GRAND DEBAT NATIONAL, ELECTIONS EUROPEENNES ET REFERENDUM : TOUT EN MÊME TEMPS

Force est de reconnaître que notre président de la République sait créer la surprise à tout moment.

Selon le Journal du Dimanche (JDD) qui cite des sources “haut placées”, Emmanuel Macron songerait en effet à organiser un référendum le jour des élections européennes, le 26 mai prochain, en réponse à une revendication des “Gilets jaunes” de participer d’avantage à la vie démocratique du pays.

Toutefois, comme a tenu à le préciser Nathalie Loiseau, ministre chargée des Affaires européennes :« Pour le moment sa décision n’est pas prise »

D’ailleurs, d’après l’Elysée, toutes les options sont encore sur la table.

Il faut avouer qu’organiser un référendum le jour des élections européennes, sans savoir sur quoi débouchera concrètement le Grand débat est une idée quelque peu bouleversante qui risque fort d’alimenter bien des commentaires mais aussi de susciter des inquiétudes sur la suite des évènements.

Car, avec cette annonce Emmanuel Macron joue effectivement: « le tout en même temps »

Toujours est-il que cette révélation concernant l’éventuelle organisation d’un référendum n’a pas tardé à provoquer les réactions des représentants des partis politiques d’opposition qui s’interrogent d’ores et déjà sur les questions qui pourraient être posées aux Français.

Avec une telle hypothèse, de deux choses l’une.

Soit le Grand débat permet avant avril prochain, d’apporter des réponses claires et satisfaisantes aux revendications exprimées par les porteurs de gilets jaunes, mais également aux Français qui en dépit de leur soutien moral pour le mouvement, n’ont pas voulu se trouver mêlés aux dérapages qui ont ponctué nombre de samedis. Et alors le référendum s’inscrit comme un blanc-seing accordé à la politique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement sur fond de réformes dont le rythme ne connaît aucune limitation de vitesse.

Soit le Grand débat n’apporte rien de réellement neuf et surtout ne répond pas aux essentielles doléances exprimées à cette occasion. Et du coup, la ou les questions posées lors d’un référendum se transforment en un “Grenelle” sur le modèle de Mai-68, associant syndicats et corps intermédiaires, en vue d’un remaniement ministériel d’ampleur, ou encore une dissolution de l’Assemblée nationale.

A moins qu’Emmanuel Macron souhaite rejouer le 24 mai 1968, lorsque le général de Gaulle, revenu de Roumanie, avait pris l’initiative de s’adresser aux Français à la télévision en leur demandant de lui confier un « mandat » par voie de référendum, tout en leur expliquant qu’il fallait régler un problème essentiel que nous pose notre époque.

Car finalement, c’est bien de cela qu’il s’agit. Voulons-nous continuer sur la même voie qui a conduit depuis trop longtemps à commettre des erreurs qui s’avèrent gravement préjudiciables au bon fonctionnement de la société, ou sommes nous prêts à tout mettre en oeuvre individuellement comme collectivement pour que de nouvelles et encourageantes perspectives s’offrent à nous et aux générations à venir ?

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