LE VENEZUELA DANS LA TOURMENTE

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Ecouter la chronique de Patrick Gorgeon


La chronique intitulée : «La mauvaise santé des BRICS peut-elle déstabiliser l’économie mondiale ?» proposée début septembre 2015 sur AWI1 n’a malheureusement rien perdu de son actualité en cette période de 2016.
Outre le Brésil: l’Argentine, Cuba et le Venezuela, pays émergents non membres des BRICS, sont en effet toujours en proie à des difficultés économiques dont les conséquences pourraient s’envenimer dans les temps à venir.
Le fait qu’après un léger raffermissement de ses cours en début d’année, le baril de brent a de nouveau plongé pour franchir la barre des 40 dollars, le 2 août, n’augure rien de bon.
Il n’est d’ailleurs pas certain que les Vénézuéliens se précipitent en masse chez leurs voisins Brésiliens pour assister JO de Rio.
En revanche, ils se ruent en Colombie pour acheter médicaments et alimentation.
Le Venezuela traverse depuis déjà un certain temps une grave crise économique, financière et politique.
Grégory Wilpert avait raison de tirer la sonnette d’alarme dans le numéro de janvier 2016 du Monde diplomatique en évoquant un avis de tempête au Venezuela. Après une décennie de prospérité qui, entre 2000 et 2010, a permis de diminuer notablement les inégalités et la pauvreté, plusieurs pays d’Amérique latine sont depuis quelques temps amenés à payer les pots cassés d’une brutale rupture de croissance économique particulièrement dynamique qui a eu des effets salutaires. Mais cette prospérité qui avait pour moteur l’exportation de matières premières au premier rang desquelles le pétrole, se trouve confrontée à un renversement de tendance particulièrement préjudiciable. Les leviers du progrès économique et social ne répondent plus !
De plus, outre l’influence néfaste du climat d’insécurité et de criminalité, des PIB qui se réduisent comme peau de chagrin, des endettements qui n’ont fait que croitre de plus belle, l’instabilité politique complique un peu plus la situation.
L’obtention par l’Argentine de pouvoirs d’emprunts sur les marchés financiers, risquent dans ce pays d’affaiblir durablement l’économie en dépit des politiques d’ajustement adoptées par le gouvernement de Mauricio Macri.
Au Brésil, Dilma Rousseff, réélue en octobre 2014, vient d’être écartée du pouvoir pour six mois dans le cadre d’une procédure de destitution et remplacée par son vice-président, Michel Temer. Au Venezuela, le Conseil national électoral (CNE) a validé, lundi 1er août, la demande de l’opposition d’organiser un référendum sur le départ du président socialiste Nicolas Maduro, élu en 2013 pour un mandat allant normalement jusqu’en 2019.
Autrement dit, le caractère « sportif « des enjeux qui troublent le développement à venir des pays d’Amérique latine membres des BRICS et contrarient leurs performances économiques et sociales, revient aujourd’hui au devant de la scène sur fonds d’asthénie prolongée de l’économie mondiale.
Le cas du Venezuela évoqué dans le numéro de Problèmes économiques qui a pour titre « l’Amérique latine dans la tourmente » fait l’objet de la chronique audio que vous êtes invités à écouter. Lire la suite

LA MAUVAISE SANTE DES « BRICS » PEUT ELLE DESTABILISER L’ECONOMIE MONDIALE ?


Alors que les BRICS qui rassemblent  la Chine, le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud, se trouvent à leur tour frappés d’accès de faiblesse, on est en droit de s’interroger sur les espoirs suscités par ces pays qui ont connu des taux de croissance élevés mais aussi sur l’impact que pourrait avoir la fissuration de ces moteurs de développement. Car la crise qui se traduit par un ralentissement économique et la chute des cours des matières premières n’est pas sans conséquences sur les places boursières particulièrement volatiles qui dévissent régulièrement. Cette situation représente t’elle une véritable menace pour les pays avancés, eux-mêmes en proie à de nombreuses difficultés depuis déjà plusieurs années, et qui se voyaient bien sortir la tête de l’eau à un horizon rapproché ? Les difficultés de ces pays aussi moteurs que prometteurs en terme de développement risquent elles d’avoir des conséquences sur l’équilibre économique mondial ? Autant de questions qui méritent d’être posées à l’heure où on apprend, non sans surprise, que le Canada, un grand pays développé qu’on pensait à l’abri des aléas économiques, reconnaît avoir traversé dernièrement une récession. Lire la suite

LES « PETI » VONT DEVENIR GRANDS !

Peut-être devrions nous arrêter de regarder les BRICS comme des poids lourds incontournables dans le cadre de nos échanges commerciaux. Les pays émergents de taille intermédiaire (PETI) constituent en effet une part croissante du commerce mondial et offrent des opportunités à l’exportation aux entreprises françaises. Les ventes aux « PETI » représentent 11 % de l’ensemble des exportations dominées par les produits de haute valeur technologique, alors que les achats aux PETI regroupent des biens à moindre valeur ajoutée.
Mais qui sont ces PETI ?
Des pays européens (Turquie, Ukraine, Kazakhstan), le Maghreb (Algérie, Egypte, Tunisie, Maroc), des pays d’Afrique subsaharienne (Nigeria, Côte d’Ivoire, Kenya, Afrique du Sud), l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, des pays d’Amérique latine (Mexique, Argentine, Chili, Colombie) et d’Asie (Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Philippines).
A l’image du Myanmar (Birmanie), du Vietnam et de la Colombie, de nouvelles économies font une percée, tandis que d’autres consolident leur position, comme la Corée du Sud, la Turquie ou l’Indonésie. Tous ces « PETI » évoluent dans un contexte différent de celui des années 2000, et sont souvent moins dépendants des économies avancées et plus intégrés entre eux commercialement.
Autant d’informations reprises dans le document « Etudes et éclairages » qui vient de paraître et s’appuie sur les données douanières françaises (DGDDI) et les résultats issus des organismes internationaux.
Cette chronique audio est à rapprocher de celles diffusées dernièrement sur AWI qui portaient notamment sur les perspectives de développement des pays émergents. Lire la suite

BENIVM PLUS SOLIDE ET PORTEUR QUE BRICS ?

Inventés par de distingués économistes : BRICS, CIVETS, BENIVM sont autant d’acronymes qui reprennent parfois les mêmes pays pour tenter de donner un poids significatif à des blocs qui se forment et influencent l’économie mondiale.
Créé en 2001 par Jim O’Neil, économiste à la Banque d’affaires Goldman Sachs, BRIC ne prit un « S » qu’en 2011 avec l’arrivée de l’Afrique du Sud. CIVETS, moins connu, regroupant Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie et Afrique du Sud fût lui créé en 2009 par Robert Ward avant d’être popularisé par la banque HSBC Quant au BENIVM,  que l’on doit à Laurence Daziano, maître de conférence en économie à Sciences-Po Paris, il est de création récente puisqu’il ne date que de 2013.
Toujours est-il que ces acronymes qu’on pourrait qualifier « actronymes » jouent des rôles majeurs dans la série « Economie mondiale » riche en rebondissements. Ainsi, certains pays émergents, membres des BRICS, qui détenaient jusqu’ici de gros crédits sympathie sur la scène internationale se trouvent ils, depuis quelques temps, confrontés à de moindres performances qui leur valent d’être moins valorisés, moins soutenus. Mais les pays développés qui veulent garder la main sur le fonctionnement de l’écosystème planétaire savent à quel point il leur faut composer avec les émergents qui bien que sujets aux coups de blues restent indispensables pour donner corps à un scénario d’économie mondialisée plein de ratures. Avec parfois des coups de théâtre, les BRICS affichant brutalement des faiblesses qu’on imaginait pas. La Chine se voyant menacée par « le tournant de Lewis » . D’où l’effroi des observateurs, lorsqu’ils constatent que depuis le début du XXIe siècle, les grandes économies émergentes et notamment celles des BRICS n’ont pas eu les effets souhaités en matière de convergence économique. Ruchir Sharma, directeur des marchés émergents et de l’analyse macroéconomique mondiale chez Morgan Stanley Investment Management déclarant tout de go : « L’écart moyen de revenu par habitant entre les pays riches et les pays en développement a retrouvé son niveau des années 1950. » Le fait que les vedettes d’hier ne figurent finalement plus au box office oblige à repenser le scénario et à trouver d’autres acteurs pleins de ressources. Et c’est là qu’à partir des cinq critères cumulatifs structurant qui permettent de définir finement l’émergence économique, Laurence Daziano, par ailleurs membre du conseil scientifique de Fondapol, nous invite à nous tourner vers les nouveaux pays émergents qui définiront peut-être les perspectives du monde économique en 2050.
Un film passionnant ! Des acteurs aux talents insoupçonnés. Des figurants par millions. Un spectacle en 5D qui nous fait toucher du doigt la composition d’un monde inachevé à la recherche de ballons d’oxygène. Lire la suite

PAYS DEVELOPPES ET PAYS EMERGENTS EN PROIE AU DOUTE

Alors que la plupart des pays développés peinent à retrouver les chemins d’une véritable croissance durable, cette première chronique  vise à témoigner que nos doutes, nos peurs, notre manque de confiance en nous-mêmes, évoqués par le chef de l’Etat, le 13 janvier, sont  des sentiments partagés par bien d’autres peuples.
Ainsi, les pays membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ) qui représentent un cinquième du produit intérieur brut (PIB) mondial, 40% de la population de la planète et 43% des réserves en devises et se sont imposés comme de nouvelles puissances économiques se mettent ils eux-aussi à douter. En cause, le fort ralentissement de leur croissance qui leur impose d’innover et de mettre en place de véritables politiques de protection sociale.
Quant aux pays arabes et notamment, la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, le Yemen qui ont connu un changement de régime, mais aussi la Jordanie et le Maroc qui ont engagé des réformes politiques, ils doivent également s’engager dans une relance de l’économie et le rétablissement des équilibres fondamentaux. Car la croissance sur fond de développement durable reste le seul moteur permettant de lutter contre le chômage et de répondre aux attentes sociales qui ont été à l’origine du printemps arabe . Mais, en dépit de démarches volontaristes, les indications relatives à l’année 2013 montrent que la reprise économique demeure trop faible pour remédier pleinement au sous emploi substantiel de la région. Sans parler des tragiques évènements qui secouent la Syrie et menacent l’équilibre des pays limitrophes.
Alors que de nouveaux pays émergents semblent pouvoir bénéficier d’un boom de croissance à l’instar de l’Indonésie, et que certains petits pays du Golfe comme le Qatar affichent d’indéniables réussites à la fois économiques et sociales, nombre de pays cherchent en ce début de XXI e siècle leur modèle économique susceptible de contribuer à leur développement national et à leur participation à la mondialisation. En réalité, le sentiment d’inquiétude domine dans tous les pays. Pour preuve, il suffit que la croissance de la Chine stagne à 7,7% en 2013 et qu’on annonce un nouveau recul à 7,4% en 2014 pour que les observateurs tirent la sonnette d’alarme.
Autant d’évènements qui peuvent soit attiser nos craintes soit les relativiser. D’où l’ intérêt de porter son regard au delà du nombril de l’Hexagone voire de l’Europe pour constater qu’en dépit de la crise, les conditions de vie ne sont pas aussi mauvaises chez qu’on le pense.
Nous démarrons donc cette semaine avec l’urgence des réformes dans les pays arabes, thème d’un des récents numéros de « Problèmes économiques » publiés par la documentation Française. Lire la suite