INTEGRATION DES MIGRANTS EN FRANCE – LA FEUILLE DE ROUTE DEVOILEE

La diffusion ce lundi d’une chronique épistolaire intitulée : « L’IMMIGRATION : UN SUJET POLITIQUE QUI RONGE LA SOCIETE » puis d’une chronique audio venue la compléter sur la base de la question posée dans le dernier numéro des Cahiers français :« Quelle politique migratoire pour la France ? » se justifiaient à plus d’un titre.
Ces dernières permettent de revenir sur les arbitrages de l’exécutif concernant l’intégration des migrants qui ont été dévoilés mardi par le Premier ministre. D’autant que les décisions prises font écho aux observations voire recommandations émises par plusieurs observateurs avertis auxquels ces chroniques font référence.
Toutefois, si les 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France contenues dans le rapport parlementaire du député LRM du Val-d’Oise Aurélien Taché ont permis d’enrichir la réflexion et de définir des actions prioritaires, force est constater que l’une d’elles ayant trait à l’accès au logement n’a pas été retenue.

Il n’y aura donc ni prime de 1 000 euros aux communes qui proposent un logement ni « crédit d’impôt solidarité » pour les particuliers hébergeant gratuitement un étranger, comme le suggérait le rapport. On se limitera à l’application du droit commun, la circulaire du 12 décembre 2017 prévoyant la « mobilisation de 20 000 logements » sous l’impulsion des préfets. Il est néanmoins intéressant d’observer que Le gouvernement compte développer certains dispositifs d’intégration expérimentaux à l’instar du programme HOPE (hébergement orientation parcours vers l’emploi) afin de faciliter l’accès à l’emploi dans des secteurs en tension comme le BTP, les services et l’industrie. 1 000 réfugiés devraient en bénéficier dés 2018. En 2018, 3 000 jeunes migrants se verront également proposer un « sas linguistique et socioprofessionnel » (garantie jeune, apprentissage…) d’une durée de 3 à 6 mois. Leur nombre devrait atteindre 5 000 en 2019. Si le rapport Taché avait évalué le coût total de ses propositions à un peu plus de 600 millions d’euros, les moyens financiers alloués à l’accueil des migrants en France devraient plutôt avoisiner les 200 millions. L’accent est mis sur des mesures à juste titre considérées comme indispensables. Lire la suite

L’IMMIGRATION UN SUJET POLITIQUE QUI RONGE LA SOCIETE

L’immigration qui est devenue une question politique majeure en Europe comme aux Etats-Unis, influence considérablement la montée en puissance des nationalismes et autres populismes dont témoignent les résultats des dernières élections.

En Italie, Matteo Salvani, leader de la Ligue qui a été nommé ministre de l’intérieur, un des postes clé du gouvernement, a d’ailleurs conformément à ce qu’il avait annoncé lors de sa campagne électorale confirmé ses intentions. Objectifs : « renvoyer chez eux » près d’un demi-million de « clandestins » ; refuser aux bateaux des ONG, opérationnelles au large de la Libye, la possibilité de jeter l’ancre dans les ports italiens ; bloquer toutes les frontières du pays.

L’écho de ce durcissement de la politique migratoire a immédiatement résonné en Slovénie, le Parti démocratique slovène (SDS) ayant remporté ce dimanche les élections législatives, avec 25 % des voix. Tout au long de sa campagne, son président Janez Jansa avait brandi le spectre d’une invasion migratoire dans son pays. Et force est de constater que dans ce petit pays d’un peu plus de 2 millions d’habitants, son message a été capté par de nombreux électeurs.

Même l’Allemagne qui faisait encore, il y a peu, figure d’exemple en matière d’accueil et d’intégration des migrants, ces derniers ayant permis de palier le déficit en termes de main d’œuvre et donc de renforcer la compétitivité du pays, se trouve au pied du mur. Lire la suite

COP 23 : IL FALLAIT ATTENDRE QUE JUPITER SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID


Depuis la COP 21, en décembre 2015, dont le succès et l’impact planétaires n’ont à ce jour pas connu d’équivalent carbone, les COP se suivent et écopent d’intentions salutaires qui peinent à se transformer en actes. Après la COP 22 de Marrakech, courtoise virgule sur fond de réchauffement climatique et de désertification particulièrement sensibles dans les pays du sud, la COP 23 se devait d’éviter tout bégaiement climato-énergético-politique.

Il fallait donc que notre Jupiter à tous s’exprime à ce sujet. A Bonn bien entendu !

La chronique audio que nous vous invitons à écouter sur cette webradio webtv indépendante, s’articule sur les déclarations d’Emmanuel Macron, président de la République française et celles d’Angela Merkel, chancelière allemande, lors de la COP 23. Elle fournit également l’occasion d’évoquer plusieurs contributions de spécialistes parues dans le dernier numéro des Cahiers français publié à la Documentation française sous le titre :  » Exigences écologiques et transformations de la société ». Pour écouter la chronique audio de Patrick Gorgeon, cliquez ici

UNE MINISTRE EXPERIMENTEE POUR SOIGNER LE TRAVAIL

En nommant Muriel Pénicaud, ministre du Travail au gouvernement Edouard Philippe, Emmanuel Macron va t’il parvenir à désamorcer l’un des dossiers qui figure parmi les plus explosifs de son début de mandat ?
Toujours est-il que dés son arrivée, cette femme qui dispose d’une solide expérience dans le secteur privé et public, semble bénéficier d’un a priori favorable de la part de syndicats comme FO et la CFDT, même si coté patronal, Medef et CGPME, on attend de voir. Il est vrai que cette femme connaît bien le monde de l’entreprise.
En raison des postes à responsabilité qu’elle a occupés en tant que DRH au sein de grands groupes français, les questions concrètes liées au travail sont loin de lui être étrangères. De plus, son parcours dans le secteur public témoigne également du vif intérêt qu’elle porte à ce nœud gordien auquel aucune réelle solution n’a pu jusqu’ici être apportée. Lire la suite et consulter la chronique vidéo de Patrick Gorgeon

QUAND LE BUDGET 2016 RABOTE LES AIDES AU LOGEMENT

Secteur particulièrement privilégié en termes d’aides versées par l’Etat, le logement a toujours fait figure, sous les gouvernements de gauche comme de droite, de pierre angulaire du budget de la France. Car, au-delà des aides accordées aux investisseurs publics et privés, celles dont il est question ici concernent un tout autre public.
Comme le précise Alain Trannoy, directeur d’études à l’EHESS, directeur de l’Ecole d’économie d’Aix-Marseille : « D’un montant annuel de 18 milliards d’euros, les aides au logement constituent un dispositif phare des pouvoirs publics en direction des ménages à faible revenu, destinées à la fois à soutenir leur pouvoir d’achat et à leur garantir des conditions de logement décentes ».
En raison du nombre et de la diversité des aides susceptibles d’être accordées en accession, en location, mais aussi pour les travaux d’amélioration sur logements existants voire d’économies d’énergie, il est bien difficile de s’y retrouver au milieu de ce qu’il faut bien appeler un dédale.
Fort heureusement, un document mis en ligne par le ministère du Logement de l’Egalité des Territoires et de la Ruralité permet d’ouvrir une fenêtre sur le paysage des différentes aides auxquelles il est possible de prétendre, sous certaines conditions.
http://www.territoires.gouv.fr/IMG/pdf/aideslogement_2014_web.pdf
De l’aide à la personne à l’aide à la pierre, tous les gouvernements se sont heurtés au mur des lamentations, dés lors qu’il a fallu toucher aux aides liées aux logements. Voilà pourquoi, le projet de budget pour 2016 dévoilé le 30 septembre en Conseil des ministres annonçant que le ministère du Logement allait devoir économiser 225 millions d’euros sur les aides personnalisées au logement (APL), a jeté un froid.
Inspirées du rapport de François Pupponi, les évolutions des modalités d’attribution et de calcul des aides personnelles au logement, iront selon le ministre du Budget Christian Eckert, « dans le sens d’une plus grande équité entre bénéficiaires ». Un propos qui se veut rassurant mais qui demeure néanmoins porteur de doutes quant aux conséquences récurrentes que pourrait avoir ce coup de rabot à l’heure où la crise économique génère bien des difficultés pour de nombreux Français. La chronique audio que vous êtes invités à écouter s’appuie entre autres sur plusieurs articles publiés dans le numéro des Cahiers français ( n° 388) consacré au logement et au marché immobilier, publié à la Documentation française. Lire la suite

LE SYSTEME DE SANTE PEUT-IL EVITER LE PARADOXE ?

Le numéro de juillet-août des Cahiers français  publié par la documentation Française intitulé : «  La santé, quel bilan ?» tombe à pic. Le conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie doit en effet dévoiler jeudi ses propositions  d’économies pour 2013 qui seront ensuite transmises  au gouvernement pour préparer  le prochain budget  de la Sécurité sociale. Parmi ces dernières figurent  des mesures  d’économes dites classiques, des réformes structurelles  sur les soins lourds concernant les ALD (diabète, cancers…)  et une vingtaine de mesures plus ciblées visant à améliorer  l’accès aux soins. D’où l’intérêt des analyses proposées dans ce numéro des Cahiers français, même si certaines s’avèrent désormais caduques, notamment pour ce qui concerne la TVA sociale qui a été abrogée conformément à ce qu’avait annoncé François Hollande avant son élection à la présidence de la République. Lire la suite