SI VERSAILLES M’ETAIT « COMPTE »

Le film écrit et réalisé par Sacha Guitry en 1953 « Si Versailles m’était conté… » se prête parfaitement à une transformation sémantique dans l’air du temps. D’où le titre de cette chronique :  » Si Versailles m’était compté ».
Lorsqu’on sait que les entreprises étrangères installées en France, emploient sur le territoire plus de 1,8 million de salariés français, on comprend aisément qu’Emmanuel Macron ait préféré réunir sous les lambris dorés du château de Versailles les patrons de grandes entreprises trouvant la France à leur goût, plutôt que de se rendre au Forum économique mondial de Davos. D’ailleurs, Donald Trump qui s’est coincé les pieds dans shutdown ne s’y rendra pas non plus !
Et le slogan « Choose France » qui éclaire de mille feux cet évènement, ne doit sans doute rien au hasard. D’autant que certaines entreprises étrangères pourraient annoncer, à cette occasion, de nouveaux projets d’investissement et de développement fort gratifiants pour la Nation et ses citoyens.
En réalité, à défaut d’un nombre suffisant d’entreprises françaises prêtes à relever tous les défis d’avenir en termes d’innovations et de hautes technologies, c’est bien cette attractivité du pays qu’il convient de privilégier. Cette dernière peut en effet permettre de résoudre, en partie, la brûlante question du chômage de masse qui perdure et par définition tout ce qui va de pair en termes d’activités, cotisations sociales, fréquentation de sites, retraites, mais aussi « why not » de pouvoir d’achat.
En attendant le discours que prononcera le chef de l’Etat à l’issue de cette rencontre, c’est bien à Versailles qu’il fallait être en ce lundi 21 janvier 2019. AWI reviendra très vite sur ce grand rendez-vous qu’il convenait de ne manquer sous aucun prétexte. Pour accéder au player de la chronique audio de Patrick Gorgeon, cliquez ici

CONSEIL STRATEGIQUE DE L’ATTRACTIVITE OU COMMENT UN CHEVAL DE TROIE EST ENTRE SUR NOTRE SOL

« La France pourrait devenir le nouveau marché émergent du monde », ce propos de Anand Mahindra, patron indien du groupe industriel du même nom qui faisait partie de la trentaine de chefs d’entreprises étrangères installées en France invités à l’Elysée pour un conseil stratégique de l’attractivité ne manque pas d’humour.
D’autant que cette rencontre au sommet de l’Etat n’est pas sans rappeler l’épisode fameux de la mythologie grecque, lorsque Ulysse, célèbre pour son intelligence rusée eut l’idée de confier à Epéios la construction d’un cheval géant en bois creux. Présenté comme cadeau, ce dernier cachait en effet  un groupe de soldats qui purent ainsi piller la ville de Troie.
Face à la guerre économique qui fait rage, nombreux sont les pays qui cherchent des solutions et des investisseurs susceptibles de relancer l’activité et de créer des emplois sur leur sol. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, la Suède, l’Espagne, le Japon ont tous été amenés à conduire des entreprises de séduction.
La France ne disposerait elle plus de talents, de compétences, de forces vives pour conquérir des marchés, créer des richesses et des emplois ?
Les réactions des chefs d’entreprises étrangères aux annonces faites par le président de la République qui sont reprises dans les quotidiens économiques montrent que ces derniers attendent désormais des mesures concrètes, notamment en matière  d’abaissement du coût du travail. Mais le cheval de Troie est bel et bien entré dans notre champ économique national comme un présent pour l’avenir. Reste à savoir la façon qu’auront les guerriers étrangers d’utiliser les armes dont ils disposent., conscients des faiblesses qui sont les nôtres. Dongfeng, groupe public chinois créé à la fin des années 60 pour fournir les camions de l’armée chinoise qui vient de prendre 14% du constructeur automobile français  PSA  après que  Geely! ait racheté de Volvo Cars, démontre que la stratégie de conquête  des pays émergents remet au goût du jour  la mythologie grecque. Lire la suite