GARDER ESPOIR QUE LA FIEVRE RETOMBE


Les belles images qui fleurissent parfois dans notre champ d’émissions ne doivent pas masquer certaines réalités moins réjouissantes.
En titrant « Ca passe ou ça casse » la chronique proposée le 9 juin sur AWI dénonçait les risques planant sur la possibilité que la Grèce et les ténors de l’Europe parviennent à un accord sur fond d’exigences financières jugées inacceptables par le débirentier. Au-delà de l’effondrement avéré des places financières que provoque le climat délétère entretenu par le risque de « Grexit » de la Grèce, c’est en réalité l’équilibre global qui apparaît de plus en plus menacé.
Il en est de même dans un tout autre domaine, s’agissant cette fois de la conférence mondiale sur le climat ( COP21) et des défis qu’il appartient aux Etats de relever pour tenter de conjurer le mauvais sort qui menace de s’abattre sur les peuples au niveau planétaire. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) conclut d’ailleurs aujourd’hui dans son rapport « World energy outlook special report : Energy and climate change Energy and climate change » que les contributions déposées à ce jour par 39 pays sur les 196 vers la COP21 ne permettront pas de contenir l’augmentation de la température moyenne mondiale en-dessous du seuil des 2°C, les émissions de GES risquant de conduire à une augmentation de la température moyenne mondiale d’environ 2,6°C d’ici 2100 et 3,5°C après 2200. Autrement dit, en l’état actuel, le compte n’y est pas et le risque de dérèglement climatique demeure patent.
Pour alimenter le climat de suspicion, l’actuel PDG de Renault-Nissan a pour sa part mis de huile sur le feu en déclarant lors d’une récente conférence de presse : « Alors que Paris et le monde se préparent pour la conférence COP21 sur le changement climatique mondial, nous devons nous assurer que des politiques ambitieuses sur le changement climatique n’entrent pas en conflit avec la nécessaire protection de l’emploi et de la croissance en Europe ».
Et d’estimer que l’objectif consiste avant tout à trouver un juste équilibre qui repose essentiellement sur le maintien de l’activité et la préservation des emplois.
Il est vrai que de nombreux facteurs récents confortent ce type de discours. Des cours du pétrole qui poursuivent leur baisse et des menaces d’instabilités géopolitiques qui gagnent du terrain sur bien des continents, y compris en Europe.
Autant d’événements qui ne favorisent guère une sortie de crise et un authentique passage au vert.
La période que nous traversons n’envoie donc aucun signe propre à susciter de solides espoirs d’accalmie à court terme. Nous entrons dans une période de très fortes turbulences dont personne ne semble en mesure d’apprécier les conséquences à plus ou moins brève échéance, et face auxquelles il importe de témoigner de résilience.
La France qui a pour seuls véritables moteurs économiques son industrie de l’armement et son aéronautique civile contribue comme d’autres à alimenter une machine infernale qui alourdit le climat voire n’attend plus qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Mais il faut toutefois rester optimiste, sachant que les accès de fièvre qui frappent les humains comme la planète n’ont en-soi rien d’inéluctables.Voilà pourquoi la chronique audio se penche sur la fée électricité qui tente de jouer de sa baguette magique dans l’univers de la mobilité pour assurer transition énergétique et développement durable.Suivez le guide ! Lire la suite écouter l’émission

LA FRANCE EST-ELLE EN CAPACITE DE SE FAIRE UN ENNEMI SUPPLEMENTAIRE ?

« La France sera l’ennemie de la Syrie si elle participe à une intervention contre le régime de Damas », déclarait Bachar al Assad dans une interview accordée au Figaro paru mardi.
Sans nier la possession d’armes chimiques qu’il dément avoir utilisées, le dirigeant syrien ajoutait entre autres : « Dans la mesure où la politique de l’État français est hostile au peuple syrien, Il y aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France. »
Et sa vision des réalités concernant cette partie du Monde n’est en rien erronée « Le Moyen-Orient est un baril de poudre….Or tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l’extrémisme se répandront. Un risque de guerre régionale existe. »
Même si de rebondissements en rebondissements, de votes en votes, l’intervention américaine semble se préciser et la Russie paraît revoir sa position quant à son soutien inconditionnel au régime syrien, une question reste en suspens: qu’avons nous véritablement à gagner en cas d’intervention militaire française en Syrie ?
Les armes politiques ont elles été utilisées jusqu’à la dernière cartouche ?
Car même si l’OCDE entre autres se montre plus optimiste sur la croissance française, notre pays compte également sur son sol de sérieux ennemis et sait devoir disposer de moyens efficaces pour combattre, sans relâche : chômage, déficits publics, impôts notamment. Or une entrée en guerre contre la Syrie susceptible de déstabiliser le fragile équilibre du Moyen-Orient pourrait au bout du compte compromettre toute perspective de relance de l’activité économique en nous plaçant sous de dangereux feux croisés, qu’il s’agisse des prix des matières premières au premier rang desquelles le pétrole et de questions de sécurité.
Cette chronique audio fait suite à celle intitulée : « Sur le pied de guerre » diffusée le 28 août dernier. Lire la suite écouter l’émission

LE LANGAGE GUERRIER EST UN LANGAGE NORMAL

Face aux situations de crise grave, l’art de la métaphore  guerrière tend à se développer, y compris au plus haut niveau de l’Etat. Cet art est même redevenu manifestement un constituant  et une illustration de la communication politique. De droite comme de gauche, femmes et hommes politiques, cherchent par ce biais à mobiliser la population avec des termes et expressions chocs souvent empruntés au vocabulaire guerrier et à fort relent de patriotisme. Avec Nicolas Sarkozy nous devions : »Aller chercher la croissance avec les dents ». Avec François Hollande, nous avons dernièrement eu droit au : «  Je suis en situation de combat ». Reste à savoir si dans le monde dans lequel nous vivons, l’esprit de combat peut se contenter de formules à connotation guerrière. Si les Français sont prêts à s’engager dans une lutte sans merci pour préserver leurs activités et leurs emplois. Et offrir de nouvelles perspectives d’avenir aux générations futures. Lire la suite écouter l’émission

DU LUXE ET DES ARMES

Faut-il parodier ce qu’ont dit, en leur temps, certains grands hommes pour faire un arrêt sur image qui donne une  vision correcte de la situation qui prévaut aujourd’hui ? Winston Churchill déclarait en effet  devant la Chambre des Communes, à la veille de  la seconde guerre mondiale :  » Je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Car la guerre économique mondiale qui fait rage depuis le réveil des peuples, place chaque pays  et ses ressortissants  devant un double défi : prospérer et gagner en infuence.  Pour ce faire, chaque nation a le choix des armes. Et si la dernière  étude de l’INSEE sur  le coût du travail dans l’industrie manufacturière et les services marchands au niveau européen, démontre que la France n’a finalement rien à envier aux autres, pas même à l’Allemagne, mieux vaut regarder de près ce qui reste porteur pour notre économie, et a valeur de vitrine de notre savoir-faire sur les cinq continents. Lire la suite écouter l’émission