LE PLAN SANTE REPORTE A LA RENTREE

Photo AWI/PG


La photo qui illustre cette chronique a été prise mardi dernier devant l’hôpital psychiatrique Pierre Janet, au Havre. Mais ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres. Il témoigne ni plus ni moins du profond malaise qui règne dans bon nombre de centres hospitaliers au regard d’une situation préoccupante qui appelle un soin particulier de la part des pouvoirs publics. Alors que juillettistes et aoûtiens soumis la majeure partie de l’année aux pressions de leur vie personnelle comme professionnelle, mettront à profit leur période de congés, les difficultés prégnantes auxquelles doivent faire face de nombreux professionnels de santé dans l’exercice de leur mission sont bien conscients que vacances ne riment pas avec inactivités en termes d’interventions. On ne peut donc passer  sous silence les préoccupations qui taraudent ces derniers. Engager une réflexion approfondie sur les modalités visant à garantir un meilleur fonctionnement de notre système de santé et par voie de conséquence assurer un meilleur accès aux soins à tous les Français restent des priorités. Mais le rythme effréné qui a conduit depuis un peu plus d’un an le gouvernement à mener de nombreuses réformes dans divers domaines, explique peut-être en partie que décision ait finalement été prise de reporter au mois de septembre la présentation du plan santé qui pèse lourd. D’autant que comme l’a récemment précisé Agnès Buzyn ministre de la santé et de la solidarité, ce dernier se veut particulièrement ambitieux. Vouloir transformer en profondeur un système de santé qui souffre d’un certain nombre de dysfonctionnements, nécessite plus de temps que prévu pour mener à bien une réflexion de fond sur les moyens à mettre en oeuvre pour pallier aux difficultés rencontrées.
Tous les professionnels de santé sont concernés par les décisions qui entourent la définition et la mise en oeuvre d’un nouveau plan santé. Une opération qui passe impérativement par une large concertation avec l’ensemble des acteurs du corps médical, les instances de santé, les associations et collectivités locales. Qu’il s’agisse d’une nouvelle organisation territoriale des soins, de qualité et de pertinence des soins, de modes de financement et de régulation, de numérisation, de formation, de qualité de vie au travail, chacun a bien conscience de l’impérieuse nécessité de procéder à un examen approfondi de la politique de santé qui en appelle à des soins urgents. Et pour parvenir à des résultats dignes d’intérêt, force est de constater qu’il faut s’en donner les moyens à la  fois financiers, qu’il soit question de structures d’accueil, d’équipements comme de ressources humaines. D’autant que notre société sait devoir faire face entre autres à deux enjeux majeurs liés au vieillissement de la population et à la part grandissante des maladies chroniques. Si la médecine de ville demeure une force d’intervention de premier recours indispensable, le secteur hospitalier public mais aussi privé, seuls susceptibles de répondre aux innombrables et complexes défis à relever se trouvent soumis à des  règles qui  échappent  trop souvent au bon sens essentiellement guidées par un souci de rentabilité. D’où l’impatience manifestée par les professionnels de santé qui dénoncent les failles du système en place mais aussi les menaces qui pèsent sur l’existence même de structures de soins. Quoi qu’il en soit, la santé devra encore patienter pour connaître les grands axes d’un nouveau plan qui devrait être dévoilé en septembre. Il en sera d’ailleurs de même concernant la lutte contre pauvreté.
Pendant ce temps, des banderoles et manifestations en tous genres continueront d’alerter sur les dangers de situations critiques dont nombre de Français seront amenés à faire les frais.
On comprend donc que certains députés se soient montrés agacés qu’il faille attendre la rentrée pour parvenir à la présentation d’un plan santé qui touche l’ensemble des professionnels du secteur et intéresse directement le parcours de soins de millions d’individus patients ou se sachant pouvoir le devenir un jour ou l’autre.

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