L’AWI-MAGE DE LA SEMAINE – HOMMAGE A DAVID DOUGLAS DUNCAN

David-Ducan Douglas


Ce photographe américain de talent qui avait pris sa retraite dans le domaine de Castellaras sur la commune de Mouans-Sartoux, dans le midi de la France, est décédé jeudi à l’âge de 102 ans.

Sa carrière avait débuté par un scoop, s’agissant de la photo de l’homme qui n’était autre que John Dillinger, un braqueur de banque réputé aux Etats-Unis.

En tant que photographe de guerre, il avait couvert la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam. Mais Duncan était également devenu un grand photojournaliste de paix, célèbre notamment pour ses reportages sur Pablo Picasso et Martin Gray.
En 1969, il comptait parmi les photographes les plus influents du 20ème siècle, ses clichés en noir et blanc sur la guerre du Vietnam ayant fait les unes de Life Magazine.

Interrogé en 2003 par le New York Times sur le style de ses prises de vue durant la guerre du Vietnam, il avait déclaré : « Je me suis dit que les gars méritaient peut-être d’être photographiés comme ils sont, ils courent, ont peur, font preuve de courage, ou plongent dans un trou, parlent et rient. Je pense avoir apporté un sentiment de dignité sur le champ de bataille. »

Il est vrai que ses photos sont saisissantes de vérité. Sous les casques, les visages sont jeunes et tourmentés, sales, tendus par les affres des affrontements. Ils sanglotent sur des amis morts. Ils regardent épuisés dans le brouillard et la pluie. Ils s’accroupissent dans un trou boueux. Avec cette putain de cigarette qui pourrait être la dernière.

David Douglas Duncan n’était pas un photographe de guerre comme les autres.
Après ses études universitaires, il fût officier dans le Corps des Marines et devint un photographe de guerre. De courtes affectations en Californie et à Hawaï le conduisirent dans le Pacifique Sud quand les États-Unis entrèrent en guerre.
Blessé à plusieurs reprises, David Douglas Duncan eut à combattre contre les Japonais au cours d’un bref engagement sur l’île de Bougainville, avant de rejoindre l’USS Missouri lors de la capitulation japonaise.

Ce photographe avait publié plusieurs ouvrages réunissant ses photos. Tout d’abord This Is War sorti en 1951 dont les droits d’auteurs furent reversés aux veuves et orphelins des Marines morts au combat.
Ensuite, Protest! (1968) et War Without Heroes (1970) remettaient clairement en question la manière dont la guerre du Vietnam a été gérée par les différents gouvernements américains.

Avec la disparition de David Douglas Duncan, un regard sur des guerres qui ont marqué le XXe siècle s’en va, laissant à l’humanité des dizaines de milliers d’images immortelles que rien n’emportera.

A la veille de la rencontre entre Donald Trump, 45e président des Etats-Unis et Kim Jong-un, leader de la Corée du Nord, les témoignages figés à tout jamais sur pellicules par ce photographe de guerre sont autant de flashs mémoire qui imposent d’ouvrir les yeux sur des réalités qui demeurent d’actualité.

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