« LE POIDS DES MOTS LE CHOC DES PHOTOS* »

Mahmoud Hams photographe pour l’AFP/ Prix photo Bayeux-Calvados des correspondants de guerre

En découvrant cette image, on se dit que la célèbre devise de Paris Match*, magazine hebdomadaire français d’actualités né en 1949, aurait pu être amputée du poids de mots, tant le choc provoqué par cette photo
se passe de tout commentaire.

Que cette dernière prise par Mahmoud Hams photographe pour l’AFP, qui s’est vu décerner samedi le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, soulève horreur voire suscite la désapprobation de certains n’est pas fait pour surprendre. Elle témoigne néanmoins utilement des conséquences de ces guerres qui mutilent autant physiquement que psychologiquement.

Alors que les Palestiniens manifestent sans répit pour faire reconnaître le droit au retour dans leur terre d’origine, désormais considérée comme territoire israélien, ce cliché traduit la détresse d’un peuple en proie à un conflit armé qui s’éternise, faisant quasiment chaque jour de nouvelles victimes : hommes, femmes et enfants.

Le Palestinien Saber al-Ashkar, 29 ans, que la photo montre lançant des pierres durant des affrontements contre les forces israéliennes, le long de la frontière de la bande de Gaza à l’Est de la ville de Gaza, le 11 mars 2018, reflète un climat de violence que rien ne semble pouvoir arrêter. Il témoigne également d’un rapport de force totalement disproportionné.
AWI aurait souhaité que le choix du jury se porte également sur l’auteur d’une image capturée, reproduite le 2 juin 2018 sous le titre  » L’AWI-MAGE DE LA SEMAINE : EN PASSANT PAR LA BANDE DE GAZA ».

Sur cette dernière, on voyait en effet un jeune Palestinien debout sur un chameau galopant le long de la frontière, un drapeau palestinien à la main. Ce jeune Palestinien accomplissait un acte héroïque et pacifique, conscient néanmoins des risques qu’il prenait en provoquant ainsi les soldats israéliens.

On retiendra que sur les 55 reportages présélectionnés pour cette 25e édition du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, en dehors du prix remis en photo à Mahmoud Hams (AFP), d’autres journalistes ont été récompensés et notamment : en presse écrite Kenneth R. Rosen (The Atavist Magazine), en radio à Gwendoline Debono (Europe 1) et en télévision à des reporters de France 2 et CNN.

Comme l’a fort justement rappelé Christiane Amanpour, journaliste vedette de CNN et présidente du jury.
«Cette sélection est un appel aux armes» journalistiques, à un moment «très sensible» pour la profession «en danger», y compris en Occident.

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