LES ETATS-UNIS AU CHARBON – LA FRANCE AU DEFI

Toujours au pied du mur  sur fond de shutdown  qui n’en finit plus, mais aussi de guerre  commerciale, la hache de guerre avec la Chine peinant à être enterrée, c’est dans une atmosphère polluée que les citoyens des Etats-Unis retiennent leur souffle.

Sans noircir le tableau et conscient du poids de la décision prise par l’administration Trump au regard de l’accord de Paris de 2015, ce qui suit constitue sans nul doute l’un des paradoxes qui témoigne de la difficulté rencontrée par les Etats-Unis de faire face au changement climatique.

Car, bien que le nombre de centrales électriques  fonctionnant au charbon fermées  depuis  l’élection de Trump ait été supérieur au nombre total de centrales mises hors service au cours du premier mandat de Barack Obama, les émissions de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, ont augmenté  aux États-Unis de 3,4% en 2018, après avoir diminué au cours des trois dernières années.

Selon les données de la US Energy Information Administration (EIA), plus de 23 400 mégawatts (MW)  produits à partir  du charbon ont ainsi été supprimés en 2017-2018, contre 14 900 MW entre 2009-2012.

On retiendra au passage qu’un mégawatt permet de  fournir l’électricité à environ 1 000 foyers américains.

Pour expliquer  le phénomène, les experts  évoquent le froid qui a stimulé la demande de gaz pour le chauffage , mais aussi la forte croissance enregistrée l’année dernière, les émissions des usines, des avions et des transports routiers ( camions) étant monté en flèche. Il est également vrai que peu de politiques ont été mises en place pour assainir ces secteurs.

Pourtant, aux États-Unis, les émissions dues aux combustibles fossiles ont considérablement diminué depuis 2005 et chacune des trois années précédentes, en partie en raison de l’essor du gaz naturel et des énergies renouvelables à bas prix, qui ont rapidement remplacé les centrales au charbon polluantes.

Cette information venue  d’outre-Atlantique trouve un écho chez nous, à l’heure où la transition  écologique, s’inscrit parmi les  nombreuses questions évoquées par le président de la République dans la lettre qu’il a adressée  à tous les Français concernant le grand débat national officiellement lancé aujourd’hui. Lire la suite

UN GRAND DEBAT NATIONAL A PRENDRE AU PIED DE LA LETTRE


Lorsque cette chronique a été rédigée et mise en ligne sur AWI, dimanche 13 janvier, à 11H, la lettre adressée par le président de la République à tous les Français dans le cadre du grand débat national, était encore inconnue. C’est la raison pour laquelle, nous avons estimé indispensable de la publier, dés que nous avons pu en prendre connaissance, afin que cette dernière figure intégralement dans le prolongement de cette chronique.

A cette heure ( dimanche 13 janvier à 11H), je suis comme beaucoup d’entre vous.

J’attends de recevoir mardi, par courrier postal, mail, sms, ou sous tout autre forme, la lettre du président de la République qui doit préciser comment sera organisé le grand débat national et quelles questions seront soumises à notre appréciation.

Je suis comme vous en cette fin de week-end : je piaffe d’impatience, mais demeure quelque peu circonspect sur le caractère réellement encourageant et bénéfique d’une aussi gigantesque consultation.

Tout d’abord, la présentation et les arguments avancés me donneront-ils envie de participer ?

Les sujets proposés à ma réflexion, correspondront-ils aux préoccupations qui sont les miennes, celles de mes voisins, ce que je peux comprendre, n’étant pas systématiquement du même ordre ?

Comment m’assurer que mes remarques et suggestions puissent être prises en considération et donc corriger ce qui m’apparaît primordial ?

Finalement qu’adviendra t’il de ce grand débat national qui doit, tout de même, durer 3 mois ?

Faut-il en déduire que durant cette période, autrement dit d’ici mi-mars, tous les projets de réformes en gestation au sein du gouvernement seront mis en stand by ?

Cela signifie t‘il en clair, qu’à la lecture des requêtes et solutions formulées par une majorité de Français s’étant exprimés, tout ce qui a jusqu’ici nourri le cap politique et n’apparaît visiblement pas du gout de tout de monde, sera revu de fond en comble ?

Les interrogations ne s’arrêtent pas là !

Cette respiration démocratique permettra t’elle, d’une part, d’apaiser le climat de tension actuel et de mettre un terme aux manifestations, d’autre part, de responsabiliser tous les Français, y compris les Gilets jaunes, face aux enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux, appelés à définir l’avenir et le mieux être d’une société en panne de projets aussi constructifs que rassurants ?

AWI, ça fait beaucoup de questions !

Mais quoi de plus logique, à l’heure où un grand débat national doit sonner l’heure de vérité et, surtout permettre à chacun de reprendre confiance. La lettre adressée par Emmanuel Macron, président de la République française, à tous les Français, dans le cadre du grand débat national, est reproduite ci-après. Cliquez ici pour lire la lettre adressée par le Président de la République à tous les Français dans le cadre du grand débat national

COMMENT CONJUGUER LE MORAL ET LA MORALE ?

Alors que démarrent aujourd’hui les soldes hiver 2019, considérés comme une période faste en termes de consommation, les dernières données publiées par l’Insee sur le moral des ménages français en décembre 2018, d’une part, et celles relatives aux dividendes versés aux actionnaires d’entreprises du CAC40, d’autre part, mettent en évidence le fossé qui sépare deux mondes au sein de la société. Lire la suite

COMMENT EDOUARD PHILIPPE REPONDRA T’IL AU CLIMAT DE TENSION INEDIT QUI FRAPPE LA FRANCE ?

En ces premiers jours de 2019 qui, fort logiquement, conduisent à présenter ses vœux de bonne et heureuse année, AWI ne pouvait éluder l’un des sujets chauds de l’actualité française. Surtout lorsqu’on constate que ce dernier fait toujours la une depuis la première manifestation des « Gilets jaunes » le 17 novembre 2018.

Car aujourd’hui, personne ne sait, personne ne peut dire comment tout cela finira.

Dans cette période profondément troublée, mieux vaudrait avant tout éviter toute surenchère et autres provocations, d’un côté comme de l’autre.
Surtout lorsque de premières décisions visant à apaiser une colère légitimement exprimée par de nombreux Français en matière de justice fiscale, économique, sociale, annoncées le soir de la Saint Sylvestre, par le président de la République, sont venues témoigner d’une écoute et d’une volonté de répondre à des attentes.

Il est vrai qu’une erreur d’appréciation des réalités vécues par de nombreux Français a été commise de la part de l’exécutif. L’étincelle taxe carbone sur les carburants trop tardivement éteinte, a très vite mis le feu aux poudres . C’est elle qui a enflammé un mouvement sans représentant officiel qui, dans la foulée, a émis de multiples revendications liées aussi bien au pouvoir d’achat, à l’immigration, à la PMA GPA , au RIC…

En dépit de la décision qui a été prise en haut lieu d’organiser un débat national décliné à l’échelle des territoires afin de permettre aux Français dans leur ensemble d’exprimer leurs préoccupations sur des sujets jugés essentiels, il sera, quoi qu’il en soit, impossible de satisfaire d’un coup de baguette magique tout le monde en même temps.

Mais ce qui apparaît pour le moins devoir être évité, dans cette période profondément troublée, c’est une surenchère verbale permanente, d’un côté comme de l’autre, qui finit par créer des manifestations ponctuées d’actes de violence sur les biens et les personnes totalement inacceptables.

Si comme l’affirmait Carl Von Clausewitz , un officier prussien qui a opéré contre Napoléon au début du XIXème siècle : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » tout ce qui est susceptible d’ouvrir la voie à une forme de guerre civile en opposant les Français à l’exécutif, voire les Français entre eux, se doit d’être circonscrit au plus vite. Lire la suite