PAYS DEVELOPPES ET PAYS EMERGENTS EN PROIE AU DOUTE

Alors que la plupart des pays développés peinent à retrouver les chemins d’une véritable croissance durable, cette première chronique  vise à témoigner que nos doutes, nos peurs, notre manque de confiance en nous-mêmes, évoqués par le chef de l’Etat, le 13 janvier, sont  des sentiments partagés par bien d’autres peuples.
Ainsi, les pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ) qui représentent un cinquième du produit intérieur brut (PIB) mondial, 40% de la population de la planète et 43% des réserves en devises et se sont imposés comme de nouvelles puissances économiques se mettent ils eux-aussi à douter. En cause, le fort ralentissement de leur croissance qui leur impose d’innover et de mettre en place de véritables politiques de protection sociale.
Quant aux pays arabes et notamment, la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, le Yemen qui ont connu un changement de régime, mais aussi la Jordanie et le Maroc qui ont engagé des réformes politiques, ils doivent également s’engager dans une relance de l’économie et le rétablissement des équilibres fondamentaux. Car la croissance sur fond de développement durable reste le seul moteur permettant de lutter contre le chômage et de répondre aux attentes sociales qui ont été à l’origine du printemps arabe . Mais, en dépit de démarches volontaristes, les indications relatives à l’année 2013 montrent que la reprise économique demeure trop faible pour remédier pleinement au sous emploi substantiel de la région. Sans parler des tragiques évènements qui secouent la Syrie et menacent l’équilibre des pays limitrophes.
Alors que de nouveaux pays émergents semblent pouvoir bénéficier d’un boom de croissance à l’instar de l’Indonésie, et que certains petits pays du Golfe comme le Qatar affichent d’indéniables réussites à la fois économiques et sociales, nombre de pays cherchent en ce début de XXI e siècle leur modèle économique susceptible de contribuer à leur développement national et à leur participation à la mondialisation. En réalité, le sentiment d’inquiétude domine dans tous les pays. Pour preuve, il suffit que la croissance de la Chine stagne à 7,7% en 2013 et qu’on annonce un nouveau recul à 7,4% en 2014 pour que les observateurs tirent la sonnette d’alarme.
Autant d’évènements qui peuvent soit attiser nos craintes soit les relativiser. D’où l’ intérêt de porter son regard au delà du nombril de l’Hexagone voire de l’Europe pour constater qu’en dépit de la crise, les conditions de vie ne sont pas aussi mauvaises chez qu’on le pense.
Nous démarrons donc cette semaine avec l’urgence des réformes dans les pays arabes, thème d’un des récents numéros de « Problèmes économiques » publiés par la documentation Française. Lire la suite