AUX PREMIERES LOGES LES GENS DU GRAND NORD VIVENT UN GRAND FRISSON


Les Inuits qui habitent un territoire de plus de 6000 kilomètres carrés dans l’Arctique ont pu constater cette semaine que le réchauffement climatique qui fragilise et réduit la banquise, se confirme jour après jour.
En assistant pour la première fois au passage du porte-conteneurs Venta du groupe danois Maersk – long de 200 mètres et large de 35,2 mètres – à faible tirant d’eau qui a été construit au chantier naval de Zhoushan en Chine, tracer sa route sans encombres derrière un brise glace, les autochtones ont-ils été vraiment surpris ?
Confirmation a en effet été apportée qu’en quelques décennies, la calotte glaciaire de l’Arctique a perdu près de la moitié de sa surface, la température ayant presque atteint 30 degrés au nord de la Sibérie cet été.
Avec ses 3 600 conteneurs chargés de produits électroniques sud-coréens et de poissons congelés, le Venta Maersk, navire danois flambant neuf, sera parvenu à franchir l’Arctique par le Nord depuis l’Extrême-orient russe jusqu’à Saint-Pétersbourg au cours d’un voyage qui aura duré cinq semaines.

Surnommée «passage du nord-est», cette route qui longe les côtes septentrionales de la Sibérie et a valeur de raccourci comparée à la voie classique par le canal de Suez, devient accessible de plus en plus longtemps, cette dernière étant déjà utilisée par des méthaniers.

Si l’armateur danois, numéro un mondial, précise que l’ouverture d’une ligne commerciale régulière n’est pas envisageable avant une dizaine d’années, on comprend l’intérêt manifesté par la Chine et la Russie pour cette voie maritime rapide (VMR).
Surtout lorsqu’on sait que 90 % des marchandises l’Empire du Milieu sont transportées par des navires, et que la nouvelle route de la Soie générera un fret de plus en plus important. Quant à la Russie , elle ne compte pas perdre de temps.
Pour preuve, dans son projet de budget 2019-2021, Moscou a prévu d’investir plus de 516 millions d’euros dans la construction de brise-glace nucléaires et le développement de ses infrastructures portuaires.

Face aux menaces que fait peser sur un écosystème jusqu’ici parfaitement préservé, l’exploitation à grande échelle de cette nouvelle route maritime promise à un intense trafic, les associations de défense de l’environnement ne manquent pas de faire part de leurs inquiétudes.

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