LA TURQUIE POURSUIT SA ROUTE AVEC ERDOGAN AUX COMMANDES

C’est avec un taux de participation aux élections élevé, de l’ordre de 87%, que le président Recep Tayyip Erdogan a obtenu dès le premier tour 53% des suffrages. Il devance ainsi largement son concurrent le plus sérieux, Muharrem Ince, du CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate) qui a reconnu lundi sa défaite avec 31% des voix.
Aux législatives qui avaient lieu également dimanche, l’AKP (Parti de la justice et du développement), la formation islamo-conservatrice d’Erdogan, a obtenu 42,5% des voix et ses alliés du MHP (Parti d’action nationaliste) recueillent 11,1%.
Sur la base de résultats encore provisoires, l’AKP et le MHP devraient détenir 343 sièges sur les 600 que compte le parlement (293 pour l’AKP et 50 pour les nationalistes).
Le CHP, principale formation de l’opposition laïque, en aura 146 (23% des voix), tandis que le HDP (Parti démocratique des peuples, prokurde), qui avec près de 12% a réussi à franchir le seuil des 10% des voix nécessaire pour avoir des élus, comptera 67 députés et le parti nationaliste Iyi 44.
Si beaucoup d’observateurs misaient sur la possible organisation d’un second tour, la réélection pour 5 ans de Recep Tayyip Erdoğan à la tête de la Turquie, donne t’elle à ce pays de 81 millions d’habitants une allure de Sultanat ou de République démocratique ?

Cette question mérite d’être posée. Car les élections anticipées plus d’un an avant l’échéance normale ont déstabilisé les candidats de l’opposition. De plus, en instaurant un régime hyperprésidentiel grâce à une réforme constitutionnelle adoptée l’an dernier dans le cadre d’un référendum très serré lui donnant les pleins pouvoirs, Recep Tayyip Erdogan devient bel et bien le sultan de la Turquie moderne.

Dés dimanche soir il a déclaré « Nous allons commencer à travailler pour réaliser les promesses que nous avons faites au peuple”.

Bien que les détracteurs d’Erdogan, ainsi que l’Union européenne à laquelle la Turquie souhaite toujours adhérer, l’accusent d’avoir exploité le putsch manqué de juillet 2016 pour museler l’opposition, ce dernier s’est montré déterminé en promettant que les autorités turques qui ont mené la répression depuis cet événement allaient poursuivre leur lutte contre les organisations terroristes.

Il a enfin annoncé que l’armée allait poursuivre son travail de libération de territoires syriens afin que les quelque 3,5 millions de réfugiés qui se trouvent sur le sol turc puissent rentrer chez eux.

Maire d’Istanbul de 1994 à 1998, fondateur de l’AKP en 2001 et Premier ministre de 2003 à 2014, Recep Tayyip Erdoğan était devenu le 10 août 2014 le premier président turc élu au suffrage universel. Réélu pour un nouveau mandat le 24 juin 2018, sa victoire a été notamment saluée par Vladimir Poutine, président de la République fédérale de Russie.

Située aux confins de l’Asie et de l’Europe, la Turquie a des frontières avec la Grèce, la Bulgarie, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Iran, l’Irak (Gouvernement régional du Kurdistan) et la Syrie. Autant dire que sa situation géostratégique et sa ligne politique ne peuvent laisser indifférent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *