LE CINEMA FAIT FESTIVALS COMBLES


Le choix de l’affiche de la Mostra de Venise 2015 pour illustrer cette chronique audio ne doit rien au hasard. Il s’agit en effet du seul Festival du cinéma qui utilise l’expression « art cinématographique ».
Un 7e art très prisé par un large public, en dépit d’une diminution de fréquentation de 4,3 % sur les 12 derniers mois par rapport aux 12 mois précédents, les entrées dans les salles étant estimées à ce jour en France à 202,20 millions.
Outre les effets induits de la crise économique, la multiplication des moyens de diffusion via les nouvelles technologies internet notamment explique sans nul doute ce phénomène qui ne traduit en rien une moindre appétence pour la production cinématographique tant française qu’étrangère.
Alors que les feux des projecteurs et des critiques éclairent en cette période de l’année de nombreux Festivals du cinéma, on ne peut rester de marbre face à cette actualité qui confirme l’arrivée d’un certain nombre de nouveautés. Surtout lorsque samedi soir le prix du meilleur scénario est remis à Christian Vincent pour son film L’Hermine et celui de la meilleure interprétation masculine à Fabrice Luchini qui y incarne «le juge à deux chiffres» ainsi surnommé en raison de ses sévères sentences. Car le 72e Festival d’art cinématographique de Venise rend ainsi un double hommage marquant au cinéma français.
A l’instar de tous les arts, le cinéma demeure une industrie de la création et du rêve dont les œuvres parviennent quelques fois à conserver leur pouvoir d’attraction sur plusieurs générations. Les exemples ne manquent pas!
Les pouvoirs du cinéma sont donc immenses.
Et c’est en cela que la Mostra de Venise, le Festival du cinéma américain ou asiatique de Deauville, ou encore celui de Toronto qui se tient jusqu’au 20 septembre notamment, constituent des temps forts en termes de découvertes et de révélations.
Outre l’intérêt présenté par les films français, la production cinématographique étrangère est également pourvoyeuse de talents et constitue en tant que tel un excellent instrument de rapprochement culturel qui permet de sortir de standards et autres séries qui connaissent un indéniable succès à l’échelle planétaire. Sur des thèmes très différents, certains de ces films qui vivent leur examen de reconnaissance en passant sous les fourches caudines de jurys savent dépendre d’un jugement par définition arbitraire qui sera relayé dans les médias.
Les courts et longs métrages réalisés par des metteurs en scène étrangers que nous connaissons peu ou pas du tout, et dont les rôles sont interprétés par des acteurs que nous sommes le plus souvent amenés à découvrir, participent pour notre plus grand plaisir à notre enrichissement cinématographique, qu’ils viennent entre autres d’Amérique du sud, d’Inde, d’Afrique, du Moyen-Orient. D’où les légitimes attentes suscitées par la 23e édition du Festival du cinéma russe qui aura lieu à Honfleur du 24 au 29 novembre. Lire la suite

LES FILMS SELECTIONNES POUR LA 39eme EDITION DU FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE FONT AIMER LE 7eme ART « MADE IN US »

Vincent Lindon
président du jury

Le 39eme Festival du Cinéma Américain de Deauville dont les Prix seront remis dimanche soir, aura tout d’abord eu pour mérite d’offrir une sélection de films très différents, tous d’excellente qualité. Qu’il s’agisse des films en compétition ou de ceux présentés parmi les premières, ce que nous avons pu voir nous a  véritablement séduit, mais aussi souvent surpris. Au-delà des sujets, des scénarios, des mises en scènes, des acteurs, des décors… chaque film s’est fait porteur d’intrigues et de messages qui ne peuvent laisser les spectateurs indifférents. Il est bien entendu impossible de comparer « All is lost » réalisé par J.C Chandor avec Robert Redford dans lequel ce dernier ne prononce que deux mots « I fuck » et « SOS » en nous faisant plonger dans la détresse du grand large avec « Breathe in » de Drake Doremus, magnifiquement interprété par Guy Pearce,  Amy Ryan et plus particulièrement Felicity Jones, notamment, qui relate avec finesse une histoire de passion amoureuse très bien ficelée. Nous retiendrons aussi « Blue ruin » film réalisé par Jérémy Saulnier avec Macon Blair dans le rôle principal qui illustre la détresse d’un homme en proie à son passé, ou encore « We are what we are » de Jim Mickle qui a reçu à la fin de sa projection autant d’applaudissements que de sifflets pour avoir terminé sur des scènes apocalyptiques. Mais avouons que ce cinéma américain dispose de sérieux atouts. Car parmi les autres films vus comme « The necessary death of Charlie Countryman » réalisé par Fredrik Bond avec Shia LaBeouf et Evan Rachel Wood qui nous entraine dans les bas-fonds de Bucarest ou encore « Lovelace » que l’on doit à Rob Epstein et Jeffey Freidman qui retrace la vie de Linda Lovelace, vedette de la pornographie des années 70, admirablement interprétée par Amanda Seyfriedon,on est pris au jeu, collé à l’écran.
Tous ces films qui retiennent l’attention du début à la fin font réagir, réfléchir sans jamais générer le moindre ennui. Cette année, le Festival du Cinéma Américain de Deauville a su nous servir sur planches des films originaux, des personnages charismatiques et des scènes inoubliables.
Vincent Lindon, président et les membres du jury ont certainement dû tourner plusieurs fois autour de la table pour déterminer quels films, quels réalisateurs, quels acteurs retenir pour cette 39eme édition. Une source d’inspiration pour le cinéma français actuellement en panne.
En vous invitant à regarder la bande-annonce du film « All is lost » et un extrait de « We are what we are », nous avons voulu lancer deux hameçons afin de vous donner envie de mordre et de vous régaler de 7eme Art « made in US ». Lire la suite

39eme EDITION DU FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE : COUP DE PROJECTEUR SUR « SHORT TERM 12 »

Nous sommes actuellement et jusqu’au 8 septembre 2013 en plein Festival du Cinéma Américain de Deauville. Et aujourd’hui, AWI vous le dit, il nous a été donné de voir un film formidable. Sans vouloir influencer les décisions qui seront prises par les membres du Jury présidé par Vincent Lindon, comédien, scénariste et réalisateur, nous affirmons ici que « Short term 12 » ne pourra quitter les planches de cette 39eme édition sans remporter un, voire plusieurs Prix. Qualité de réalisation, qualité d’interprétation de tous les acteurs sont bien au rendez-vous pour ce film qui nous fait vivre l’ambiance d’un foyer d’accueil aux Etats-Unis avec des scènes inoubliables. Après avoir vu quelques films à dominantes globules rouges, celui là sort de « l’ordinaire ». Réalisé par Destin Cretton, né à Maui ( Hawaï aux Etats-Unis) ce film nous raconte l’histoire de Grace, la vingtaine, qui est surveillante dans un foyer d’accueil pour adolescents en difficulté. Tourmentée par le passé qui est le sien, elle se montre passionnée par son travail et s’occupe des jeunes pensionnaires, garçons et filles, avec dévotion et soin. Jusqu’au jour où Jayden, une adolescente douée mais très perturbée, est admise dans l’établissement. Grace doit alors affronter ses propres démons! La « standing ovation » qui a suivi la projection de ce film projeté dans la salle du CID en dit long. Ce film intelligent sait émouvoir et provoquer des chocs émotionnels qui traduisent très fidèlement la détresse que peuvent connaître des adolescents victimes de divers sévices, mais aussi l’indispensable écoute et compréhension dont doivent faire preuve ces jeunes qui assurent l’encadrement et ont parfois eux-mêmes connu des situation difficiles. Un film à voir absolument lorsqu’il sortira en salles en France. La bande-annonce de « SHORT TERM 12 » que nous vous invitons à regarder a pour but de vous faire partager ce que nous avons ressenti en voyant ce film. Lire la suite

UN FILM A NE PAS MANQUER A LA RENTREE

JIMMY_P_120Jimmy P (Psychothérapie d’un indien des plaines), long-métrage britannique réalisé par Arnaud Desplechin avec Benicio Del Toro et Mathieu Amalric dans les rôles principaux ne sortira en salles que le 11 septembre prochain. Toutefois, AWI a souhaité vous présenter en avant première la bande annonce de ce film qui retrace une histoire vraie. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis à l’hôpital militaire de Topeka, au Kansas, un établissement spécialisé dans les maladies du cerveau. Jimmy Picard souffre de nombreux troubles : vertiges, cécité temporaire, perte d’audition… En l’absence de causes physiologiques, le diagnostic qui s’impose est la schizophrénie. La direction de l’hôpital décide toutefois de prendre l’avis d’un ethnologue et psychanalyste français, spécialiste des cultures amérindiennes, Georges Devereux. JIMMY P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) est le récit de la rencontre et de l’amitié entre ces deux hommes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, et qui n’ont apparemment rien en commun. L’exploration des souvenirs et des rêves de Jimmy est une expérience qu’ils mènent ensemble, avec une complicité grandissante, à la manière d’un couple d’enquêteurs. Un rendez-vous cinéma de rentrée qui permet de rappeler aux cinéphiles branchés planches que la 39ème édition du Festival du Cinéma Américain se déroulera du vendredi 30 août au dimanche 8 septembre 2013 à Deauville Lire la suite

AVEC « BLUE-JASMINE » ACTUALITE ET CINEMA NE FONT QU’UN

Compte tenu du caractère assez décourageant de l’actualité économique et d’une météo peu enthousiasmante au niveau hexagonal, nous avons voulu débuter la semaine avec la présentation du dernier film de Woody Allen qui ne sera visible chez nous en salle obscure que fin septembre.
L’histoire est en effet intéressante à double titre, Cate Blanchett interprétant le rôle d’une New-Yorkaise blasée et ruinée dont le mari Al joué par Alec Baldwin a été arrêté pour fraude. La superbe et talentueuse actrice se retrouve aux prises avec une situation qui s’inscrit dans un monde bien réel. L’ Australienne qui fût étudiante en économie avant de devenir actrice voit ainsi dans « Blue Jasmine » un rôle taillé sur mesure.
L’occasion de rappeler que selon le dernier classement de Bloomberg, 11 femmes font partie des 100 personnes les plus riches du monde. Pas de quoi pleurer sur le sort de Christy Walton et de sa belle sœur Alice, héritières de la société Wal-Mart classée troisième entreprise mondiale en termes de chiffre d’affaires selon Forbes. Ni sur celui de Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal, seule française figurant au classement.
Cate Blanchett qui avait déjà su nous épater et nous séduire notamment dans le Seigneur des anneaux, l’elfe Galadriel, ou encore dans Aviator sous les traits de Katharine Hepburn s’offre un personnage tout en contrastes où se mêlent anxiété, cauchemars, dépression sur fond d’alcool de xanax… Avec Blue Jasmine, Woody Allen revient à son premier amour en tant que metteur en scène : le drame. Vivement la rentrée ! Lire la suite

« LE PREMIER HOMME » UN FILM DE GIANNI AMELIO TIRE DE L’OEUVRE INACHEVEE D’ALBERT CAMUS

D’Albert Camus et de sa vision de l’Algérie, on retenait  surtout jusqu’ici deux de ses romans:  « La Peste » et « l’Etranger ». En revanche, le roman inachevé à caractère autobiographique d’Albert Camus qui est à l’origine du film réalisé par Gianni Amélio est beaucoup moins connu. Pourtant, cette oeuvre est déjà par elle-même porteuse d’un scénario. En effet, le 4 janvier 1960,  une Facel-Vega, voiture de sport de l’époque,  dérape sur une chaussée glissante et s’écrase contre un platane. L’accident fait plusieurs victimes parmi lesquelles Albert Camus, romancier, essayiste, dramaturge, journaliste, prix Nobel de littérature. Dans les débris, on retrouve une serviette en cuir. Elle contient le manuscrit, inachevé, du Premier homme. Et c’est Catherine Camus,  sa fille, qui  s’est appliquée au travail difficile de le dactylographier. En 1994 , soit 34 ans après la disparition de l’écrivain. les Éditions Gallimard publient ce manuscrit d’Albert Camus qui trouve ici sa transposition cinématographique  Un film qui revient  sur une douloureuse période de la guerre d’Algérie et jette un nouvel éclairage sur les reproches qu’on faisait  à Albert Camus  de nier l’existence du peuple Arabe. « Le Premier homme » sortira en salles le 27 mars. Lire la suite

JEUNE CINEMA MADE IN RUSSIA 100% KOKAREVA

Vera Kokareva ne faisait pas partie des réalisateurs sélectionnés dans le cadre du XXe Festival du cinéma  russe qui s’est déroulé à Honfleur  du 20 au 25 novembre. Et pourtant, c’est avec cette jeune étudiante russe qui termine son cursus à l’Université  du Cinéma image et son basée à Trappes dans les Yvelines que nous avons choisi de nous entretenir. Simplement pour avoir une vision authentique du cinéma russe d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi  mieux connaître l’une des réalisatrices du cinéma russe de demain. Parmi les  longs métrages que nous avoir pu voir à cette occasion, plusieurs  ont retenu notre attention qu’il s’agisse de sujets traités avec beaucoup d’humour dans « Kokoko », de Avdotia Smirnova ou  Liza et Vika sont deux  figures opposées  et complémentaires  d’un même monde qui s’appelle  la Russie,  de  sujets plus graves comme « Quatre jours en mai » une coproduction  Russie-Allemagne  de Achim  von Borries qui retrace un évènement survenu  quatre jours avant la fin de  seconde guerre mondiale. Sans parler  de sujets de société  avec  » Je serai près de toi », de Pavel Rouminov, un film particulièrement  bouleversant  ou Inna, une jeune  femme  dynamique, joyeuse, remarquablement interprétée par  Maria Shalaeva  se trouve confrontée aux épreuves d’une longue maladie. L’interview de Vera Kokareva vous permettra  ensuite de découvrir un extrait de son court-métrage intitulé : « Le Pèlerin » Lire la suite

LA TRAVERSEE

Avant que la 20e édition du  Festival du cinéma russe qui se déroulera  du 20 au 25 novembre, à Honfleur, ne présente une sélection de films de fiction russes, une rétrospective thématique, un programme « Panorama», des documentaires, des dessins animés, et un programme « Jeune Public », AWI a choisi de braquer son projecteur sur le dernier film français de Jérôme Cornuau: « La Traversée ».

Dans ce thriller, Lola Arendt, une petite fille de 8 ans disparaît dans une Ile d’Ecosse. Ses parents, Martin et Sarah , brisés, ne résistent pas au drame et se séparent. Deux années plus tard, Lola est retrouvée à l’endroit exact où elle avait disparu. Elle est vivante, apparemment en bonne santé, mais reste plongée dans un étrange mutisme.

Martin retourne seul sur l’île pour la chercher et la ramener : Au bonheur des retrouvailles succèdent les interrogations et la peur : Où était Lola ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi ne parle-t-elle pas ?
Pourquoi Sarah semble lui avoir caché des informations quant à cette réapparition soudaine ? Quel est ce secret qui plane autour de Lola?
Réalité ou paranoïa, Martin se sent épié, tout lui paraît suspect. La traversée de cette île du bout du monde, dans un paysage sauvage, étrange et menaçant, les mènera inexorablement vers la plus insoutenable des découvertes… Bande annonce ! Lire la suite

LE CINEMA  » MADE IN ASIA » SE PROJETTE A DEAUVILLE

Kiyoshi KUROSAWA

La 14eme édition du Festival du  film asiatique , qui se tient à Deauville, du 7 au 11 mars 2012, fournit l’occasion d’ouvrir les yeux sur un continent impressionnant à plus d’un titre.

Par ses dimensions géographiques tout d’abord, puisqu’il  s’agit du plus grand continent au monde qui s’étend sur 43.810.582 km2 ; par sa composition forte de 46 Etats ; par ses peuples qui représentent au total près de 4 milliards d’habitants ; par son PIB et son taux de croissance – inégalement partagé-  globalement de l’ordre de 7,9% ; par  la richesse de ses ressources naturelles ( pétrole, forêts, eau, poissons, cuivre, argent, riz…,et bien sûr celle de ses cultures et notamment de son cinéma. Lire la suite

LE CHANT DU COQ

Cocorico, cette onomatopée par laquelle on désigne le chant du coq a aujourd’hui toutes raisons de résonner dans les chaumières.
« Dujardin », des champs, des prairies, des bocages ; acteurs de l’univers cinématographique et acteurs du monde rural, se partagent en effet l’affiche.
Et les vedettes de la 84eme cérémonie des Oscars à Hollywood, tout comme les futurs médaillés de la 49eme édition du salon International de l’agriculture à Paris, justifient qu’on pousse, en cette fin février 2012, un cocorico. Car, il y a bien un air de performances d’acteurs derrière ces deux manifestations qui s’inscrivent dans des registres très différents.
C’est ce qu’on appelle un mélange des genres qui donne à la France l’occasion de faire parler d’elle en affichant ses productions et ses talents. Lire la suite