TRUMP ET KIM DECUS MAIS PAS RESIGNES

La déception des deux hommes se lisait sur leurs visages lors de la courte conférence de presse donnée à l’issue du sommet de Hanoï.

Annoncée par le 45e président des Etats-Unis, avant son départ pour le Vietnam comme devant être « extraordinaire », la deuxième rencontre entre Donald Trump et Kim Jong Un n’a pas permis de parvenir à la signature d’un accord.

En dépit de la promesse faite par Kim Jong Un de ne plus tester d’armes nucléaires ou balistiques et de l’estime affichée par le président américain à l’égard du dirigeant nord-coréen et réciproquement, il n’a pas été possible de résoudre l’épineuse question de la dénucléarisation qui comme nous le précisions dans notre précédente chronique demeure trop imprécise voire nébuleuse.

Les deux hommes ont certes discuté du possible démantèlement du principal complexe de recherche scientifique nucléaire de Yongbyon, site du principal réacteur nucléaire de la Corée du Nord et sa seule source de plutonium pour la fabrication de bombes.
Mais Trump a déclaré que Kim n’avait pas proposé de fermer d’autres installations secrètes d’enrichissement d’uranium.
Or Pyongyang disposerait encore d’un vaste arsenal de missiles et d’ogives nucléaires.

De plus, si Kim se montre disposé à fermer ce site emblématique, il demande en contrepartie un allégement complet des sanctions économiques qui frappent la Corée du Nord, ce que Washington n’est  pas disposé à accorder pour le moment. Les discussions se sont d’ailleurs soudainement interrompues en raison d’un désaccord sur cette levée des sanctions.

Il n’y a donc pas eu comme prévu par la Maison blanche de “cérémonie conjointe de signature », à l’issue de ce sommet de Hanoï. Lire la suite

LA BONNE SANTE DE L’EMPLOI AUX ETATS-UNIS NE « TRUMP » PERSONNE


A tel point que dans le sillage de Wall Street, les Bourses européennes ont terminé la semaine en hausse, après l’annonce par le Département du travail américain, d’un nombre de créations d’emplois aux Etats-Unis au mois de janvier, nettement supérieur aux attentes.
Les statistiques moroses en zone euro, en particulier en Italie, n’auront pas eu raison de ce bon vent venu d’Outre-Atlantique.

Car aux Etats-Unis, les créations d’emplois ont fortement augmenté, atteignant un plus haut depuis 11 mois.
De plus, avec 200.000 emplois nets créés en janvier, en données corrigées des variations saisonnières, cette tendance favorable fait suite à une révision à la hausse des créations nettes de postes en décembre qui ont finalement été de 312.000.

On dira ce qu’on voudra, mais on aimerait bien constater une aussi bonne santé du marché de l’emploi chez nous, en France.

Rendez-vous compte : sur l’ensemble de l’année 2018, l’économie américaine est parvenue à créer 2,6 millions d’emplois supplémentaires. Pour la première fois de son histoire, les États-Unis comptent plus de 150 millions de personnes au travail.
En 2017, les créations nettes de postes avaient déjà été 2, 2 millions d’unités.

Conséquence, le taux de chômage reste à un niveau enviable de 4,1%, au plus bas depuis 2000.
La population active passe ainsi de 62,9 à 63,1%.
Un phénomène qui s’explique en raison du retour sur le marché du travail d’Américains qui en était sorti, soit par choix personnel, soit par découragement. Et ces bons résultats ont d’autres effets bénéfiques. Lire la suite

LA FED RELEVE LE NIVEAU DU TAUX D’INTERET DE REFERENCE

La Réserve fédérale (FED) a annoncé mercredi par la voie de son président Jérôme Powell, une hausse d’un quart de point de son taux d’intérêt de référence, tout en ajoutant qu’elle envisageait de continuer à relever ses taux l’an prochain.
Le taux de référence passera ainsi de 2,25 % à 2,5%. Les responsables de la Fed estiment que ce relèvement du taux ne découragera pas la croissance économique qui se situe aux Etats-Unis entre 2,5 et 3,5%.
Les hausses de taux de la Fed visent à augmenter les coûts d’emprunt pour les entreprises et les consommateurs, bien qu’il semble que les taux plus élevés appliqués aux prêts hypothécaires et aux prêts auto commencent à peser sur la demande. Toutefois, la Fed obverse que les dépenses globales des ménages « ont continué de croître fortement. » Lire la suite

MIDTERMS WERE NOT A GAME BUT A POLITICAL TEST

 


Comment pouvait-il en être autrement ?
Avec 49% de votants, soit 13 points de plus qu’aux élections précédentes à mi-mandat sous Barak Obama et sous Bill Clinton, les Midterms ont su mobiliser en masse les Américains. Et ce qui s’est produit n’est pas fait pour surprendre, ce temps fort de tout mandat présidentiel aux Etats-Unis ayant toujours entraîné une remise en question de la politique menée et une montée en puissance de représentants de l’opposition.
L’occasion de revenir sur le résultat final qui a permis aux Démocrates de devenir majoritaires au sein de la Chambre des représentants alors que le Sénat à été marqué par une avancée des Républicains.
Donald Trump avait sans nul doute conscience du caractère test de ce scrutin à mi-mandat dans la perspective des élections de 2020.
D’ailleurs, lors de sa conférence de presse à Washington, le 45e président des Etats-Unis s’est montré plus ouvert au dialogue concernant entre autres les brûlantes questions ayant notamment trait à la santé, aux infrastructures, aux minorités… même si son manque de diplomatie à une fois de plus frappé lors d’échanges avec des journalistes de CNN et du New-York Times.
En estimant qu’en se regardant en chiens de faïence Démocrates et Républicains n’avaient rien à gagner, Donald Trump a voulu s’afficher en vainqueur, ce qui conduit nombre d’observateurs à s’interroger sur une victoire à la Pyrrhus.
Force est de constater que le 45e président des Etats-Unis a dû payer son style et ses emportements souvent hostiles voire inquiétants en politique intérieure comme étrangère.
Quoi qu’il en soit, ces élections a valeur de référendum, ont mis en évidence l’arrivée de nouvelles têtes démocrates à la Chambre des représentants qui se singularise par l’élection de plus de jeunes, de femmes et représentants de la culture amérindienne, voire d’un homosexuel.
C’est un point très important qui reflète le multicuturalisme des Etats-Unis et surtout met en évidence la diminution de la population blanche au sein de la société américaine.
Mais sans doute faut-il avant tout revenir sur ce qui explique en « grande » partie que Donald Trump n’a pas été confronté à une vague bleue. De nombreuses données démontrent en effet qu’en dépit de défauts criants, l’économie américaine affiche un bel état de santé.Que se passerait-il si des Midterms avaient lieu aujourd’hui en France ? C’est à cette question que répond la chronique audio sur fond de résultats actuels de l’économie américaine. Cliquez ici pour écouter la chronique audio de Patrick Gorgeon

FAUT-IL CRAINDRE UNE NOUVELLE CRISE ECONOMIQUE MONDIALE ?

L’image reprise ici illustre l’article paru dans l’édition des Echos du jeudi 11 octobre sous le titre : « Les Bourses européennes flanchent dans le sillage de Wall Street ». Elle témoigne d’inquiétudes qui n’ont rien de virtuelles et reflètent la tendance observée sur les places asiatiques et américaines.
Alors que cette année marque le dixième anniversaire de la crise économique mondiale de 2008 qui allait provoquer ce que l’on sait, plusieurs signes avant-coureurs conduisent à s’interroger sur les impacts que pourraient avoir un remake en 2018. Lire la suite

EXTRACTION DU CHARBON : TRUMP ENFONCE LE PIC

Diffusée le 30 mars 2017, la chronique vidéo de Patrick Gorgeon, intitulée « Trump au Charbon » donnait déjà un clair aperçu de la politique énergétique et environnementale du 45e président des Etats-Unis. Dans ce domaine comme dans d’autres, Trump impose sa marque de fabrique politique en abrogeant tout ce qui a ses yeux va à l’encontre de son slogan de campagne  » Make America great again ». Lancé en 2015 par Barack Obama, le Clean Power Plan qui devait conduire le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, à s’éloigner du charbon, est bel et bien enterré. Favoriser des sources d’énergie produisant peu de gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur de 32% par rapport à 2005 et d’ici 2030 n’est plus d’actualité. Du moins outre Atlantique ! Néanmoins comme nous le faisons remarquer récemment, ce qui s’apparente à un retour en arrière ne signifie pas pour autant que les Etats-Unis se détournent des énergies renouvelables. De nombreuses actions sont en effet menées dans certains Etats et des entreprises spécialisées apportent chaque jour la démonstration de leur savoir-faire dans ce domaine.
Mais en visitant l’une des plus grosses régions productrices de charbon, en Virginie-Occidentale, Donald Trump a conscience de donner satisfaction  à un électorat fidèle qui saura le soutenir lors des prochaines élections de mi-mandat, en novembre prochain. Redonner le sourire aux gueules noires, relancer  un secteur étant désormais en mesure, contre toute attente, de créer des emplois est une opération qui laissera des traces. Force est de constater que l’engagement que le président  Trump avait pris en 2016 durant la campagne présidentielle de relancer l’extraction de charbon est tenu. Quant aux mesures destinées à assurer le soutien des entreprises productrices qui  comptent encore quelque 60.000 salariés, elles  font le  bonheurs des uns mais aussi certainement le malheur de ceux qui misaient sur l’intérêt d’une véritable révolution énergétique. Lire la suite

LA TURQUIE CONFRONTEE A UNE CRISE PLURIELLE

L’effondrement de la livre turque ne trouve pas son explication dans la seule décision du président Trump, de doubler les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs.
Bien que la détérioration des relations entre les Etats-Unis et la Turquie ne date pas d’hier, les problèmes de ce pays du Moyen-Orient qui compte 81 millions d’habitants, vont bien au-delà d’un différend commercial. Avant de revenir sur les multiples causes de la crise à la fois monétaire et financière qui frappe la Turquie et menace de se propager, les évènements qui se succèdent actuellement imposent une vigilance accrue. Après avoir chuté à un plus bas historique à 7,24 pour un dollar lundi, la livre turque rebondit mardi de 5,22% à 6,54 pour un dollar.
Les annonces de la banque centrale turque, qui fournira toute la liquidité nécessaire aux banques afin d’assurer une stabilité financière, permettent aux investisseurs de respirer et revenir prudemment vers les actifs plus risqués. Néanmoins, les hausses des places boursières européennes demeurent modestes, le CAC40 gagnant 0,21% à midi.
La conférence téléphonique que doit tenir jeudi le ministre turc des Finances, Berat Albayrak,avec des investisseurs des Etats-Unis, d’Europe et du Moyen-Orient permettra t’elle de redonner confiance à ces derniers ? Recep Tayyip Erdogan, acceptera t’il de revoir de fond en comble sa vision de l’économie, autrement dit d’augmenter entre autres les taux d’intérêt pour pallier aux risques d’une inflation galopante ?
D’autant que les opérateurs craignent que la crise turque, qui met en exergue les faiblesses du pays (inflation, déficit courant, dette extérieure en devises et faiblesse relative des réserves de changes), ne contamine d’autres pays émergents.
Cliquez ici pour écouter la chronique audio

LES VOIX DE LA RAISON PEINENT A SE FAIRE ENTENDRE

Ce dont il est question dans cette chronique témoigne que les effets Brexit comme ceux relatifs au durcissement des relations commerciales sur fond de renforcement des droits de douane qui mettent aux prises Etats-Unis, Europe et Chine, font mener un train d’enfer aux négociateurs. Et force est de constater que les voix de la raison peinent à se faire entendre.
Dans les grandes lignes, les risques d’erreurs d’aiguillage et de déraillement deviennent nombreux. D’où les interrogations et inquiétudes que soulèvent les bras de fer entre nations voire continents qui ne semblent pas devoir marquer de pause estivale. Lire la suite

G7 : LES SOURIRES DE FACADE LAISSENT PLACE A UNE SOUPE A LA GRIMACE

C’est à bord d’Air Force One que Donald Trump qui s’était envolé pour Singapour à envoyé son tweet annonçant qu’il retirait son soutien au communiqué commun du G7 obtenu non sans difficultés, rejetant la faute sur des propos du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

« En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain! ».

Il s’agit une nouvelle fois d’une volte-face spectaculaire du président des Etats-Unis, sachant qu’il avait déclaré peu avant son départ qu’il y souscrivait.

Ce torpillage de dernière minute rend de facto caduque la déclaration commune sur le commerce grâce à laquelle le « Groupe des sept » (Etats-Unis, Canada, Italie, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon) pensait être parvenu pour sauver la face.
Les sourires de façade affichés par les dirigeants à la fin du sommet du G7 laissent place à une soupe à la grimace qui ne manquera pas de faire des vagues et de susciter de nombreuses réactions.

Il ne resta plus qu’à souhaiter que la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un qui se veut historique, ne donne pas lieu à un nouveau revirement de dernière minute.

Quoi qu’il en soit, l’échec du sommet du G7, combiné à d’autres événements majeurs comme une rencontre entre Trump et Kim Jong-un, la réunion de la Fed qui devrait relever mercredi prochain ses taux directeurs pour la deuxième fois cette année, suivie de près de celle de la BCE jeudi, ainsi que de la Banque du Japon jeudi et vendredi vont mettre les investisseurs sous pression. Information à suivre

SOMMET ETATS-UNIS – COREE DU NORD QUAND L’IMPROBABLE DEVIENT ENVISAGEABLE

Les alliés régionaux des États-Unis, Japon, Corée du Sud ainsi que la Chine, principal allié de la Corée du Nord, ont exhorté les deux pays à sauver le sommet vendredi.

Lors d’un forum économique à Saint-Pétersbourg, le vice-président chinois Wang Qishan a déclaré qu’un tel sommet était nécessaire pour assurer la sécurité dans la péninsule coréenne, ce qui touche les intérêts fondamentaux de la Chine.

Et comme la chronique du jeudi 24 mai le laissait entendre au regard du caractère assez imprévisible des réactions de Donald Trump comme de Kim Jong-un, une nouvelle étape a été franchie dans le bon sens dans la journée de vendredi.
En effet, après avoir annulé la rencontre du 12 juin à Singapour en évoquant « l’hostilité ouverte » de Pyongyang, le président américain Donald Trump a indiqué aujourd’hui que le sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pourrait être sauvé, après avoir accueilli une déclaration de conciliation de la Corée du Nord disant qu’elle restait ouverte aux négociations. Lire la suite