TRANSITION ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE : FAUT-IL PARLER D’ ILLUSIONS PERDUES ?

Lorsqu’on lit les nombreux commentaires de Français ayant suivi mardi l’intervention du chef d’Etat sur la programmation pluriannuelle de l’énergie au  cours de laquelle il fait des propositions visant à répondre voire calmer les « Gilets jaunes », on est conduit à  émettre des doutes.
Qu’il s’agisse de la création immédiate d’un Haut Conseil pour le climat; de la réduction de la part du nucléaire à 50% en 2035; des primes destinées à la reconversion du parc automobile; du renouvellement des chaudières au fioul d’ici 10 ans; de la fermeture des centrales au charbon d’ici 2022; de la mise en place d’une taxe flottante sur les carburants; d’une relance d’industries en mesure de fabriquer en France capteurs solaires, éoliennes, batteries…; de recherches sur le stockage de l’énergie…, tout apparaît lointain et peu à même de répondre à court et moyen termes aux besoins et attentes exprimés.
Car dans le même temps, les avions continueront de voler, les cargos de naviguer, les poids lourds et autocars de rouler, aucune taxe ne leurs étant appliquée lorsqu’elles ne sont pas purement et simplement abandonnées, histoire de ne pas élargir le champ de la contestation. A l’instar des péages à l’entrée des grandes villes, pourtant de plus en plus répandus et acceptés chez nos principaux voisins européens, la France semble faire marche arrière.

On en vient à se demander si les diverses mesures annoncées ne risquent pas d’amplifier un mouvement qui a déjà des effets pervers sur l’économie française.

Pourtant, à cinq jours de l’ouverture de la 24e conférence mondiale sur le climat, le rapport sur l’action climatique mondiale produit chaque année par le Programme environnement de l’ONU (Pnue) tire, une fois de plus, la sonnette d’alarme.
Ce dernier révèle en effet qu’entre le niveau des émissions actuelles de gaz à effet de serre et le niveau nécessaire pour tenir les objectifs de Paris visant à contenir le réchauffement bien en-deçà de 2°C, le fossé ne cesse de s’agrandir.

Emmanuel Macron qui lançait il y a peu un « MAKE OUR PLANET GREAT AGAIN » porteur d’espoirs, n’a apparemment pas su convaincre.

Il est vrai que Donald Trump a une nouvelle fois nié la veille les conséquences du réchauffement climatique, en dépit des conclusions alarmistes de 300 scientifiques mandatés par le Congrès américain qui ont remis leur rapport, le 23 novembre dernier. Inquiétant dans la mesure où ces derniers mettent entre autres en évidence les conséquences délétères du réchauffement climatique sur l’état de santé de l’économie américaine.

Le retour à la raison devra encore attendre, même si l’humanité doit supporter le retard d’une Real politique de transition écologique et solidaire que la mission InSight sur Mars ne permettra malheureusement ni de combler ni de réparer dans les délais impartis sur Terre.

Dans « Les illusions perdues » de nombreux personnages de La Comédie humaine se croisent. Ce roman de Honoré de Balzac qui se situe à la charnière des Scènes de la vie parisiennes et des Scènes de la vie de province, n’est pas sans rappeler ce qui se joue aujourd’hui en France sur fond de transition écologique et de manifestations des gilets jaunes.

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