LE BRESIL QUITTE LA VOIE DE GAUCHE POUR L’EXTRÊME DROITE

Sur fond de lutte contre la corruption et la criminalité notamment, le Brésil change radicalement de régime. L’occasion de rappeler qu’un numéro de Problèmes économiques* paru à la documentation Française en juin 2016 intitulé :  » L’Amérique latine dans la tourmente » avait choisi de reprendre en illustration ce dessin explicite de David Parkins initialement publié dans The Economist sous le titre  » Brazil’s crisis irredeemable ? » Il est d’ailleurs regrettable que cette publication  de la DILA* qui présentait pour intérêt de réunir le meilleur de la presse et des revues françaises et étrangères offrant la possibilité de suivre l’actualité ait cessé de paraître en 2017. Surtout au moment où un évènement majeur a lieu au Brésil. Dimanche 28 octobre, les Brésiliens ont en effet été appelés à élire leur nouveau président qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2019. Profitant d’un climat général de défiance à l’égard des responsables politiques, de l’inéligibilité de l’ancien candidat Lula, mais aussi des difficultés rencontrées par Fernando Haddad du Parti ouvrier (PT)de gauche,en dépit de sa remontée dans les sondages et de soutiens, Jair Bolsonaro, a donc été élu avec 55,2% des voix contre 44,8% pour son rival. Agé de 63 ans, cet ancien militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe dont l’ascension a été spectaculaire, prend ainsi la tête d’une pays de 200 millions d’habitants en pleine déconfiture. Et force est de constater que l’article publié en 2016 dans The Economist, tirait à juste titre la sonnette d’alarme concernant la situation d’un pays déjà décrit comme traversant l’une des crises économiques et politiques les plus graves depuis la fin de la dictature, en 1985. La conclusion était bien annonciatrice d’un possible séisme politique puisque l’auteur précisait :  » Il faudra attendre longtemps avant qu’un président brésilien puisse se montrer aussi fier que l’était Lula lorsqu’il obtint son trophée olympique. » Néanmoins, l’espoir dans un possible redressement du pays restait à l’époque de mise, sous réserve que les responsables politiques brésiliens parviennent à se reprendre et à s’organiser. L’auteur allait même jusqu’à affirmer :  » Les années 2020 pourraient se montrer plus souriantes » avant d’ajouter :  » S’ils laissent passer l’occasion, elles pourraient aussi s’avérer bien pires. » Qui aurait pu imaginer que dans la tourmente qui frappe l’Amérique latine et au vu de la sinistre expérience dictatoriale déjà vécue, les Brésiliens choisissent finalement de renouer avec ce type de régime autoritaire ?
* Direction de l’information  légale  et administrative (DILA)

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