BANLIEUES ET QUARTIERS PRIORITAIRES : QUE RESTERA T’IL DES PROPOSITIONS BORLOO ? ( Rediffusion chronique du 26 avril 2018)


Tout est dans le titre du rapport qui prescrit les remèdes destinés à répondre à une crise qui depuis déjà fort longtemps gangrène nombre de nos cités et banlieues défavorisés et nécessite une action publique déterminée de grande ampleur !
Aussi ce rapport sur les quartiers prioritaires remis jeudi 26 avril par Jean Louis Borloo au Premier ministre demande t’il toute l’attention requise.
En se voyant confier à l’automne dernier par le président de la République, un rapport sur les banlieues, l’homme qui fût tour à tour ministre de la Ville et de la Cohésion sociale entre 2002 et 2007, mais aussi Initiateur de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) en 2003 a en effet travaillé sur les pistes évoquées par Emmanuel Macron.
D’où la présentation de 19 « programmes » visant à mettre en œuvre une ambitieuse « réconciliation nationale ».
Très attendue par les élus de banlieue qui ont récemment dénoncé le « mépris de l’Etat » accusé de ne pas mesurer la gravité de la situation, la réflexion sur la politique de la ville confiée à Jean-Louis Borloo vise à « changer la donne » dans les quartiers prioritaires et à « relancer la rénovation urbaine ».
La mission est d’importance puisqu’il s’agit en même temps de circonscrire la conjonction des difficultés sociales, économiques et éducatives qui exacerbent le sentiment de relégation des habitants des quartiers et banlieues concernées.
Sur la base d’un programme global estimé à quelque 48 milliards d’euros, les pistes proposées prennent toute la dimension des véritables problèmes à résoudre.
Qu’il s’agisse entre autres d’encourager et de soutenir les jeunes ; d’améliorer la mobilité en atténuant l’enclavement des habitants des quartiers ; de créer des « Maisons Marianne « pour impliquer les femmes ; de développer une politique d’éducation et de formation adaptée ; d’implanter des campus numériques ; de recourir aux sports pour motiver et redonner à chacun confiance en soi; d’assurer la sécurité; de mettre en place une fondation pour le logement regroupant tous les acteurs, l’ensemble des préconisations semble pouvoir assurer les conditions d’une réussite.
Dans son discours à Tourcoing le chef de l’Etat avait affirmé « C’est une mobilisation de toute la nation qui seule peut répondre au défi immense de la politique de la ville». Dont acte !
Il est vrai que le challenge est immense puisqu’il ne concerne pas moins de 5,5 millions de personnes reparties dans 1 514 quartiers les plus pauvres où le chômage est trois fois plus élevé que la moyenne nationale.
Comme annoncé dans cette chronique du 26 avril, AWI reviendra très vite sur les mesures adoptées le 22 mai par Emmanuel Macron, sachant que si un mouvement en faveur des banlieues et quartiers prioritaires doit se met en marche, tout ne se fera pas en même temps.

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