Le succès du dispositif Permanence des Soins du Val de Marne lui confère une responsabilité supplémentaire: en éviter tout mésusage. Les SAMI ont connu une forte hausse de fréquentation cette année et cette hausse est régulière depuis leur création il y quatre ans.
La fréquentation des SAMI est ainsi passée de 20 000 passages par an en 2008 à 36 473 passages en 2011 avec une hausse de 21% cette année et des pics en hiver où les médecins des SAMI ont reçu jusqu’à 4000 patients par mois. Face à cet afflux croissant, révélateur du succès de ce dispositif, Jean-Noël Lépront, médecin généraliste et coordinateur médical des SAMI du Val-de-Marne, se réjouit et rassure : « Il n’y a pas de barrière à l’entrée des SAMI, les personnes qui sont déjà venues une fois sont susceptibles de revenir. Elles comprennent qu’il vaut mieux revenir aux SAMI lorsque le recours à un service d’urgence ne s’y prête pas ». La solution est à rechercher du côté de la régulation et de la communication avec un seul objectif: désengorger les urgences.
Les responsables des SAU de l’Hôpital Henri Mondor et du CHIC constatent une modification du type des urgences reçues: moins de petites urgences, plus de cas graves relevant de la structure hospitalière. « En soi la régulation fonctionne correctement » explique le Dr Lépront « mais le bouche à oreille également ». De nombreux patients se sont passés le mot et reviennent spontanément aux SAMI sans appeler préalablement le centre 15. Une campagne de communication avait pourtant été lancée dès 2008 pour expliquer l’intérêt d’une régulation par le 15 qui oriente, selon les cas, le patient soit vers le service des urgences hospitalières, le SAMI ou un service de médecine à domicile lorsque cela est nécessaire. Parfois, il suffit d’un simple conseil par téléphone. Mais dans tous les cas, le premier réflexe doit être l’appel au centre 15.
Pour le Dr Bernard Le Douarin, Président de l’Association des SAMI et Président du Conseil de l’Ordre 94 :« Il faut poursuivre le travail de communication et d’information des assurés sociaux pour renforcer ce message. Et une grande campagne de communication devrait être lancée dès septembre, sous l’égide de l’ARS Ile de France, pour éviter tout mésusage des dispositifs mis au service des assurés sociaux »
La fréquentation des SAMI varie selon les secteurs géographiques. Et on observe que ceux qui connaissent la fréquentation la plus élevée sont logiquement les secteurs couvrant les villes les plus densément peuplées : les SAMI de Vitry, Choisy-le-Roi et Champigny-sur-Marne reçoivent ainsi davantage de patients que les autres.
Autre succès pour les SAMI du Val-de-Marne, les stages ambulatoires des internes en médecine dans les SAMI ont suscité des vocations chez les étudiants qui souhaitent s’installer dans le Val-de-Marne. Beaucoup d’entre eux finissent par remplacer des médecins dans leur cabinet et dans les SAMI. « Tous plébiscitent la souplesse d’organisation, le confort et la sécurité d’exercice qui représentent un véritable critère de choix pour le lieu de leur future installation en libéral » constate Jean-Noël Lépront.
C’est donc une véritable victoire pour le département du Val-de-Marne. Car au delà de la permanence des soins, les SAMI participent également à la lutte contre la désertification médicale en attirant de jeunes médecins dans les banlieues parisiennes, ce qui se traduit par une plus-value en termes de démographie médicale et d’offre de soins.

