COP24 : UNE ETAPE VITALE D’UN LONG PROCESSUS DEVENU INCONTOURNABLE

Antonio Guterres – Secrétaire général de l’ONU


Organiser la COP 24 en Pologne, était placer sur un terrain charbonneux une ambition proprement climatique qui, de COP en COP, donne simultanément l’impression de se heurter à un mur d’incompréhension et à un retard à l’allumage.

En dépit de la présence ponctuelle côté français d’un premier de mêlée en la personne de François de Rugy, successeur de Nicolas Hulot au poste de ministre de la transition écologique et solidaire, nous sommes partis cette année avec deux handicaps.

La perte d’un pilier de la politique écologique bénéficiant d’un solide crédit auprès d’une large partie de la population et des évènements politiques économiques et sociaux qui ont laissé peu de marge de manœuvre à toute initiative visant à lutter réellement contre le réchauffement climatique.

Dans ce contexte, la tentative ratée du président français Emmanuel Macron d’augmenter la taxe carbone sur les carburants, revendication première des gilets jaunes, était pourtant selon les observateurs et investisseurs présents au sommet des Nations Unies sur le climat à Katowice, l’exemple de ce qu’il fallait faire.

A l’issue d’une première semaine de concertations, les ministres ont repris lundi le fil de leurs discussions pour entrer dans une deuxième semaine cruciale, les négociations ayant pour objectif de concrétiser les termes de l’accord de Paris, alors que le financement de la lutte contre le réchauffement de la planète demeure un sujet de controverse.

La conviction dont font preuve les plus grands investisseurs du monde sonne comme un sérieux avertissement.
Ces derniers estiment en effet que ne pas s’attaquer aux causes du réchauffement climatique conduirait à devoir faire face à un krach financier pire que celui de 2008. Une opinion visiblement largement partagée à l’échelle mondiale. Lire la suite