TRUMP POURRA T’IL ENCORE LONGTEMPS RESTER SOURD ET AVEUGLE FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

En optant pour un retrait de l’accord climat de Paris signé fin 2015, Donald Trump ne fera jamais figure de chef d’Etat responsable et encore moins de sauveur de l’humanité, surtout s’il maintient dans les temps à venir son refus d’adhérer.
Pour une part non négligeable d’Américains qui l’ont élu 45e président des Etats-Unis en toute connaissance de cause et de programme, ce dernier peut, il est vrai, se vanter aujourd’hui d’afficher des résultats économiques propres à faire pâlir d’envie bien des dirigeants de pays développés. Avec un taux de chômage en baisse (4,3%), une économie qui demeure très dynamique (PIB + 2%) et Wall Street qui va de record en record, ce président a misé sur des résultats immédiats avec une vision court terme. Et il faut reconnaître qu’en dépit des diverses menaces qui pèsent sur ses propres épaules, il tient bon.
Toutefois, le rapport rédigé par des scientifiques de 13 organismes fédéraux, dont l’Environmental Protection Agency et la National Oceanic and Atmospheric Administration publié lundi par le New York Times, témoigne clairement que ce même président pourrait bien se voir reprocher sous peu une erreur d’appréciation monumentale. A moins que la publication de ce dernier qui repose sur l’approbation de l’administration Trump, ne conduise finalement le président des Etats-Unis à l’ignorer et à l’enterrer. Lire la suite

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET CREUX DE VAGUES

Bologna, Italy, June11, 2017. REUTERS/Max Rossi


L’actualité serait-elle à ce point polluée par des blocs parasites de nature à dissoudre les politiques de bonnes intentions touchant l’un des domaines considérés comme prioritaires au niveau planétaire ?
On est aujourd’hui en droit de se poser la question. Surtout lorsqu’on compare l’écho donné à plusieurs évènements récents.
Alors que la dénonciation de l’accord climat de Paris par Donald Trump a provoqué un tsunami d’indignations de par le monde, et que la non moins spectaculaire réplique d’Emmanuel Macron proclamant la France ambassadrice du climat a été fort appréciée sur les cinq continents, l’ambiance s’est très vite refroidie les jours suivants.
Force est en effet de constater que ni la Journée mondiale de l’océan qui avait lieu le 8 juin, ni la Réunion du G7 qui s’est tenue à Bologne, les 11 et 12 juin, en présence notamment des ministres de l’environnement des sept pays et des commissaires de l’Union européenne pour l’environnement et le climat n’ont semblé retenir l’attention.
Pourtant, comme le montre la photo qui illustre cette chronique, les Italiens avaient, comme à l’accoutumée, organisé ce temps fort avec maestria. Ils avaient dressé une très grande table verte ! Mais en dépit de tout cela, même Nicolas Hulot, notre ministre de l’Ecologie solidaire n’a fait qu’un rapide et discret passage. Comme vous allez le constater en écoutant la chronique audio, les bonnes intentions en terme de transition énergétique sont une chose, les réalités économiques du commerce international en sont une autre. Cliquez ici pour écouter la chronique audio de Patrick Gorgeon

UN SIGNAL GLACIAL DE FRACTURE ENVOYE DEPUIS L’ANTARCTIQUE

Nous en avions fait l’Awi-Mage de la semaine en 2016. Mais depuis, la situation n’a cessé d’évoluer, dans le mauvais sens. L’iceberg dont la superficie équivaut à 50 fois celle de Paris est en effet sur le point de se détacher du continent Antarctique. De quoi relancer le débat et mobiliser les défenseurs de la lutte contre le réchauffement climatique qui ont récemment vu les Etats-Unis se détacher de l’accord climat de Paris. Surveillée de près par les scientifiques, la faille baptisée « Larsen C »,qui mesure plus de 110 km de long et 530 m de profondeur révèle un phénomène de fracture qui pourrait refroidir les climatosceptiques. Car si le dérochage de cet immense iceberg ne doit pas, aux dires de certains observateurs, avoir d’impact sur le niveau des océans, il ne fera que fragiliser des glaciers capables, pour leur part, de faire monter de 10 cm les mers du monde si ces derniers devaient se trouver à terme exposés à l’océan Antarctique. De plus, ce gigantesque glacier flottant sera amené à dériver dans des eaux dont la température est en constante augmentation. Qu’il s’agisse d’un phénomène somme toute naturel ou d’une conséquence des émissions de gaz à effets de serre provoquées par l’activité humaine, on ne peut rester indifférent à la situation. Cliquez ici pour lire la suite et visualiser le clip vidéo

DONALD TRUMP DECLARE U.S. WITHDRAWAL FROM PARIS CLIMATE AGREEMENT

Comme le montre l’image qui illustre le texte de présentation de la chronique vidéo, si les ours polaires se sont montrés profondément dépités en apprenant la sortie des Etats-Unis de l’accord climat, sur tous les continents une immense tristesse a été partagée par l’ensemble de l’humanité.
Jamais le suspense relatif à la décision d’un chef d’Etat représentant la première puissance mondiale également premier pollueur de la planète, n’aura été aussi intense qu’insupportable, en dehors des déclarations de guerre, même si elle en a cruellement donné l’impression et laissera des traces.
Alors que la surchauffe est d’ores et déjà perceptible sur la planète Terre, jamais le monde n’aura été autant au bord de l’asphyxie sur fond de risque de dénonciation d’un accord climat signé à Paris, en décembre 2015.
Pire que les reality shows, les meilleurs séries et autres films à sensations made in us, la Trump climate story s’est achevée jeudi 1er juin 2017 par une déclaration dans les jardins de la Maison Blanche.
De quoi alimenter bien des chroniques dont AWI ne pouvait pas faire l’économie.
La webradio webtv AWI vous invite à consulter la chronique vidéo de Patrick Gorgeon, directeur de la rédaction, qui bien qu’enregistrée trois heures avant que le 45e président des Etats-Unis ne fasse sa déclaration de guerre aux partisans de la lutte contre le réchauffement climatique, livrait une analyse qui s’est avérée exacte. Cliquez ici pour consulter la chronique vidéo

LA COP21 CRIE « HOUILLE ! »

Cette chronique proposée à moins d’un mois de l’ouverture de la COP21 permet de revenir sur plusieurs sujets dernièrement abordés sur AWI. Les experts du climat affirment en effet que les villes et l’innovation seront dorénavant appelées à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique.
Pour alimenter la réflexion déjà engagée sur ces thèmes, nous retiendrons entre autres deux articles publiés dans le dernier numéro de Problèmes économiques consacré à la COP21.
Il s’agit d’une part de celui intitulé « Repenser l’impact écologique des villes » signé Dominique Gauzin-Müller, architecte et rédactrice en chef de Elk/Ecologik, empreint d’optimisme, et de celui frappé de réalisme que l’on doit à Carole Mathieu, chercheuse au Centre énergie de l’institut français des relations internationales (IFRI) portant sur le caractère contraignant des engagements que devront prendre les 195 pays participants à la conférence mondiale sur le climat.
Quoi qu’il en soit, la toute récente visite de François Hollande en Chine témoigne de l’énergie déployée pour tenter d’assurer le succès de ce grand rendez-vous climat, même si rien n’est encore joué.
Premier pays émetteur de gaz à effet de serre avec 25% du total des émissions mondiales, la Chine brûlerait finalement selon des données gouvernementales encore plus de charbon +17 % qu’elle ne le laissait entendre. Selon le New York Times, cette révision à la hausse des chiffres officiels signifie que la Chine a produit près d’un milliard de tonnes de plus de dioxyde de carbone par an par rapport aux calculs initiaux, soit plus que ce que l’économie allemande émet chaque année à partir de combustibles fossiles. Quant à l’Inde qui souhaite qu’un accord concret soit signé à Paris, elle occupe pour sa part la troisième place dans le classement des plus gros pollueurs de la planète établi par le Global Carbon Projetc.
Par ailleurs, si l’Europe dont les émissions mondiales de GES ne représentent que 11% au niveau mondial se présente comme la bonne élève pour avoir réussi à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, l’Allemagne notamment, fait figure de trublion, même si ce n’est pas la seule.
En cause, l’abandon progressif du nucléaire qui a conduit ce pays, souvent cité en exemple dans de multiples domaines, à augmenter la production de ses 130 centrales à charbon.
Mais en termes d’émissions de CO2 par habitant, le pompon rouge au niveau mondial revient aux Etats Unis.
Autant dire que les efforts à produire pour relever le défi climat sont gigantesques. Les négociations seront donc particulièrement délicates pour parvenir à limiter à +2°C la température mondiale à un horizon pas si lointain, certains annonçant déjà la probabilité de +3 voire +4°C.
Les solutions d’avenir sont elles dépendantes des villes aux croissances vertigineuses et de l’innovation en plein boom ? La COP21 enverra t’elle un signal suffisamment fort en faveur d’une transition vers une économie sobre en carbone ? Telles sont les questions qui serviront de guides à la prochaine chronique audio associée à ce texte de présentation. Lire la suite

QUAND LES CATASTROPHES NATURELLES SOULEVENT LES QUESTIONS DE CLIMAT ET D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE


Cette photo impressionnante relative aux inondations qui ont frappé samedi les Alpes maritimes (REUTERS/Eric Gaillard) ressemble en réalité à beaucoup d’autres prises sur ce thème. Chacun peut en effet constater que pour illustrer l’événement, il y a presque toujours une voiture en piteux état et du goudron arraché. Cela signifie t’il que la réponse est dans la question ?
Toujours est il que lundi la préfecture du département a dressé le bilan de ces inondations en annonçant 20 morts et deux disparus, sans parler des dégâts matériels dont le chiffrage demandera du temps.
Après les pluies torrentielles qui se sont abattues sur plusieurs villes, dont Cannes, Mandelieu-La-Napoule et Antibes, environ 9.200 foyers se trouvaient encore privés d’électricité lundi matin.
Alors bien entendu, comme toujours, lorsque de pareils événements surviennent, on cherche des responsables. Mais il faut rester prudent dans l’appréciation du phénomène et de ses causes. Car des drames de cette nature ont déjà eu lieu chez nous comme dans de nombreuses régions du globe. Et ils ont parfois fait davantage de dégâts et de victimes. Comme le souligne un expert, il est très difficile de dire s’il y a un responsable dans l’histoire qui s’appelle réchauffement climatique ou urbanisation galopante. « Les deux mon général », serait on tenter de dire!
Quoi qu’il en soit, force est de constater que tout le monde a un peu, pour ne pas dire beaucoup, joué avec la nature depuis déjà un certain temps. En pensant qu’on pouvait bétonner et goudronner à outrance partout et sans risques, qu’on pouvait ignorer l’importance que revêt l’entretien des espaces naturels, des fossés aux forêts, des cours d’eau aux côtes littorales, des vallées et plaines aux montagnes…
Il est certain qu’avec le réchauffement climatique avéré, cette conduite à haut risque ne donne que plus d’acuité à la façon que nous avons eu de gérer l’occupation de l’espace et donc d’aménager le territoire,en sur-densifiant des espaces urbains, en créant des zones d’activités qui ont poussé comme des champignons. En agglomérant plutôt qu’en recherchant un juste équilibre. Le ministère de l’écologie précise d’ailleurs qu’en France, 11 % de la population est exposée au risque d’inondation par cours d’eau selon. On sait ainsi pertinemment qu’en métropole, 12 départements ont 20% ou plus de leur population dans des zones où le risque d’inondation existe, comme dans le Var, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Alpes-Maritimes notamment. Et comme nous avons la mémoire courte, sans doute faut-il rappeler quelques-unes des catastrophes naturelles, pas si anciennes que çà, qui ont marqué l’histoire de ces dernières années en France mais aussi à l’étranger, provoquant des dégâts considérables sur le plan matériel et humain. Lire la suite

« BEHEMOTH » DENONCE LE DEVELOPPEMENT INSOUTENABLE D’UNE INDUSTRIALISATION MASSIVE EN CHINE


Nous ne pouvions trouver meilleure façon d’illustrer* cette fin de semaine faite d’actualité brûlante, le jour où Chine et USA annoncent une déclaration commune sur le climat.
Produit par l’INA en coproduction avec Arte France et récompensé par le Green Drop Award, « BEHEMOS » qui s’est vu décerner le prix SIGNIS 2015 lors de la 72e Mostra de Venise est un film que l’on doit à Zhao Liang. A sa manière, ce film est une représentation visuelle de la récente encyclique du Pape François centrée sur la question écologique, dans laquelle il invite chacun « à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète ». Un souverain pontife qui a poursuivi jeudi son évangélisation climatique devant le Congrès américain, avant de livrer aujourd’hui son message aux 50 chefs d’Etat réunis à l’ONU.
« BEHEMOTH » dévoile la face nouvelle et dramatique de la Mongolie-Intérieure chinoise. Dans ce documentaire, Zhao Liang parcourt d’Est en Ouest ce vaste plateau où les prairies cèdent la place aux mines de charbon. Sous ses yeux se déploie le processus barbare de l’économie moderne chinoise. « BEHEMOTH » filmé en 4K navigue entre rêve et réalité, allégorie et âpreté du réel, entre images, sons directs et musiques. La voix off du narrateur, du voyageur, inspirée de La Divine Comédie de Dante, est aussi celle du cinéaste, témoin des bouleversements de son pays, tandis que les différentes séquences du film établissent un enchaînement de cause à effet, propre à démontrer à quel prix la Chine paie son accession au rang de puissance économique majeure.
Pour sa capacité à illuminer d’une façon poétique les conséquences de la sur-industrialisation au détriment de l’humanité, particulièrement les populations pauvres : avec courage et lucidité, le réalisateur interroge notre monde moderne : conditions des travailleurs émigrés, inégalités sociales, exploitation du travail, destruction de l’environnement…
Selon le jury SIGNIS 2015 GREEN DROP AWARD 2015 : »Si un film peut être une prière, alors « BEHEMOTH » en est une, issue de la profondeur de l’âme d’un artiste qui parle de la souffrance de ceux qui n’ont aucun nom ».
« En équilibre entre poésie et réflexion métaphysique, le film se révèle être un documentaire de dénonciation sur le développement insoutenable de la Chine et des sociétés industrialisées », le jury du Green Drop Award ayant tenu à expliquer son choix en précisant : « Les hommes, les femmes, la nature sont représentés comme un sacrifice au nom d’une industrialisation massive. Dans ce voyage dantesque simulé par le metteur en scène chinois, il y n’a pas de salut mais un enseignement moral, un avertissement pour les spectateurs de chaque latitude du globe. »
Nous vous invitons à regarder deux courts extraits de « BEHEMOTH » qui sera diffusé en novembre dans le cadre du Festival du Documentaire d’ARTE. A ne surtout pas manquer ! Lire la suite

LE CLIMAT PRIS AU JEU DES QUESTIONS REPONSES


Non, la question n’aura pas de lien direct avec la triste affaire Volkswagengate transformée en dieselgate qui alimente depuis quelques jours les gros titres de vos journaux. Pas plus que la réponse qui nécessitera de nombreuses enquêtes et promet quelques rebondissements. Avouons tout de même que ce scandale tombe bien mal en jetant un doute épais sur les techniques utilisées pour lutter contre les émissions de particules et autres gaz à effet de serre que l’on sait provenir en grande partie des moyens de transport, gros contributeurs au réchauffement climatique.
En revanche, pour répondre aux questions que chacun se pose légitimement concernant le climat et son impact planétaire, nous avons choisi de privilégier deux ouvrages très différents et complémentaires.
Tout d’abord « Parlons Climat » un petit ouvrage dont la lecture ne peut être que chaudement recommandée aux eco-citoyens de 7 à 107 ans . Publié dans la collection « Doc en poche » par la Documentation française, ses auteurs Christophe Cassou et Valérie Masson-Delmotte, physiciens et climatologues, répondent en effet clairement en moins de cent pages à 30 questions d’une actualité brûlante qui vont mobiliser 195 pays autour de la COP21 en fin d’année, à Paris.
Ensuite, le dernier numéro de Problèmes économiques qui propose une série d’articles en posant la question : « Quels objectifs pour le développement après 2015 ? »
Si les 8 objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui arrivent à échéance fin 2015 consistaient notamment à réduire de 50% la pauvreté, améliorer les conditions de vie des plus démunis, lutter contre la maladie et généraliser l’instruction élémentaire…, les objectifs pour le développement durable (ODD) fixés à l’horizon 2030 qui seront présentés fin septembre, lors d’une assemblée générale des Nations unies à New-York, vont bien au-delà. En dehors des problèmes déjà abordés qui demeurent des préoccupations majeures, un certain nombre de nouveautés apparaissent. Il s’agit entre autres de l’accès à une énergie abordable et durable, de la lutte contre le changement climatique, de la préservation des océans, de la disponibilité de l’eau et de l’assainissement pour tous, de l’encouragement aux partenariats pour le développement durable.
Et comme vous allez pouvoir le constater en écoutant la chronique audio, ces deux approches sont particulièrement instructives pour qui souhaite s’intéresser au climat et aux perspectives de développement sur Terre. Lire la suite

L’AVANT-PROJET D’ACCORD DE LA COP21 PAS BONN ET UN FRANCOIS HOLLANDE PEU DISERT SUR LE CLIMAT


En annonçant, il y a peu, que le 1er septembre serait désormais la « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création », le pape François,, toujours très au fait de l’actualité, aurait aimé graver dans le marbre une journée mondiale pour l’environnement.
Mais cet appel au réveil des consciences des nations, venu du Vatican, lancé à la veille de conférence internationale sur climat, a fait un flop.
Le pape François, homme très engagé pour la sauvegarde de l’humanité doit aujourd’hui douter de l’existence d’une réelle volonté des représentants des peuples à s’accorder sur les moyens financiers et solutions techniques susceptibles de permettre l’atteinte des objectifs visant à lutter contre le réchauffement climatique.
Car en lançant lors de la session de négociations ouverte à Bonn un appel aux participants pour que ceux qui sont en mesure de le faire apportent leur contribution, Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre de l’ONU sur le climat, a dû constater que la quête était bien pauvre.
Et force est d’observer que la grande conférence qui doit réunir à Paris 195 pays autour des questions climatiques manque de financement. Les caisses de l’ONU présentent en effet un trou de 1,2 million d’euros. Autrement dit, en l’état actuel, il y aura tout juste de quoi payer la session de négociations ouverte lundi à Bonn qui n’a d’ailleurs pas été à la hauteur des espoirs, mais de plus, il n’y aura pas assez pour couvrir la prochaine session prévue en octobre.
Or, sans ces rencontres, il sera difficile d’élaborer l’avant-projet d’accord qui doit être soumis aux débats de la COP21 à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.
Faut-il croire à la sauvegarde de la planète et au miracle ?
Rien n’est moins sûr, la sixième conférence de presse du Président de la République d’une durée de deux heures qui s’est tenue le 7 septembre n’ayant accordé que 5 petites minutes aux enjeux de la conférence internationale sur le climat (COP21) qui butent visiblement sur la question essentielle du financement. Lire la suite

GARDER ESPOIR QUE LA FIEVRE RETOMBE


Les belles images qui fleurissent parfois dans notre champ d’émissions ne doivent pas masquer certaines réalités moins réjouissantes.
En titrant « Ca passe ou ça casse » la chronique proposée le 9 juin sur AWI dénonçait les risques planant sur la possibilité que la Grèce et les ténors de l’Europe parviennent à un accord sur fond d’exigences financières jugées inacceptables par le débirentier. Au-delà de l’effondrement avéré des places financières que provoque le climat délétère entretenu par le risque de « Grexit » de la Grèce, c’est en réalité l’équilibre global qui apparaît de plus en plus menacé.
Il en est de même dans un tout autre domaine, s’agissant cette fois de la conférence mondiale sur le climat ( COP21) et des défis qu’il appartient aux Etats de relever pour tenter de conjurer le mauvais sort qui menace de s’abattre sur les peuples au niveau planétaire. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) conclut d’ailleurs aujourd’hui dans son rapport « World energy outlook special report : Energy and climate change Energy and climate change » que les contributions déposées à ce jour par 39 pays sur les 196 vers la COP21 ne permettront pas de contenir l’augmentation de la température moyenne mondiale en-dessous du seuil des 2°C, les émissions de GES risquant de conduire à une augmentation de la température moyenne mondiale d’environ 2,6°C d’ici 2100 et 3,5°C après 2200. Autrement dit, en l’état actuel, le compte n’y est pas et le risque de dérèglement climatique demeure patent.
Pour alimenter le climat de suspicion, l’actuel PDG de Renault-Nissan a pour sa part mis de huile sur le feu en déclarant lors d’une récente conférence de presse : « Alors que Paris et le monde se préparent pour la conférence COP21 sur le changement climatique mondial, nous devons nous assurer que des politiques ambitieuses sur le changement climatique n’entrent pas en conflit avec la nécessaire protection de l’emploi et de la croissance en Europe ».
Et d’estimer que l’objectif consiste avant tout à trouver un juste équilibre qui repose essentiellement sur le maintien de l’activité et la préservation des emplois.
Il est vrai que de nombreux facteurs récents confortent ce type de discours. Des cours du pétrole qui poursuivent leur baisse et des menaces d’instabilités géopolitiques qui gagnent du terrain sur bien des continents, y compris en Europe.
Autant d’événements qui ne favorisent guère une sortie de crise et un authentique passage au vert.
La période que nous traversons n’envoie donc aucun signe propre à susciter de solides espoirs d’accalmie à court terme. Nous entrons dans une période de très fortes turbulences dont personne ne semble en mesure d’apprécier les conséquences à plus ou moins brève échéance, et face auxquelles il importe de témoigner de résilience.
La France qui a pour seuls véritables moteurs économiques son industrie de l’armement et son aéronautique civile contribue comme d’autres à alimenter une machine infernale qui alourdit le climat voire n’attend plus qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Mais il faut toutefois rester optimiste, sachant que les accès de fièvre qui frappent les humains comme la planète n’ont en-soi rien d’inéluctables.Voilà pourquoi la chronique audio se penche sur la fée électricité qui tente de jouer de sa baguette magique dans l’univers de la mobilité pour assurer transition énergétique et développement durable.Suivez le guide ! Lire la suite