POUR CAUSE DE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE LE TOIT DU MONDE MENACE DE S’EFFONDRER

Alors que la saison hivernale ponctuée de périodes de congés, permettra à certains de s’élancer vers les massifs montagneux européens et de profiter des plaisirs de la glisse qu’autorise encore la présence de neige poudreuse, prendre un peu d’altitude ne peut pas nuire.

Surtout lorsqu’un récent rapport du Centre international pour le développement intégré de la montagne (Icimod) tire la sonnette d’alarme concernant l’état de santé des glaciers et de la neige éternelle couchés sur le toit du monde.

On pouvait jusqu’ici estimer que la chaine de l’Himalaya se trouve quelque peu à l’abri des conséquences de l’élévation des températures à la surface du globe. Or visiblement, il n’en est rien !

En dépit de son étendue sur plus de 2 400 km de long et 250 à 400 km de large, la présence de 10 des 14 sommets qui culminent à plus de 8 000 mètres d’altitude, dont le mont Everest(8.848 m), force est de constater que le toit du monde se trouve fragilisé et menacé.

C’est du moins l’avis émis par les scientifiques du centre intergouvernemental régional qui dessert les huit pays membres régionaux de l’Hindu Kush Himalaya – Afghanistan, Bangladesh, Bhoutan, Chine, Inde, Myanmar, Népal et Pakistan – et à Katmandou, au Népal. Ces derniers estiment qu’un tiers de la calotte glaciaire de l’Himalaya est voué à la disparition à plus ou moins brève échéance .

Alors que les glaciers constituent un réservoir d’eau essentiel pour les 250 millions d’habitants de la région de l’Hindu Kush-Himalaya (HKH), et que 1,65 milliard d’habitants dépendent des grands fleuves qui se jettent en Inde, au Pakistan, en Chine et dans d’autres pays, les travaux réalisés par plus de 200 scientifiques épaulés par 125 autres experts qui ont travaillé sur le rapport pendant cinq ans, arrivent à la même conclusion.

Même si les émissions de carbone étaient réduites de manière spectaculaire et rapide pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C, 36% des glaciers de l’Hindu Kush et de l’Himalaya auront disparu d’ici 2100.
Bien que certains glaciers afghans et pakistanais demeurent stables voire gagnent de la glace encore actuellement, ces derniers seront inévitablement soumis au dérèglement climatique.

Autrement dit, en dépit des mesures radicales qui pourraient être prises pour lutter contre le changement climatique, aucune ne parviendra à sauver les glaciers, mettant en danger 2 milliards de personnes.

L’ICIMOD souligne depuis déjà fort longtemps que la mondialisation et le changement climatique, ont une influence croissante sur la stabilité des écosystèmes montagneux fragiles et les moyens de subsistance de leurs habitants.

D’où la mission que s’est fixé le Centre international pour le développement intégré de la montagne afin d’aider les montagnards à comprendre ces changements, s’y adapter et tirer le meilleur parti des nouvelles opportunités, tout en abordant les problèmes en amont et en aval.

L’objectif consiste à promouvoir le développement d’un écosystème montagnard écologiquement rationnel afin d’améliorer le niveau de vie des populations de montagne, tout en tentant de maintenir les services écosystémiques vitaux pour les milliards de personnes amenés à vivre en aval, aujourd’hui et dans les temps à venir.

Conscient que les effets du réchauffement climatique sont incontestables, plusieurs signes ne trompent pas.

Le rapport souligne que la fonte des glaciers augmentera le débit des rivières d’ici 2050 à 2060, menaçant d’engloutissement des rives de lacs d’altitude où vivent des communautés. Mais à partir des années 2060, les débits des rivières diminueront. Les rivières Indus et d’Asie centrale seront les plus touchées.

Leurs débits plus faibles ne permettront plus le fonctionnement des centrales hydro-électriques qui génèrent la majeure partie de l’électricité de la région. L’impact le plus grave concernera tout d’abord les agriculteurs et pourra même générer des conflits.

D’autant que ce phénomène est déjà observé lors de la fonte printanière qui provoque la chute du débit de rivières avant la mousson, au moment même où les agriculteurs plantent leurs cultures, sans parler des effets dévastateurs des inondations.

En réalité, ce rapport de l’ICIMOD met l’accent sur les conséquences quasi-cataclysmiques du réchauffement climatique dans cette région haut perchée du globe qui fait figure de point chaud à l’heure où la transition peine à se hisser au sommet des préoccupations des Etats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.