POURQUOI L’OURAGAN « FLORENCE » FAIT-IL CRAINDRE UN DESASTRE ENVIRONNEMENTAL ?

Copie d’écran The Guardian


Bien que « Florence » apparaisse perdre en intensité à l’approche des cotes de la Caroline du Nord et du Sud, l’ouragan ayant étant rétrogradé de catégorie 4 à catégorie 3, on comprend aisément l’inquiétude que soulève ce type d’événement qui justifie pleinement l’ordre d’évacuation donné à 1,4 million d’habitants de la région.
En septembre 1999, l’ouragan Floyd classé en catégorie 2 qui était survenu après l’ouragan Dennis, avait été la pire catastrophe naturelle de l’histoire de l’État. Les inondations avaient tué des dizaines de personnes et laissé des villes entières sous l’eau, laissant des habitants bloqués sur les toits de maisons.
En 1954, Hazel fût le dernier ouragan de catégorie 4 à frapper la Caroline du Nord, tuant plus de 19 personnes et provoquant d’immenses dégâts à la suite d’inondations.
On comprend mieux que l’ouragan « Florence » fasse craindre un désastre environnemental à la lecture de ce qui suit.

En cause, la présence en Caroline du Nord, d’environ 2 100 élevages porcins représentant plus de 9 millions de porcs, généralement abrités dans de longs hangars en métal avec des drainages au sol visant à permettre l’évacuation des excréments dans des fosses à ciel ouvert contenant des millions de litres d’eaux usées non traitées.

Egalement menaçantes sur le plan environnemental, des décharges de cendres de charbon, la situation de plus de deux douzaines étant jugées préoccupantes.
Produites à l’issue de la combustion du charbon, ces cendres contiennent en effet des quantités potentiellement dangereuses de mercure, d’arsenic et de plomb.
A la suite du passage de Floyd et de l’ouragan Matthew en 2016, l’élimination de ces cendres de charbon devrait avoir lieu d’ici 2029. Bien d’autres sites industriels dont les déchets toxiques pourraient s’infiltrer dans les habitations et menacer l’approvisionnement en eau potable sont également dénoncés.

Mais il y a aussi les 16 centrales nucléaires.
Or parmi ces dernières, la centrale nucléaire de Brunswick, située au sud de Wilmington, près de l’embouchure de la rivière Cape Fear, a été identifiée en 2014 par Huffpost & Weather comme l’une des installations nucléaires les plus exposées à la montée des eaux et aux inondations.

Par ailleurs, les deux réacteurs de l’usine de Brunswick sont de même conception que ceux de Fukushima, au Japon, qui avaient explosé et entraîné des fuites radioactives à la suite du séisme et du tsunami en 2011.

Les catastrophes naturelles mettent en évidence les risques que font peser des installations et équipements dont les défauts clairement identifiés ne permettent pas de garantir leur innocuité sur l’environnement et la santé humaine.

NB du 16 /09/2018: Alors que nous précisions dans cette chronique que l’ouragan « Florence » constituait une menace pour l’environnement, l’agence Reuters rapporte aujourd’hui que la tempête a touché la côte vendredi près de Wilmington, une ville d’environ 120 000 habitants coincée entre la côte atlantique de la Caroline du Nord et la rivière Cape Fear.

Près de la centrale électrique de Sutton à Wilmington, des cendres de charbon ont fui d’une décharge de Duke Energy. Le site a perdu suffisamment de déchets pour remplir environ les deux tiers d’une piscine de taille olympique. Toutefois, la compagnie a indiqué dans un communiqué, qu’elle ne pensait pas que l’incident présente un risque pour la santé ou l’environnement.

Les autorités avaient averti avant que les pluies d’orage pouvaient souiller les cours d’eau avec des cendres de charbon troubles et des déchets de porc toxiques.

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