COREE DU NORD – ETATS-UNIS VERS « UN SOMMET EXTRAORDINAIRE »

C’est du moins ce qu’a déclaré avant son départ pour le Vietnam Donald Trump qui rencontrera mercredi et jeudi le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Hanoï.

Huit mois après leur sommet historique à Singapour, l’objectif consistera pour les deux hommes d’Etat à s’accorder sur la mise en œuvre de l’engagement nord-coréen d’abandonner ses armes nucléaires.

La Corée du Nord a effectué son dernier essai nucléaire en septembre 2017 et celui d’un missile balistique intercontinental en novembre 2017.

En contrepartie, Kim s’attendrait à des concessions importantes de la part des États-Unis, comme un allégement des sanctions économiques et une déclaration selon laquelle la guerre de Corée de 1950-1953 est enfin officiellement terminée.

Mais, car il y a toujours un mais, alors que les États-Unis exigent que la Corée du Nord renonce à tous ses programmes nucléaires et antimissiles, ce pays compte pour sa part sur la suppression du parapluie nucléaire américain en Corée du Sud.

Arrivé à Hanoi mardi, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a été le principal envoyé de Trump. Ce dernier n’a pas ménagé ses efforts pour améliorer les relations avec la Corée du Nord en effectuant plusieurs voyages à Pyongyang afin de négocier la fin de son programme nucléaire.

En marge de l’abandon total de l’armement nucléaire, la question relative au respect des droits de l’homme demeure épineuse, Amnesty International estimant que Trump avait ignoré les droits humains pour gagner les faveurs de Kim.

A Séoul des manifestants ont déchiré des photos de Kim et les ont jetées au sol pour souligner leur consternation devant le sombre bilan de la Corée du Nord en matière de droits de l’homme dans les discussions.

La paix et le développement économique en Corée du nord demeurent au cœur des préoccupations de Kim Jong Un. D’ailleurs dans un tweet Donald Trump a déclaré «Avec la dénucléarisation complète, la Corée du Nord deviendra rapidement une puissance économique. Le président Kim prendra une sage décision! »
Le tout étant de savoir ce que le mot « dénucléarisation » recouvre réellement.

Il est également prévu que Kim Jong Un et Donald Trump s’entretiennent séparément avec les dirigeants vietnamiens.

Quoi qu’il en soit ce sommet annoncé comme devant être extraordinaire constituera une excellente vitrine à l’échelle mondiale pour le Vietnam. L’occasion de revenir sur ce pays d’Asie du Sud-Est situé à l’est de la péninsule indochinoise d’une superficie de 330 967 km2 qui compte environ 93 millions d’habitants et mise sur le renforcement de son attractivité dans de nombreux domaines. Petite suite à découvrir en cliquant ici. En attendant d’en savoir plus

GUERRE COMMERCIALE TRANSATLANTIQUE : TRÊVE OU ARMISTICE ?

Si les marchés ont visiblement apprécié ce jeudi les déclarations du président de la Commission européenne et du président des Etats-Unis, à l’issue de leur rencontre, mercredi, à Washington, rien n’est encore véritablement joué.
Plutôt que d’un véritable accord, il s’agit davantage d’une amorce de processus de négociation qui doit éviter le déclenchement d’une guerre commerciale transatlantique qui ne ferait que des perdants.
Un avis partagé par la Banque de France qui précise qu’un relèvement généralisé de 10 points de pourcentage des droits de douane à l’importation pourrait réduire le PIB mondial de 1 % après deux ans. En outre, une baisse de la productivité, une hausse du coût de financement du capital et une plus faible demande d’investissement viendraient augmenter le coût du protectionnisme. Au total, la réduction du PIB mondial en volume atteindrait 3 % en deux ans.
On comprend donc aisément que toute initiative politique visant au rapprochement et à la négociation d’un accord dans le respect des intérêts des forces en présence, ne puisse qu’être saluée et soutenue Cliquez ici pour écouter la chronique audio

DE TWEET EN TWEET TOUTE NEGOCIATION AVEC PYONGYANG SEMBLE VOUEE A L’ECHEC

Alors que la presse et les médias se montrent légitimement préoccupés par de nombreux sujets d’une actualité brûlante – politique intérieure, attentat à Marseille, référendum en Catalogne, massacre perpétué par un tireur fou lors d’un concert de musique country à Las Vegas – l’extrême violence dont se trouve frappée la société civile, dans de nombreux pays, ne peut empêcher de s’interroger sur le climat de tension entre les Etats-Unis et la Corée du Nord que rien ne semble pouvoir apaiser.
Si chacun est bien conscient que tout doit être fait pour calmer les provocations verbales auxquelles se livrent Kim-Jong-Un et Donald Trump sur fond d’essais nucléaires menés par la Corée du Nord, on se doit de rester convaincu que la diplomatie demeure la seule voie susceptible de faire entendre raison à Pyongyang et Washington. Or, un tweet du président des Etats-Unis est venu démontrer dimanche que cette pacifique solution est loin d’être unanimement partagée.
D’un côté comme de l’autre, les positions adoptées ne laissent en effet, en l’état actuel, que peu de marge à une éventuelle négociation.
En parcourant la presse américaine qui consacre bien entendu ses unes au monstrueux massacre d’innocents à Las Vegas, on constate également que les initiatives prises par certaines personnalités américaines pour parvenir à une sortie de crise avec la Corée du Nord, se heurtent à une flagrante fin de non recevoir.
Les tweets adressés par Donald Trump à Rex Tillerson, secrétaire d’Etat américain en visite en Chine qui laissait entendre que les relations avec Pyongyang n’étaient pas rompues, sont on ne peut plus clairs :
“I told Rex Tillerson, our wonderful Secretary of State, that he is wasting his time trying to negotiate with Little Rocket Man,” “Save your energy Rex,” “we’ll do what has to be done!”
Traduction : ne perd pas ton temps Rex à essayer de négocier, il y a mieux à faire. Nous ferons ce qui doit être fait.
Le tout est de savoir quelles sont les intentions réelles de Pyongyang comme de Washington, la volonté de parvenir à un accord apparaissant exclue dans les deux camps. De plus, les pays les plus directement concernés comme la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie, se montrent pour le moins fort dépourvus pour décrisper la situation.
Bien que tout le monde aurait gros à perdre, on est en droit de se demander ce qui permettra de mettre un terme à des menaces au ton guerrier qui laissent planer un sentiment de risque de dérapage voire d’escalade. Des hypothèses désastreuses dont les conséquences seraient aussi graves qu’incalculables dans cette région du globe voire bien au-delà. Pour écouter la chronique audio de Patrick Gorgeon,directeur de la rédaction d’AWI cliquez ici