FISCALITE ET CARBURANTS : MIEUX VAUT PREVENIR QUE GUERIR

Bien que la nocivité des pollutions et tous genres à l’échelle humaine comme planétaire ne constituent plus une révélation, l’exécutif aurait pu se saisir de la formule » Mieux vaut prévenir que guérir » avant que le 17 novembre ne marque le début de manifestations ayant notamment pour objet l’augmentation de la taxation des carburants (diesel-essence).

Mais c’est sans doute ce qui explique qu’en s’exprimant au côté du Premier ministre belge, Charles Michel, au deuxième jour de sa visite d’Etat en Belgique, Emmanuel Macron a jugé mardi qu’il fallait sortir du mouvement de contestation des “Gilets jaunes” par le dialogue et l’explication.
Il n’a toutefois pas laissé entendre que d’autres mesures puissent être prises pour éviter l’augmentation annoncée des taxes des carburants au 1er janvier 2019.

Mais c’est en précisant qu’il fallait trouver à la fois « le bon rythme et les solutions de terrain » que le chef de l’Etat a d’une certaine façon reconnu la légitimité des contestations mais aussi une erreur en termes de possible et de timing.

Car en dépit de l’intérêt des mesures de soutien annoncées à l’issue des manifestations du 17 novembre, ces dernières imposeront souvent de lourds sacrifices pour de nombreux Français.

Autant dire que le gouvernement va devoir faire preuve de beaucoup de pédagogie pour expliquer qu’il “va continuer” à d’une part taxer davantage les énergies fossiles, et d’autre part à déployer un accompagnement en faveur des plus modestes.
La parfaite compréhension et prise en compte des défis à relever pour assurer la transition énergétique par une large majorité de Français (78%), nécessite de la part du politique la mise en place d’une stratégie claire qui ne mette pas, du jour au lendemain, nombre de ménages éloignés des centres villes et de leur lieu de travail au pied du mur.

Que diable, pourquoi ne pas avoir préalablement présenté les mesures d’un montant de 500 millions d’euros visant à aider à la transition écologique ? Des aides qui s’apparentent dans un premier temps à un placébo sur une jambe de bois.

Les constructeurs automobiles français et étrangers ne sont en effet pas encore prêts à relever les défis de la motorisation zéro émission sur l’intégralité de leur gamme de véhicules.
Et quand bien même le seraient-ils, encore faudrait-il que le gigantesque parc de véhicules d’occasion ne vienne polluer la transition énergétique.

Sauf à recycler entièrement le parc de véhicules d’un autre âge ne répondant pas aux nouvelles normes, comment sera t’il possible d’atteindre l’objectif, si ce n’est par étapes ? Surtout lorsqu’on sait l’appétit de la Pologne pour les vieilles autos diesel qui trouvent preneurs.

De nombreux articles publiés dans la presse française ces derniers jours précisent que le carburant ne coûte en réalité aujourd’hui pas plus cher que durant les années 70-80.
De plus, le prix du baril de brent en baisse régulière depuis quelques temps, s’affiche désormais à  63,45 dollars, sans qu’on puisse prédire dans quel sens il évoluera dans les jours, semaines et mois à venir.
Cette bonne nouvelle finirait presque par rendre totalement indolore la hausse de la fiscalité sur les carburants.

On comprend ainsi que le gouvernement dispose aujourd’hui de marges de manœuvre mais que l’apport d’explications et d’actions concrètes s’avère indispensable pour que l’augmentation des taxes sur les carburants se justifient pleinement, ces dernières n‘étant quoi qu’il en soit pas les seules raisons de la colère de nombreux Français.

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