EN CE DEBUT D’ANNEE 2019 FAUT-IL FAIRE PREUVE D’UN OPTIMISME PRUDENT ?

En annonçant, mercredi 2 janvier, croire qu’après une année 2018 déprimante sur les marchés financiers, 2019 sera l’année du redressement des actions voire d’un possible rallye boursier, Patrick Arthus, chef économiste chez Natixis, se trouve quelque peu démenti, dés cette première journée de cotation.

Que les économistes renouent avec l’espoir et témoignent leur foi dans l’amélioration des perspectives d’avenir, autrement dit cessent de surestimer les risques liés à un ralentissement économique mondial, n’est visiblement pas encore ancré dans les esprits.
Après avoir démarré sur une chute de plus de 2%,  le CAC 40 dont il faudra attendre la clôture accuse un mouvement baissier, sensible également en Europe, le Footsie londonien perdant en fin de matinée 1,12% et le Dax de la Bourse de Francfort 0,57%.

Bien entendu, une séance ne saurait à elle seule refléter ce que sera la tendance annuelle.

Sans sombrer dans le pessimisme, surtout à l’heure des vœux, force est néanmoins de constater que les derniers indicateurs et notamment ceux ayant trait à l’activité manufacturière conduisent à se montrer prudent.

La Chine a en effet accusé en décembre sa première contraction en 19 mois, l’indice PMI Caixin tombant à 49,7 après 50,2 en novembre.

En zone euro, le PMI IHS Markit manufacturier a reculé de 0,4 point à 51,4 le mois dernier, son plus bas niveau depuis février 2016.
Concernant les principales économies de la région, le PMI manufacturier de l’Allemagne est tombé 51,5, niveau inédit depuis mars 2016, et celui de la France est passé sous les 50 points, à 49.

Faut-il attendre un rebond venu des Etats-Unis ?

Entre autres avec la publication, jeudi de l’indice ISM manufacturier, puis vendredi du rapport sur l’emploi de décembre qui viendront éclairer sur l’état de santé de l’économie américaine.

Sans parler de l’inauguration, demain, de la nouvelle législature du Congrès et l’arrivée d’une majorité démocrate à la Chambre des représentants , sans oublier le fameux shutdown partiel du gouvernement, qui devra d’une certaine façon faire le mur.

Par ailleurs, en 2019, de nombreux facteurs pourront venir troubler les marchés.
Qu’il s’agisse du Brexit, des élection européennes en mai prochain, de la guerre commerciale à laquelle il semble difficile de mettre fin, sans parler des imprévus politiques, économiques et sociaux, tout impose une fois de plus de regarder les réalités en face et vraisemblablement de se montrer particulièrement vigilant.

Si le retour d’un climat de confiance susceptible de remédier aux crises demeure souhaitable en France comme partout dans le monde, il faudra avant tout que ce dernier puisse redonner espoir en un possible redressement d’une situation pour le moins instable à travers des actions concrètes et mesurables à l’échelle nationale comme internationale.
Qu’il parvienne à conjurer les légitimes craintes que suscitent les risques permanents de tension que personne ne peut raisonnablement considérer comme improbables.

A l’instar des places européennes et asiatiques en forte baisse, la Bourse de New York a également ouvert en net repli mercredi pour la première séance de l’année 2019.
L’aversion au risque s’étend aux actions américaines, les grandes valeurs de croissance comme Apple, Amazon, Intel enregistrant des pertes notables face à de nouveaux signes de ralentissement de l’activité économique. Tesla est également malmenée en raison notamment de la décision concernant la baisse de 2.000 dollars du prix de vente de ses trois modèles.

L’indice Dow Jones perdait 372,17 points, soit 1,6%, à 22 955,29 points quelques minutes après le début des échanges et le Standard & Poor’s 500, plus large, reculait de 1,48% à 2 469,65 points.
Le Nasdaq Composite cédait quant à lui 1,85% à 4.512,45 points à l’ouverture.

A Paris, le CAC 40 affiche en clôture un repli de 0,87%, après avoir perdu jusqu’à 2,63% en séance.

Quoi qu’il en soit, en dépit du résultat décevant de cette première journée de cotation du Cac 40 comme des autres places financières au niveau mondial, la Bourse ne doit pas constituer l’unique baromètre révélateur de l’état de santé de la société.

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