LES PROPOSITIONS DU CONSEIL D’ACTION ECONOMIQUE POURRONT-ELLES INSPIRER LA NOUVELLE POLITIQUE DE SANTE ?

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Pour introduire cette chronique audio, il n’est pas inutile de revenir très rapidement sur la déclaration de politique générale prononcée mardi par le nouveau Premier ministre. Car parmi les mots clés auxquels les Français sont légitimement attachés, plusieurs n’ont pas été prononcés par Manuel Valls, notamment le mot Santé. Quant à l’Assurance maladie, elle s’est résumée à 10 milliards d’euros d’économies. Il est également vrai qu’au cours de ce discours de 47 minutes, il n’a pas davantage été question de recherche, de marchés, de mondialisation…
Alors que le chef de l’Etat avait annoncé au lendemain des élections municipales que la santé serait une priorité du nouveau gouvernement Valls, les observateurs attentifs avaient pu être pris de bourdonnements d’oreilles voire de vertiges à la lecture de certains passages du rapport du Conseil d’action économique (CAE) directement branché Matignon.
En effet, parmi les propositions avancées par cette noble institution, celle consistant à dérembourser les premières consultations chez le médecin afin de responsabiliser le patient et réduire le déficit de l’Assurance maladie n’est pas passée inaperçue. Car si les objectifs apparaissent fondés, les moyens d’y parvenir sont pour le moins curieux pour ne pas dire loufoques, cette disposition choc rayant d’un trait de plume l’importance primordiale que revêt la première consultation chez le médecin traitant et donc le parcours de soins coordonnés autour du patient, sans oublier la prévention. Qu’on cherche à éviter la multiplication des consultations et la surconsommation de soins et qu’on veuille lutter contre l’indécent nomadisme en termes de soins est rationnel. Mais certainement pas dans ces conditions.
On comprend donc aisément que la parution de ce rapport cosigné par les économistes Brigitte Dormont (université Paris-Dauphine), Pierre-Yves Geoffard (École d’économie de Paris) et Jean Tirole (École d’économie de Toulouse), ait été retardée aux lendemains du remaniement gouvernemental.
Car cette proposition choc qui touche directement au porte-monnaie est accompagnée d’autres aussi curieuses que généreuses à l’instar de la gratuité totale des soins en milieu hospitalier. Tient, on pensait que c’était l’hôpital qui pesait lourdement dans les dépenses publiques et que c’était lui qu’il importait de soigner en urgence !
Autant dire que la nomination au poste de secrétaire d’Etat à la santé qui devrait intervenir mercredi 9 avril dans l’après-midi donne tout de suite une idée de l’ambiance dans laquelle le secteur santé « made in France » va devoir être pris en mains et surtout trouver son équilibre. Mais la surprise est arrivée mercredi lors de l’annonce des 14 secrétaires d’Etat venant compléter le gouvernement de Manuel Valls. Lire la suite

LES CENTRES DE PLANIFICATION FAMILIALE PMI DU VAL-DE-MARNE GARANTS DE CONFIDENTIALITE ET D’EFFICIENCE DANS LE CADRE DE CONSULTATIONS GYNECOLOGIQUES

Le Val-de-Marne compte une cinquantaine de Centres de planification gérés par la CPAM et le Conseil Général. Ils accueillent souvent de jeunes femmes qui y apprécient la confidentialité des consultations assurées par des équipes médicales composées notamment de sages-femmes. Car si les jeunes femmes poussent la porte de ces centres, c’est souvent pour des questions de contraception, de contraception d’urgence ou pour une interruption volontaire de grossesse. « Si elles viennent ici c’est parce qu’elles n’aiment pas aller dans l’endroit où elles habitent parce qu’elles y sont connues (…) Ces jeunes filles ont vraiment besoin d’avoir en face d’elle un adulte qui va faire référence et qui ne les connaît pas. Pour elles c’est important de bénéficier d’une écoute et de conseils qui s’attachent globalement à leur situation personnelle», explique Martine Peyre, sage-femme au centre de Champigny-sur-Marne.
L’utilité de ces centres de planification familiale est renforcée par la présence de sages-femmes qui pallient la pénurie de gynécologues dans ce département, comme partout en France. « Pour un rendez-vous en privé avec chez un gynécologue, le délai d’attente est de 3 à 6 mois. De plus, outre la nécessité d’avancer les frais, il y a souvent des dépassements d’honoraires sur ces consultations » souligne Isabelle Desportes, directrice du centre de planification familial PMI de Champigny-sur-Marne, bien consciente des avantages qu’apportent ces centres. Toutefois, certaines jeunes femmes n’osent toujours pas venir s’informer auprès du centre de planification familial. « Malheureusement, je pense qu’on doit ne pas toucher toutes les jeunes filles. C’est un problème de niveau socio-culturel des familles, certaines jeunes femmes sont moins sensibles à l’information entendues », précise Isabelle Desportes, même si son équipe intervient dans les collèges et les lycées du secteur pour informer les jeunes. Reste que l’évolution observée, d’année en année, par le Centre de planification familial PMI de Champigny-sur-Marne est inquiétant, une recrudescence de grossesses chez des jeunes filles âgées de moins de 16 ans étant fréquemment constatée. Concernant le rôle joué par les sages-femmes, cette information santé rejoint l’actualité. Une dépêche du 4 mars 2014 ajoutée dans cet article, en fin de page, fait état de l’obtention par les sages-femmes d’un statut médical à l’hôpital Lire la suite