L’AVANT-PROJET D’ACCORD DE LA COP21 PAS BONN ET UN FRANCOIS HOLLANDE PEU DISERT SUR LE CLIMAT


En annonçant, il y a peu, que le 1er septembre serait désormais la « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création », le pape François,, toujours très au fait de l’actualité, aurait aimé graver dans le marbre une journée mondiale pour l’environnement.
Mais cet appel au réveil des consciences des nations, venu du Vatican, lancé à la veille de conférence internationale sur climat, a fait un flop.
Le pape François, homme très engagé pour la sauvegarde de l’humanité doit aujourd’hui douter de l’existence d’une réelle volonté des représentants des peuples à s’accorder sur les moyens financiers et solutions techniques susceptibles de permettre l’atteinte des objectifs visant à lutter contre le réchauffement climatique.
Car en lançant lors de la session de négociations ouverte à Bonn un appel aux participants pour que ceux qui sont en mesure de le faire apportent leur contribution, Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre de l’ONU sur le climat, a dû constater que la quête était bien pauvre.
Et force est d’observer que la grande conférence qui doit réunir à Paris 195 pays autour des questions climatiques manque de financement. Les caisses de l’ONU présentent en effet un trou de 1,2 million d’euros. Autrement dit, en l’état actuel, il y aura tout juste de quoi payer la session de négociations ouverte lundi à Bonn qui n’a d’ailleurs pas été à la hauteur des espoirs, mais de plus, il n’y aura pas assez pour couvrir la prochaine session prévue en octobre.
Or, sans ces rencontres, il sera difficile d’élaborer l’avant-projet d’accord qui doit être soumis aux débats de la COP21 à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.
Faut-il croire à la sauvegarde de la planète et au miracle ?
Rien n’est moins sûr, la sixième conférence de presse du Président de la République d’une durée de deux heures qui s’est tenue le 7 septembre n’ayant accordé que 5 petites minutes aux enjeux de la conférence internationale sur le climat (COP21) qui butent visiblement sur la question essentielle du financement. Lire la suite

L’ACCORD SUR LE CLIMAT INACHEVE DE BONN

bonn-orage


Même si le reportage réalisé à Bonn par Elisa Brinai de la Deutsche Welle à l’issue de la conférence sur le climat laisse passer des notes d’optimisme, cette dernière a malgré tout un goût de symphonie inachevée. Et comme nous l’indiquions nous-mêmes dans une chronique inachevée du 2 juin dernier, le message envoyé par Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’ Énergie à 6 mois de la conférence internationale sur le climat qui doit se tenir à Paris en décembre, s’avérait fondé en dépit de son caractère fort contrariant pour ceux qui croyaient encore à une possible réussite lors de cette étape clé. Alors que les représentants de 195 pays sont engagés dans une course contre la montre pour conclure un accord politique sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter à 2°C le réchauffement climatique, Ségolène Royal qui chapeaute la COP21 avec le chef de la diplomatie Laurent Fabius, avait en effet jugé la méthode appliquée actuellement inadaptée. Elle précisait d’ailleurs que le risque d’aboutir à un nouvel échec après celui de Copenhague en 2009 était grand.
Alors que l’accord de Kyoto qui reposait sur les décisions de 37 Etats fût marqué par un échec, on imagine facilement la difficulté d’accorder les violons de 195 pays participants qui doivent harmoniser leurs points de vues sur un sujet aussi chaud que les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre le changement climatique. Il est également vrai que le dernier sondage réalisé par GreenFlex et l’Ademe démontrant que 23,7% des sondés se disent désengagés face aux problématiques écologiques contre 15% l’année en 2014 témoigne de l’importance que revêt un accord au sommet.
En réalité, nous comptions beaucoup sur l’exploit à la fois technique et humain du Solar Impulse 2 parti pour un nouveau vol de 8500 kilomètres entre Nankin et Hawaï pour encourager la démarche visant à promouvoir les innovations relatives aux énergies renouvelables et donc soutenir une démarche mondiale en faveur du climat. Mais malheureusement, cet avion qui n’utilise que l’énergie solaire pour se déplacer reste encore aujourd’hui stoppé dans son élan au Japon pour causes de météo et de dégâts matériels.
Quoi qu’il en soit, il n’est guère surprenant que les Français se montrent peu mobilisés autour des questions environnementales, leurs préoccupations portant avant tout sur le rebond de l’activité économique et la création d’emplois.
Autrement dit, pour valoriser le secteur des énergies renouvelables, encore faudrait-il que ce dernier témoigne d’une dynamique entrepreneuriale et industrielle, et de pouvoirs efficients d’instruments incontournables permettant de passer d’une époque à une autre. Or rien de tel n’apparaît du moins à ce jour. De plus, l’actuel prix du pétrole a peu de chances de remonter aux niveaux atteints dans les années de chocs en raison de stocks impressionnants, de découvertes de nouveaux gisements prometteurs, de l’arrivée du pétrole de schistes mais aussi d’intérêts financiers. Alors bien sûr, le dérèglement climatique qui affecte plus particulièrement certaines régions du globe et se manifeste à travers la fréquence et l’amplitude de séismes, inondations, sécheresses inquiète légitimement. Mais le politique doit avoir à l’esprit que pour qu’une priorité soit reconnue comme telle, il faut avant tout en prouver l’intérêt et obtenir l’adhésion d’un large public et avant tout des Etats eux-mêmes. Or si une prise de conscience se dessine incontestablement au regard des enjeux planétaires, l’accord global parfait n’existe pas encore. Nous attendrons donc le mois d’août pour savoir si Bonn n’était qu’une étape délicate inscrite dans un long processus qui vise à faire de la COP 21 un événement majeur fin 2015. Lire la suite