SENIORS A DOMICILE EN PERTE D’AUTONOMIE : L’INSEE DRESSE LE TABLEAU

Les récentes manifestations des personnels des Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) publics sur l’ensemble du territoire visaient à dénoncer les conditions de travail notamment dues à un manque d’effectif, mais aussi les conditions d’accueil trop souvent indignes des personnes âgées. Face au légitime mécontentement exprimé, la ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn a annoncé que 50 millions d’euros seraient débloqués pour aider les Ehpad qui souffrent d’un manque de moyens.
Ces précisions méritent d’être rappelées alors que l’Insee vient de publier des études régionales sur la perte d’autonomie des seniors vivant à domicile. Ces dernières qui ont été réalisées à partir des données de l’enquête Vie Quotidienne et Santé de 2014, sont riches d’enseignements.
Elles révèlent tout d’abord qu’en France, hors Mayotte, 6,3% des personnes âgées de 60 ans ou plus vivant à domicile sont en perte d’autonomie.
De plus, si la part de seniors à domicile, en perte d’autonomie, augmente avec l’âge, on constate qu’à âge égal elle est plus forte chez les femmes que chez les hommes.

Ensuite, la part des seniors concernés diffère notablement selon les régions. Mais ces différences régionales de parts de seniors à domicile en situation de perte d’autonomie ne s’expliquent pas prioritairement par des différences d’âge ou de sexe.

En France métropolitaine, la part de seniors à domicile en perte d’autonomie est particulièrement élevée dans les Hauts-de-France (7,5 %), en Corse (7,4 %), en Occitanie (7,1 %) et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (6,8 %). L’Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région comptant le plus de séniors à domicile en perte d’autonomie, alors que leur part au sein des seniors (6,3 %) y est proche de la moyenne nationale.
Les seniors franciliens sont, en proportion, moins souvent en perte d’autonomie (5,6 %) que la moyenne de France métropolitaine.

En revanche, la Bretagne et le Val de Loire qui ne comptent que 4,9% de seniors à domicile en perte d’autonomie ainsi que le Centre Val-de-Loire (5,1%), sont les régions les moins touchées par le phénomène.

Autant de données qui demandent à être interprétées avec prudence.

Avec près de 700 000 seniors, la population du Centre-Val de Loire a en effet une part plus importante de personnes de 60 ans ou plus qu’en moyenne nationale. Or parmi ceux vivant à domicile, 26,4 % déclarent éprouver des difficultés à accomplir leurs tâches quotidiennes et 5,1 % sont en situation de perte d’autonomie. Inférieures au niveau national, ces proportions ont pour conséquence un moindre recours à l’aide de l’entourage. Les femmes, et plus généralement les seniors vivant seuls et les plus âgés doivent faire face à davantage de difficultés.

Par ailleurs, les Pays de la Loire et la Bretagne, régions les moins concernées par la perte d’autonomie des seniors à domicile, sont aussi celles où les parts de seniors vivant à domicile sont les plus faibles.
Une situation qui s’explique, ces régions demeurant les mieux équipées en places en institution. Le nombre moyen de places pour la population des 75 ans ou plus est de 155 pour mille en Pays de la Loire et de 133 pour mille en Bretagne, contre 121 pour mille en moyenne nationale.

Les régions Pays de la Loire et Bretagne, ayant les plus faibles proportions de seniors en perte d’autonomie à domicile, sont également moins touchées par les difficultés économiques et sociales. Les taux de pauvreté par tranches d’âge y sont inférieurs à 8 %, chez les seniors de 60 ans ou plus, alors qu’ils atteignent 17 % en Corse.

D’autres informations contenues dans l’étude de l’Insee méritent attention. L’occasion de revenir prochainement sur un sujet qui intéresse entre autres la médecine de proximité et les structures d’accuei, d’aide et de soins publiques et privées, sachant que le vieillissement de la population est une réalité qui doit être regardée en face. Car les seniors à domicile en perte d’autonomie ne bénéficient pas toujours d’un soutient familial qui a quoi qu’il en soit ses limites en termes de faisabilité.

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