VOUS PRENDREZ BIEN UN BITCOIN POUR LA ROUTE 2018

2018 réservant sans nul doute de grosses surprises au niveau international, la période des fêtes de fin d’année veut qu’on s’attache principalement aux fraiches bonnes nouvelles venues illuminer la situation de notre pays.
A ce titre, celles émanant de la dernière note de conjoncture publiée mardi par l’Insee qui fait état d’un rebond de la croissance en 2017, se doit de figurer en tête de liste.
Après s’être trainée autour de 1% au cours de ces trois dernières années, l’économie hexagonale devrait enfin enregistrer un joli score avec un PIB en hausse de + 1,9%. A l’origine de ce phénomène encourageant un environnement international favorable et une demande intérieure portée par l’investissement de nos forces vives, entreprises de tous secteurs d’activités.
Quand aux ménages français, leurs investissements démontrent qu’ils auront consacré l‘essentiel au logement, secteur qui devrait bondir de 5,2% en 2017, après une hausse de 2,4% en 2016. De quoi compenser les effets d‘un ralentissement de leur consommation sur bien d’autres postes de dépenses. Selon l’Insee, ce net coup de frein au pouvoir d‘achat s’explique pour plusieurs raisons : un calendrier fiscal très défavorable en début d‘année, marqué par des hausses des taxes sur le tabac et les carburants ainsi que de la CSG.
Aussi attend on de voir ce que réserve le second semestre 2018, les prévisions de l’Insee ne portant que sur les six premiers mois de l’année. Il faudra donc attendre de voir comment se traduisent certaines mesures comme les baisses de cotisations sociales et de la taxe d‘habitation, sans oublier l‘aménagement de l‘impôt sur la fortune et l‘entrée en vigueur du prélèvement forfaitaire unique.
Quoi qu’il en soit, ces données conjoncturelles s’inscrivent dans un climat politique qui apparaît aujourd’hui en France nettement plus apaisé et favorable.
En dépit des doutes qui persistent sur le pouvoir d’achat, le chômage, on sent néanmoins souffler un courant porteur, un souhait unanime d’en sortir par le haut. Un signe qui se trouve porté, il est vrai, par un retour de la confiance sur le plan politique, les deux têtes de l’exécutif, Emmanuel Macron et Edouard Philippe enregistrant ces derniers temps une très notable hausse de leurs cotes de popularité.
Il faut toutefois se montrer prudent au regard des prévisions concernant 2018, l’hypothèse de se basant sur une croissance de l’ordre de 1,7% et ne prenant pas en compte les éventuels évènements susceptibles de contrarier cette marche en avant.
Aussi, en dépit d’un fâcheux incident technique de dernière minute ayant frappé la cryptomonnaie, vous prendrez bien un bitcoin pour la route. Chronique audio de Noël d’ores et déjà consultable sur AWI

L’ ECONOMIE DE TRANSITION CHERCHE SA FEUILLE DE ROUTE

Ce dessin humoristique illustre à merveille la situation préoccupante que nous traversons depuis déjà quelques années et nous impose de trouver des solutions de sortie de crise. Car si une abondante littérature précise que la transition économique s’appuie sur des réformes qui permettent de passer d’une économie planifiée à une économie de marché, on enfonce une porte ouverte, sans qu’on sache par quelle fenêtre il reste possible de créer un autre mode de fonctionnement de notre société empêtrée dans des difficultés dont personne ne perçoit le début de la fin. La transition économique imposée cherche en fait son modèle. Et certains estiment que l’apport des nouvelles technologies, le souci de préservation de l’environnement, l’aspiration au développement durable notamment peuvent, par une habile combinaison, offrir des lueurs d’espoir en termes de croissance  pour les temps à venir. Ce n’est pas le radeau de la méduse, mais ça y ressemble fortement ! Surtout lorsqu’on regarde l’horizon. Nous sommes en effet en ce début de XXIe siècle encore trop souvent accrochés aux vestiges d’un monde dépassé et révolu qui ne nous permet plus d’avancer et de prospérer à un rythme soutenu. Cette phase de transition économique est éprouvante pour tout le monde. Et on comprend que chacun s’inquiète à juste titre de sa capacité à trouver sa place dans un contexte mouvant qui contribue à creuser le fossé entre les nantis et les plus pauvres, tout en précarisant la middle class, coincée au milieu du gué. Cette transition économique pourrait bien se jouer sur fond de transition énergétique, sous réserve que soleil, vents et marées, richesses naturelles et renouvelables, se révèlent en mesure d’insuffler un courant porteur générateur d’activités et d’emplois. Le tourbillon dans lequel se trouvent mêlés projets individuels et collectifs a du mal à donner naissance à ce long fleuve tranquille sur lequel chacun aspire à conduire  sa vie pour transformer projets en actes voire rêves en réalités. Lire la suite

PAYS DEVELOPPES ET PAYS EMERGENTS EN PROIE AU DOUTE

Alors que la plupart des pays développés peinent à retrouver les chemins d’une véritable croissance durable, cette première chronique  vise à témoigner que nos doutes, nos peurs, notre manque de confiance en nous-mêmes, évoqués par le chef de l’Etat, le 13 janvier, sont  des sentiments partagés par bien d’autres peuples.
Ainsi, les pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ) qui représentent un cinquième du produit intérieur brut (PIB) mondial, 40% de la population de la planète et 43% des réserves en devises et se sont imposés comme de nouvelles puissances économiques se mettent ils eux-aussi à douter. En cause, le fort ralentissement de leur croissance qui leur impose d’innover et de mettre en place de véritables politiques de protection sociale.
Quant aux pays arabes et notamment, la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, le Yemen qui ont connu un changement de régime, mais aussi la Jordanie et le Maroc qui ont engagé des réformes politiques, ils doivent également s’engager dans une relance de l’économie et le rétablissement des équilibres fondamentaux. Car la croissance sur fond de développement durable reste le seul moteur permettant de lutter contre le chômage et de répondre aux attentes sociales qui ont été à l’origine du printemps arabe . Mais, en dépit de démarches volontaristes, les indications relatives à l’année 2013 montrent que la reprise économique demeure trop faible pour remédier pleinement au sous emploi substantiel de la région. Sans parler des tragiques évènements qui secouent la Syrie et menacent l’équilibre des pays limitrophes.
Alors que de nouveaux pays émergents semblent pouvoir bénéficier d’un boom de croissance à l’instar de l’Indonésie, et que certains petits pays du Golfe comme le Qatar affichent d’indéniables réussites à la fois économiques et sociales, nombre de pays cherchent en ce début de XXI e siècle leur modèle économique susceptible de contribuer à leur développement national et à leur participation à la mondialisation. En réalité, le sentiment d’inquiétude domine dans tous les pays. Pour preuve, il suffit que la croissance de la Chine stagne à 7,7% en 2013 et qu’on annonce un nouveau recul à 7,4% en 2014 pour que les observateurs tirent la sonnette d’alarme.
Autant d’évènements qui peuvent soit attiser nos craintes soit les relativiser. D’où l’ intérêt de porter son regard au delà du nombril de l’Hexagone voire de l’Europe pour constater qu’en dépit de la crise, les conditions de vie ne sont pas aussi mauvaises chez qu’on le pense.
Nous démarrons donc cette semaine avec l’urgence des réformes dans les pays arabes, thème d’un des récents numéros de « Problèmes économiques » publiés par la documentation Française. Lire la suite

L’OPTIMISME MIS A MAL PAR DES SCENARIOS DE RECESSION

Dans une récente chronique présentée sous la forme d’un bulletin météo-éco  intitulé : «  Un vent d’optimisme pourrait chasser les perturbations » , AWI tentait de se  raccrocher à un optimisme raisonné, après élections. Elle se basait pour se faire sur un certain nombre de données dont personne ne peut contester l’existence, même si force est de reconnaître que ces dernières demeurent insuffisantes pour contribuer efficacement au retour de la confiance et de la croissance. Mais, c’était sans compter sur  les notes économiques publiées la semaine dernière par l’OCDE, l’OFCE ainsi que  l’INSEE, qui sont venues jeter de l’huile sur le feu. Lire la suite