FRAPPES MILITAIRES COORDONNEES EN SYRIE : QU’ON SOIT POUR OU CONTRE

Lorsqu’on examine les déclarations faites avant, pendant et après le « one-time shot » (coup unique) par les différents chefs d’Etat qui ont pris la décision de mener des frappes militaires ciblées sur des sites identifiés comme étant de potentiels lieux de production ou stockage d’armes chimiques en Syrie, et qu’on regarde le résultat, on peut parler d’une réussite.
Car il aura tout même fallu attendre 7 ans voire plus pour assister à une prise de conscience des dangers que font peser la détention et l’utilisation d’armes chimiques par certains dictateurs qui à l’instar de Bachar El Assad, demeurent quoi qu’il en soit encore à ce jour impunis. Pour que çà bouge vraiment, il aura fallu attendre que de dramatiques massacres d’hommes femmes et enfants se reproduisent sous nos yeux.
L’opération à haut risque qui a été menée par la coalition n’a quoi qu’il en soit vraisemblablement pas pu être envisagée ni conduite sans une étroite collaboration entre les parties prenantes : Etats-Unis, France, Grande Bretagne, mais aussi avec Russie, la Syrie ayant très vraisemblablement été également informée de l’immente intervention militaire.
En se parant pour la circonstance de leurs costumes de chefs de guerre, les défenseurs du droit international interdisant l’utilisation d’armes chimiques, à savoir Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May étaient bien conscients de la nécessité d’agir en évitant toute erreur susceptible de déclencher une guerre mondiale. Lire la suite

UN COMPTE A REBOURS DE 72 HEURES DECISIF

Le retour au devant de la scène internationale de deux personnages clés de bandes dessinées traduites en plusieurs langues n’a malheureusement rien d’une plaisanterie. Goudurix et Assurancetourix se trouvent en effet plongés au cœur de conflits armés qui témoignent en Syrie comme au Yémen notamment de leur monstruosité au regard du nombre de victimes civiles qui démontrent le recours à des armes chimiques clairement prohibées.
En articulant sa ligne éditoriale de la semaine autour de la rencontre d’Emmanuel Macron avec le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman en visite à Paris puis la dénonciation des effets délétères du commerce des armes, AWI voulait avant tout planter le décors d’une situation de crise grave.
Aussi lorsque Emmanuel Macron en vient à annoncer mardi que la France fera part “dans les prochains jours”, en coordination avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, de sa décision quant à une éventuelle riposte militaire contre les “capacités chimiques” du régime syrien, le chef de l’Etat rend incontournable l’évocation de ce sujet brûlant à l’occasion de son intervention télévisée jeudi.
En cause, l’appui militaire de la Russie au régime syrien, et la violation de la résolution 2401 du Conseil de sécurité de l’Onu, qui exige l’arrêt des combats en Syrie.
Mais la dernière réunion du Conseil de sécurité qui s’est traduite entre autres par un véto russe a fait monter la tension d’un cran.
Vassily Nebenzia, l’ambassadeur de Russie aux Nations unies, a justifié ce 12e veto russe en sept ans de conflit qui a fait plus de 350.000 morts par la volonté de « ne pas entraîner le Conseil de sécurité dans des aventures ».
Moins de 72 heures nous séparent donc aujourd’hui d’une possible frappe aérienne ciblée des Occidentaux en Syrie sans que personne ne puisse dire avec certitude ce qu’il résultera réellement de ce type d’action armée. Alors que tout doit être fait pour ne pas laisser l’usage d’armes chimiques se poursuivre, la diplomatie apparaît ne plus être en mesure de faire entendre raison aux auteurs et acteurs de massacres d’hommes, femmes et enfants dont le caractère intolérable est patent. D’où la légitimité de la lourde décision à prendre pour y mettre fin. Lire la suite