De plus en plus de salariés, mais aussi d’entreprises publiques et privées, plébiscitent le travail à distance, grâce aux apports des NTIC. Conséquence, le télétravail concerne aujourd’hui de 2,5 millions de Français à temps partiel ou à plein-temps, soit 9% de la population active, contre 18% en moyenne en Europe, et plus de 30% dans les pays scandinaves et aux États-Unis. En interrogeant Carole Denoit, chargée de mission sur le télétravail au sein de l’Assurance maladie du Val-de-Marne, nous avons voulu savoir pourquoi et comment cette institution réputée tertiaire, pour ne pas dire très bureaucratico-administrative compte s’engager dans cette nouvelle forme d’exercice du travail salarié et quels sont les objectifs visés.
Bien encadré et bien organisé, le télétravail est réputé bénéfique pour le salarié, l’entreprise et la collectivité.
Aussi, à l’heure où compétitivité, mobilité, développement durable, économies, emploi… constituent des préoccupations majeures, cette forme d’activité qui passe par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication est-elle très favorablement perçue.
Pour l’Assurance maladie du Val-de-Marne, la phase expérimentale de télétravail démarrera après consultation des Instances Représentatives du Personnel. Elle permettra dans un premier temps à des salariés volontaires de participer à cette nouvelle forme d’activité qui vise entre autres à mieux concilier vie privée et vie professionnelle.
Comme l’explique Carole Denoit, au cours de l’interview qu’elle nous a accordée, cette démarche innovante s’inscrit dans la logique du vaste programme de modernisation et de réorganisation de la CPAM lancé en 2008 et baptisé « Convergence ».
L’initiative prise par la CPAM du Val-de-Marne n ‘est pas sans rappeler une action engagée en 1999 pour conseiller et aider propriétaires et promoteurs en matière de transformation de bureaux en logements. Il s’agissait à l’époque de pallier les problèmes liés aux nombreuses surfaces de bureaux inoccupés pour cause de crise, et de faire face au manque de logements en apportant un plus. Cette démarche avait d’ailleurs conduit Patrick Gorgeon à proposer simultanément la création d’un nouveau concept de « bureaux-logements ».
Mais en cette fin de XXe siècle , Internet, le Web n’en étaient qu’à leurs débuts. Les sites Internet étaient encore peu nombreux et balbutiants. L’Iphone tout comme les blogs n’existaient pas. Et la dématérialisation des données papier n’était pas encore à l’ordre du jour.
On doutait alors de la capacité d’exploiter les NTIC pour créer des activités, et surtout de la possibilité de permettre par ce biais l’exercice de certains métiers depuis un lieu d’habitation. Le droit du travail et les conventions collectives n’avaient pas encore pris en compte l’évolution de la société ni imaginé une nouvelle organisation du travail rompant avec le lien traditionnel de subordination entre employeur et employé.
Il aura donc fallu attendre le XXI e siècle pour constater l’influence des nouvelles technologies.
Les perspectives de développement que dessinent désormais les outils de communication et d’information ouvrent de nouveaux horizons voire donnent naissance à une nouvelle société qui ne cloisonne plus activités professionnelles et vie privée. C’est une grande victoire qui s’annonce . Une victoire qui pourrait sans nul doute contribuer efficacement à l’amélioration de nos modes de vie et conditions de travail, essentiellement dans les activités relevant du tertiaire. Avec à la clé des économies notables en termes de déplacements, d’énergie, de surfaces de bureaux mal exploitées… . Autant de choses possibles, à condition de ne pas oublier de privilégier les relations humaines en organisant des réunions physiques ponctuelles qui pourraient, du même coup, s’avérer plus bénéfiques.
Et finalement en arriver à la conclusion que : « Le télétravail est bon pour la santé ».
