LE CLOUD DE LA LUTTE CONTRE LE TABAGISME NE DOIT PAS MASQUER UNE ACTUALITE SANTE CHARGEE

Si l’actualité aussi dense que fumante ne nous y avait pas poussé, nous aurions dû consacrer la chronique audio à la lutte contre le tabagisme en nous appuyant sur les mesures dernièrement annoncées par Marisol Touraine, ministre de la santé.
Adoption du paquet de cigarettes neutre, interdiction de fumer dans les voitures transportant des enfants de moins 12 ans, interdiction de fumer dans les espaces publics de jeux pour enfants, interdiction du vapotage de la cigarette électronique dans certains lieux publics…sont en effet autant de mesures à mettre au crédit des actions de prévention santé.
Mais pour parvenir dans 20 ans à une génération de non-fumeurs, les défis sont en réalité gigantesques. Surtout lorsqu’on prend connaissance des dernières statistiques disponibles qui révèlent que bien que la consommation de cigarettes soit passée de 59% à 38% chez les hommes de 18 à 75 ans entre 1974 et 2010, elle a augmenté chez les femmes de 28% à 30% dans le même laps de temps. De plus, malgré l’interdiction de fumer dans les lieux publics, cette tendance se confirme aujourd’hui, les jeunes constituant des proies faciles pour une fumante industrie.
Toutefois, en dépit des dépenses considérables générées par ce qu’il faut bien appeler un fléau dénoncé il y a déjà plus de 60 ans, à l’origine de nombreux cancers, le poids des taxes que rapporte la consommation de tabac pèse lourd dans l’équilibre des forces prévention en présence.
En 2011, les ventes de tabac ont ainsi rapporté 15 milliards d’euros versés à l’Assurance maladie.
Or, à la demande de la Cour des comptes, la Caisse nationale d’assurance maladie a estimé que l’ensemble des dépenses imputables directement au tabac atteignait au minimum 12 milliards d’euros. Reste donc environ trois milliards en trésorerie !
Les hausses régulières des prix du tabac, y compris celle devant intervenir en début d’année 2015, rapportent malheureusement plus qu’elles ne coûtent malgré les dégâts considérables que les méfaits du tabac causent en terme de santé publique. De plus, les sommes dépensées pour aider au sevrage tabagique demeurent relativement modestes, la mesure phare comportant un forfait de couverture financière de 50 euros par an pour initier un traitement pharmacologique auquel s’ajoute de coûteuses campagnes d’affichages à l’impact contestable.
Mais, comme vous allez le constater à l’écoute de la chronique audio, les informations santé dignes d’intérêt ne se limitent pas à cela.

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