INTRODUCTION AU 22 EME FESTIVAL DU CINEMA RUSSE DE HONFLEUR SUR FOND D’ACTUALITE

Alors que le Festival du cinéma russe s’apprête à ouvrir ses portes, du 25 au 30 novembre, à Honfleur, on est en droit d’imaginer que des scènes d’une actualité brûlante rythment cette année, un certain nombre de films sélectionnés pour cette 22eme édition.
Or, il n’en sera rien !
Parmi les huit films en compétition, aucun n’est susceptible compromettre les relations diplomatiques franco-russes. Avec : « Au revoir, maman » de Svetlana Proskourina, « Classe d’insertion » d’Ivan Tverdovski, « Comment je m’appelle » de Niguina Saïfoullaeva, « L’essai » d’Aleksandr Kott, N/B de Evgueni Cheliakine, « Encore un an » d’Oksana Bytchkova, Un film sur Alexeev de Mikhaïl Segal, « Welcome home » d’Anguelina Nikonova, vous ne trouverez rien qui vous renvoie au conflit armé en Ukraine ou encore au différend récurrent qui provoque le retard de livraison du porte-hélicoptères Mistral.
Une situation qui conduit d’ailleurs une agence de presse russe à estimer que le président français se retrouve entre le marteau et l’enclume, étant précisé que « Imposer un non définitif à la Russie signifierait nuire à l’économie de son pays et s’attirer les foudres des Français dont le portefeuille sera touché par l’annulation de cette transaction avec Moscou. »
Si vous venez à Honfleur, vous n’aurez donc pas à vivre en salle obscure des scènes de conflits armés reflétant les évènements qui ont lieu actuellement et font la Une des médias. Vous ne trouverez pas non plus de critiques sur Vladimir Poutine, personnage clé de la Russie d’aujourd’hui, dont la politique et l’attitude soulèvent de nombreux commentaires peu amènes. Car durant ce Festival, vous aurez le choix entre films de l’année en compétition, mais aussi panorama, premiers longs-métrages, films Jeune Public, dessins animés pour les plus petits, section documentaires consacrée à l’œuvre de Galina Dolmatovskaya, avant-premières, succès du box-office, rétrospective, le tout sur fond de problèmes de société, de sentiments et de valeurs morales avec quelques retours vers le passé.
Vous ne devriez donc pas sortir de vos séances de cinéma russe indemne sur le plan émotionnel. Mais peut être avec l’envie d’apprendre le russe, de visiter ce grand pays dont la géographie, l’histoire, les paysages, l’architecture, les habitants, les conditions de vie, la philosophie enrichissent depuis des siècles une abondante création artistique que le 7e Art sait rendre accessible à tous grâce au talent de réalisateurs et d’acteurs.
La chronique audio qui vous est proposée n’a pas pour but de vous parler des films sélectionnés qu’il vous appartiendra de venir découvrir lors du festival du cinéma russe à Honfleur. Ce Festival justifie en fait un arrêt sur images concernant les réalités économiques et sociales de la Russie d’aujourd’hui dont on parle trop peu. Mais au fait, parlez-vous le russe ? Lire la suite

JEUNE CINEMA MADE IN RUSSIA 100% KOKAREVA

Vera Kokareva ne faisait pas partie des réalisateurs sélectionnés dans le cadre du XXe Festival du cinéma  russe qui s’est déroulé à Honfleur  du 20 au 25 novembre. Et pourtant, c’est avec cette jeune étudiante russe qui termine son cursus à l’Université  du Cinéma image et son basée à Trappes dans les Yvelines que nous avons choisi de nous entretenir. Simplement pour avoir une vision authentique du cinéma russe d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi  mieux connaître l’une des réalisatrices du cinéma russe de demain. Parmi les  longs métrages que nous avoir pu voir à cette occasion, plusieurs  ont retenu notre attention qu’il s’agisse de sujets traités avec beaucoup d’humour dans « Kokoko », de Avdotia Smirnova ou  Liza et Vika sont deux  figures opposées  et complémentaires  d’un même monde qui s’appelle  la Russie,  de  sujets plus graves comme « Quatre jours en mai » une coproduction  Russie-Allemagne  de Achim  von Borries qui retrace un évènement survenu  quatre jours avant la fin de  seconde guerre mondiale. Sans parler  de sujets de société  avec  » Je serai près de toi », de Pavel Rouminov, un film particulièrement  bouleversant  ou Inna, une jeune  femme  dynamique, joyeuse, remarquablement interprétée par  Maria Shalaeva  se trouve confrontée aux épreuves d’une longue maladie. L’interview de Vera Kokareva vous permettra  ensuite de découvrir un extrait de son court-métrage intitulé : « Le Pèlerin » Lire la suite